Lucien Vielledent, ancien ingénieur général des mines

Activités professionnelles

  1. Professeur d'exploitation des Mines à St Etienne (1943-1953)

    Un voyage de 4 mois aux USA et au Canada le prépare à cette tâche. Il accompagne en effet pendant les deux premiers mois une mission des Charbonnages de France consacrée essentiellement à des visites de mines de charbon et de constructeurs ; les deux mois suivants, il visite d'autres mines, aux USA puis au Canada. Mais en son absence, et sans le consulter, il est nommé Secrétaire Général de la Société de l'Industrie Minérale (SIM). Celle-ci est mal en point: son ancien Secrétaire Général, nommé Directeur Général des Houillères du Nord et du Pas de Calais, a créé une revue concurrente à base syndicale dans le but déclaré de l'éliminer; au premier Conseil d'administration auquel assiste M. Vielledent, on n'enregistre que la présence du Directeur des Houillères du bassin de la Loire et du Directeur de l'Ecole des Mines de St Etienne (M. Neltner).

    M. Vielledent réorganise la gestion de la société, renoue les contacts avec les CdF, et maintient la Revue en vie, au prix d'un gros effort de rédaction personnel.

    La revue retrouve des collaborateurs, l'assemblée Générale se déroule chaque année sous forme d'un congrès rassemblant plusieurs centaines d'ingénieurs, et la revue concurrente est absorbée par la Revue de l'Industrie Minérale.

    Par ailleurs, M. Vielledent travaille avec les Mines de la Sarre sur les problèmes d'électrification du fond (circuits de commande et de contrôle d'isolement) grâce à la création d'un laboratoire à Sarrebruck. Il est chargé de la formation des ingénieurs d'exploitation à ces problèmes; ses cours sont édités à 3000 exemplaires par les Charbonnages de France pour leur personnel.

  2. Professeur d'exploitation des Mines à Paris (1953-1964) A son arrivée, il négocie avec les Houillères du Nord et du Pas de Calais l'organisation de stages d'un an dans la mine. 7 élèves de l'Ecole des Mines de Paris acceptent d'aller travailler pendant 1 an au fond comme ouvrier puis agent de maîtrise; une trentaine d'élèves en feront l'expérience.

    En 1955, la Société de l'Industrie Minérale célèbre le centenaire de sa fondation; toutes les branches de l'industrie minière française, alors florissante, y participent, par l'organisation de 7 congrès simultanés: 15 journées techniques, 3 expositions (matériel, la mine et les arts, et une mine image sur les berges de la Seine), et 7 grandes réceptions. En sa qualité de Secrétaire Général M. Vielledent s'occupe de l'administration de la manifestation : budget, gestion des inscriptions diverses de 2200 participants dont de nombreux étrangers, impression et distribution des 1500 pages de communications techniques, puis des compte-rendus.

    En été 1957, il participe au 6ème congrès des Mineurs du Commonwealth ; il traverse en un mois le Canada, du Yukon à Terre Neuve, celui-ci était une vitrine extraordinaire des méthodes d'exploitation des mines métalliques; une publication de la Société de l'Industrie Minérale parait alors sur ce thème.

    Il rédige aussi l'article "Mines et Carrières" dans Encyclopedia Universalis.

    M. Vielledent ne souhaite pas rédiger un cours d'exploitation des mines, car il considère que ce n'est plus une tâche individuelle; à ses élèves, il distribue des résumés de ses cours, plus fiables que les notes qu'ils pourraient prendre en écoutant un cours oral; mais dans la foulée des publications du centenaire de la SIM, il anime les comités de rédaction de plusieurs "Documents SIM", premiers chapitre d'un cours français d'Exploitation des Mines, oeuvres collectives auxquelles participent sur chaque sujet les experts les plus qualifiés de la profession.

    La direction de l'école nomme à ses cotés un deuxième professeur dans le département Mines (M. Tincelin). Ensemble, ils suppriment le cours d'exploitation des Mines que suivaient alors tous les élèves; en échange ils organisent des stages d'enseignement de quinze jours dans les houillères; sous leur direction, alternant visites au fond et au jour et travail à l'amphi, c'est un premier contact avec la mine, mais aussi avec la vie industrielle, et le monde du travail. Aux élèves de l'option Mines, ils proposent des enseignements nouveaux: recherche opérationnelle et informatique.

  3. Directeur des études à l'Ecole des Mines de Paris (1964-1971)

    M. Vielledent préside à une réforme de l'enseignement basée sur le développement du temps consacré à l'option, qui existait déjà, l'élimination dans le tronc commun des enseignements qui ne paraissaient pas utiles pour tous les élèves, et la création d'une zone d'enseignements spécialisés offerte au choix des élèves. Pour la mise en oeuvre de ce schéma, il aménage de nouveaux locaux d'enseignement, notamment un grand amphi nouveau, après un inventaire précis des locaux utilisables, désormais repérables par un sigle précisant l'escalier d'accès et l'étage. L. Vielledent constitue notamment un fichier précisant pour chaque local sa situation géographique par un sigle, sa surface de plancher, et même, à la demande du responsable de l'entretien, la surface des vitres à nettoyer ; avant son initiative, un étranger ne pouvait que demander son chemin au concierge, et se débrouiller ensuite dans le dédale des couloirs et des escaliers.

    Utilisant le premier ordinateur de l'Ecole, encore modeste (un IBM 360/40), il développe sur cartes perforées (en FORTRAN) un programme de traitement des opérations de secrétariat de la Direction des études (enregistrement et affichage des notes, classements).

    Président de la commission enseignement de la Conférence des grandes Ecoles, il est amené, notamment sur proposition des professeurs des classes préparatoires, à présider les travaux d'une commission de réforme des programmes. Quoique surpris de devoir arbitrer des discussions pointues entre mathématiciens et physiciens, M. Vielledent conduit à bonne fin les travaux de cette commission, dont le résultat le plus important a été une première évolution de la diversification du recrutement, après l'acceptation par l'X de recevoir 15 élèves sur l'option Physique.

    Après les événements de mai 1968, la plupart des Grandes écoles ont adopté une organisation de l'enseignement analogue à celle de l'Ecole des Mines de Paris

  4. Directeur de l'Ecole des Mines de St Etienne (1971-1977)

    Son objectif est d'affirmer sur tous les plans une unité de politique avec l'Ecole des Mines de Paris, attestée par un président unique pour les deux conseils de Perfectionnement (M. Fischesser) et un rapport d'activité annuel commun pour les deux écoles.

    Pour l'enseignement, il adopte les schémas dont il avait eu la responsabilité à Paris. Pour mieux faire connaître l'Ecole, il obtient que le Président et le vice-président de l'Union des Professeurs de Spéciales siègent au Conseil de Perfectionnement de l'Ecole. Après deux années difficiles, le rang de l'Ecole parmi les Écoles du concours commun s'est très honorablement amélioré.

    En mai 1976, c'est accompagné 20 élèves qu'il va en Chine pour un voyage de 3 semaines d'un intérêt considérable, le premier sans doute offert à des élèves d'une école d'ingénieurs française.

    Pour la Recherche, l'Ecole bénéficiait déjà d'atouts importants : un centre de Métallurgie très actif, un Centre de Chimie riche de possibilités. Son objectif est alors de la diversifier, notamment en développant l'Informatique et la Géologie, tout en confortant les centres existants.

    En premier lieu, pour préparer l'avenir, il réalise un programme d'investissements immobiliers très important, par la construction de 3 bâtiments nouveaux, totalisant plus de 7000 m2 de surface de plancher, et de nombreux réaménagements dans les 12500 m2 de l'ancien bâtiment construit en 1930.

    Le nouveau centre de calcul reçoit alors un équipement qui en faisait probablement à l'époque l'outil informatique le plus puissant disponible dans une école d'ingénieurs française. Le budget de location d'ordinateur croît de 300 KF en 1971 à 1400 KF en 1974.

    Les informaticiens de l'Ecole, dont les responsables étaient Robert Mahl et Albert Mathon, avaient développé un programme de traitement de la comptabilité administrative, imprimant pour le Trésorier Payeur Général (contrôleur financier et agent comptable de l'Ecole des Mines de St Etienne) les ordres de virement, les chèques à payer et la situation des articles budgétaires intéressant le budget de l'école.

    M. Vielledent réécrit alors lui-même (en COBOL) les programmes de traitement des opérations de secrétariat de la Direction des études, sur la base de l'expérience qu'il avait déja réalisée à Paris dans ce domaine.

    En outre, il développe une comptabilité analytique interne, incluant les dépenses budgétaires et les dépenses gérées par une Fondation propre à l'Ecole (qui gérait notamment la taxe d'apprentissage versée à l'Ecole), et qu'il veut efficace et transparente : chaque dépense était affectée à un centre de frais, et chaque responsable de centre de frais recevait périodiquement un état récapitulatif des dépenses comptabilisées à son nom.

  5. Membre à temps plein du Conseil Général des Mines (1978-1983)

    Membre de la section technique du Conseil Général, il participe à la rédaction de certains règlements .

    Président de la CORS ( COmmission de Recherche sur la Sécurité dans les mines), il organise ses réunions dans le grand amphi de l'Ecole des Mines de Paris, plutôt que dans une petite salle du ministère, mal adaptée à des discussion techniques.

    Cette responsabilité, et le fait qu'il poursuivait avec le Cerchar (Centre de recherches des Charbonnages) des études sur les risques d'explosion dans les Mines, l'ont conduit à penser qu'il pouvait utilement prendre en main la rédaction d'un projet de Règlement sur les poussières combustibles, devenue urgente du fait de la comparution d'un ingénieur en Chef des mines devant les tribunaux.

    A cet effet, il réunit un groupe de travail constitué par les ingénieurs des houillères les plus qualifiés, du président de la section technique du Conseil Général des Mines (M. Schnell), du Chef du Service HSM et de son adjoint. Après l'analyse des règlements polonais et allemands, les plus intéressants dans ce domaine, la définition des points clefs à prendre en compte, et la discussion minutieuse d'un avant-projet, il présente au Conseil Général le résultat des travaux, en l'illustrant par de nombreuses projections, y compris un film sur les arrêts-barrages à eau; le Conseil Général a approuvé ce texte.

    Or, c'est un texte totalement différent dans la forme, et notablement sur le fond, qui a été publié au Journal Officiel comme règlement, sous la signature du Directeur du Service HSM, sans avoir fait l'objet d'aucune discussion.

    La contribution de M. Vielledent aux travaux du Conseil Général a été par la suite des plus réduites.

    Il a continué à travailler avec le Cerchar sur des problèmes d'explosion, de feux et d'aérage.

    Membre d'une commission d'expertise internationale (1 allemand, 1 américain, 1 belge et 3 français) sur les méthodes d'estimation des ressources des Charbonnages de France, il a pris l'initiative, en tant que doyen de la commission, d'en assumer le secrétariat, pour ne pas dire la présidence; il a rédigé le rapport préliminaire soumis à sa discussion finale, puis le rapport de synthèse. Il a ensuite présenté ce rapport, sans problème, aux dirigeants des assemblées territoriales des régions minières intéressées.

    Il a été chargé d'une mission du service des mines français en Colombie, en compagnie d'un ingénieur TPE. Cette mission concernait la définition et la mise en oeuvre d'une politique de nature à développer la protection du personnel dans les exploitations minières colombiennes; elle lui a permis de visiter de nombreuses exploitations en Colombie, puis de recevoir des ingénieurs colombiens au Cerchar. Suivant son habitude, il a rédigé le rapport de mission.

    M. Vielledent a pris enfin sa retraite à 65 ans révolus, en même temps que le président du Conseil Général des mines. Ce double départ a été salué par une réception amicale qui lui a laissé un excellent souvenir. Et il a reçu du Premier ministre une longue lettre extrêmement chaleureuse, qui prouvait que son rédacteur connaissait bien le déroulement de sa carrière et l'appréciait.