Michel COLLAS (né en 1923)

Polytechnique (promotion ), corps des mines.

Directeur général, puis président de Creusot-Loire (1970-1982). Président de Framatome (1975-1982), Président de Montenay (1984 à 1992). À partir de 1992, il est président de la société Pica, une entreprise spécialisée dans le charbon actif


D'après Henri Malcor : Un héritier des maîtres de forge, par Philippe Mioche et Jacques Roux, Editions du CNRS, 1988, Paris.

Sa carrière comporte quatre étapes. Dans le service public, après un séjour à Valenciennes en 1948, il travaille avec Albert Denis dans le service sidérurgie en 1949, puis il est conseiller technique du ministère de l'Industrie dirigé par Jean-Marie Louvel en 1951-1952, c'est-à-dire pendant la période de grandes tensions entre la profession et l'administration au sujet du plan Schuman. De 1952 à 1960, il pantoufle à Sollac. Il entre à CAFL en 1960 comme ingénieur en chef. Il est directeur général de Creusot-Loire de 1970 à 1978. Il est président, depuis 1974, de la commission enseignement formation du CNPF et en 1979 succède à Jacques Ferry à la présidence de la Chambre syndicale de la sidérurgie.

Le recrutement de Michel Collas à CAFL est décrit comme suit par Henri Malcor :

"Collas avait exactement les caractéristiques de mon successeur-robot, puisqu'il avait vingt ans de moins que moi, à peu de chose près. Collas était à Sollac et il y réussissait bien. Dans les débuts au moins, Dherse en était très enthousiaste ; Collas nous faisait aux réunions de Sollac des exposés excellents. C'est un esprit clair, très capable d'analyser les choses et de les faire comprendre aux autres. D'autre part, Dherse avait aussi tenu à lui donner une formation pratique ; il l'avait chargé de faire l'installation complète de la ligne d'étamage de Sollac. J'avais estimé que c'était une excellente formation ; il avait passé un an en Amérique pour voir comment cela marchait là-bas et puis, à Sollac, il s'était entièrement occupé du montage et du démarrage de l'installation. Il avait donc une expérience, je ne dirais pas d'exploitant, mais enfin au moins de témoin du fonctionnement d'un grand atelier. Cela me paraissait très précieux.
Là-dessus, pour des raisons que je n'ai jamais très bien connues, Dherse et Collas se sont brouillés. Dherse a dit à Collas qu'il devait chercher autre chose. Nous étions assez ennuyés, Martin et moi, de cette prise de position de Dherse, mais d'un autre côté il était évident qu'on ne pouvait pas imposer à Dherse de garder un collaborateur dont il ne voulait plus ; nous ne pouvions que nous incliner, mais nous pensions que nous avions des obligations à l'égard de Collas. Comme je dirigeais Marine et CAFL, on pouvait concevoir que j'avais besoin de deux successeurs. C'est comme cela que j'ai embauché Collas."