Charles ROSNER (1941-2013)


Charles Rosner en 1985

Décédé le 21 décembre 2013.

Ancien élève de l'Ecole des mines de Paris (promotion 1962). Ingénieur civil des mines. Diplômé de l'INSEAD.


Charles ROSNER,
par Dominique PERREAU (Promotion 1962 de l'Ecole des mines de Paris)

Publié dans MINES Revue des Ingénieurs, Juillet/août 2014, n° 474.

En cette journée de mars 2014, nous étions plusieurs camarades de la promotion 1962, à retrouver la famille et les amis de notre camarade, Charles Rosner, que l'on enterrait au cimetière de Pantin.

Tous ceux qui prirent la parole, évoquèrent l'intelligence et l'humour, la finesse et la droiture, de celui que nous considérons comme une personnalité d'exception.

Charles naquit en Ukraine, pendant la guerre, au temps fort du péril nazi. Nombre des membres de sa famille, parents, grands-parents, oncles et cousins, furent déportés dans des camps de concentration. Peu en revinrent. Il écrivit un beau livre à leur mémoire.

Tout jeune, Charles partit pour la France. Il s'intégra très rapidement et entreprit de brillantes études. En 1962, il entrait à l'école des Mines de Paris, en tête de classement.

Il débuta une carrière classique d'ingénieur dans le secteur nucléaire, puis dans le génie maritime. Mais l'École lui avait aussi donné le goût du droit et de l'économie. Charles fait partie de ceux qui ont suivi avec un vif intérêt, les cours de Maurice Allais. Il allait compléter sa formation, en intégrant l'INSEAD de Fontainebleau. Il entra alors au Crédit Lyonnais, où l'on remarqua vite son esprit rigoureux, précis, et sa vivacité. On lui demanda de travailler sur des restructurations, avant de lui confier la direction de filiales, en situation difficile, à l'étranger. En 1977, en Belgique, puis en 1980, en Allemagne de l'Est. À Berlin, il dirigea la Commerzbank, en même temps que le Crédit Lyonnais, seule banque occidentale admise en RDA. Sa maîtrise de plusieurs langues lui permit, en particulier, d'organiser des chambres de compensation en devises en provenance d'URSS et de démocraties populaires.

Rappelé au siège du Crédit Lyonnais à Paris, en 1985, il fut nommé directeur pour l'Afrique. Plus tard, il s'installa avec sa famille au Nigéria. L'enjeu était d'importance : il concernait une centaine d'agences, dont les comptes devaient être redressés. Sa rigueur, son charisme lui permirent une remise en ordre efficace, facilitée par les relations constructives, qu'il avait su nouer avec les autorités nigérianes.

Toujours sollicité pour résoudre les cas difficiles, il partit pour Los Angeles, quand la MGM fut achetée par le Crédit Lyonnais. Il fut chargé, aux États-Unis, puis aux Pays-Bas, de dégager sa banque de cet investissement hasardeux.

Jusqu'en 2002, cet infatigable voyageur dirigea avec le même talent, le même enthousiasme, différentes filiales du Crédit Lyonnais à l'étranger. Parmi ces postes, il fut heureux, en 1996, d'être nommé Directeur Général en Ukraine, et de renouer avec ses racines. A plusieurs reprises, au cours de cette carrière hors normes, il fut nommé dans le Top 50 des managers internationaux.

Charles était resté fidèle à la promotion 62. Il avait participé au voyage en Chine, en 2006. Il avait aussi conçu et édité un trombinoscope de cette promotion, outil précieux de contacts entre nous.

Son sourire, son humour, son amitié chaleureuse vont nous manquer.

Dominique PERREAU (P62)


Charles Rosner à Kiev, en 1998







Citation du site web http://czernowitz.ehpes.com/bio/bio-rosner.html :

My name is Charles Rosner. I participated in the meeting (reunion) in Czernowitz a few weeks ago. And I'm now joining the List itself. So, here is my short personal introduction.

I'm French and live near Aix-en-Provence, where I retired 3 years ago after an international career.

I was born in Czernowitz in 1941 and lived there until 1945; my mother and I were hidden as clandestine in the ghetto. We finally arrived in France in 1948, after having spent 3 years in Bucharest.

I'm fluent in French, English and German; I hold an engineering degree from one of the very big schools in France, plus an MBA from INSEAD; and, finally, I got the French order Legion d Honneur for my lifetime achievements.

I married twice and have three grown-up children from the second bed, as we say in French.

I'm not at all religious, I won't walk through the streets of Czernowitz with tears in my eyes, but I believe some memory should be kept for future generations. I visited Czernowitz in 1999, 2003 and 2004, made some research there as well as in Vienna, and then I wrote a kind of family chronicle for my children.

As for my ancestors:

On fatherís side: my father (Simon), grandfather (Haim Schmiele) and great-grandfather (Arie) were from Wiznitz; and one of my grandmothers (Mina Alper-Salomon) was from nearby Berhometh.

On mother's side: my mother was born in Czernowitz; her father (Josef David Wagner) was from Zaleszcsyki and her mother (Netti/Haje-Neche Lackner) from Sereth; as for her grandmothers: one had the maiden name Regina/Rachel Picker (from Sadagura; her father was Elias Picker), the other one being Ettel Salzinger.

To mention also that my mother had three brothers and a sister (the son of the latter, my cousin is the husband of Gabrielle Weissmann, living in Berlin: Gaby also attended the meeting in Cz).

At least, one of my motherís brothers was well known in Cz in the thirties: Edi Wagner, who created a folkloric ensemble in 1934, trying to resist the Romanian fascist environment. Towards the end, the ensemble had about 100 young people from all nationalities (Jews, Germans, Ukrainians, Romanians, etc) who sang, danced and played balalaika and guitar.

They gave a dozen performances in Cz, Bukowina and also in the old Regat, encountered great popular success, but in August 1936, the Siguranta arrested Edi Wagner: he was beaten and tortured to death and finally thrown out of a second floor window at police HQs.

I also wanted to attach a picture to this mail, but do not know how to do this (apparently attachement are not allowed): it's a picture I got from Gabrielle twoweeks ago. It was taken in the thirties and shows part (about 20 people) of Edi Wagner's orchestra.

Regards,
Charles