La série Gérer & Comprendre privilégie une approche humaine de l'organisation des entreprises, grâce à des analyses qui ne fondent pas sur les seuls outils de gestion, mais empruntent aussi à la sociologie des moyens de compréhension indispensables aux responsables d'entreprises. Son fonctionnement est celui d’une revue académique à comité de lecture. Elle a été retenue par l'AERES dans son classement des revues en économie et gestion, ainsi que dans celui des revues en sociologie.

 

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N° 96 - Juin 2009

EN CHINE, ENTRE GUANXI ET BUREAUCRATIE CELESTE

par Philippe D’IRIBARNE
Directeur de recherche au CNRS

 

Le mode de management introduit par Lafarge en Chine est inspiré par une conception de l’exercice du pouvoir enracinée dans une vision politique occidentale valorisant l’égalité devant la loi et le libre débat. Sa réception par le personnel chinois montre comment un tel mode de management peut être accueilli dans un contexte culturel où prévaut une autre conception du pouvoir. Un système de règles appliquées avec une grande rigueur, spécialement en matière d’évaluation des performances, est reçu avec faveur par le personnel alors qu’il conduit à s’écarter fortement des pratiques usuelles des entreprises chinoises, privées ou d’Etat, où les solidarités entre membres de réseaux (guanxi) tiennent une place essentielle. Cet accueil favorable tient au fait qu’un tel système n’est pas étranger à l’univers culturel chinois : il prend sens en référence aux attentes traditionnelles à l’égard d’un pouvoir juste et nourricier exercé par la bureaucratie céleste. En revanche, Lafarge n’a pas réussi à faire accepter par son personnel chinois une expression directe des désaccords, entre supérieurs et subordonnés comme entre pairs : dans l’univers mental chinois, une telle expression ne trouve pas de référence susceptible de lui donner un sens positif.

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N° 96 - June 2009

In China, between guanxi and the celestial bureaucracy

Philippe d’Iribarne

 

The type of management introduced by Lafarge in China is taken up with an idea of exercising power that, founded on a Western, political viewpoint, values equality in the eyes of the law and freedom of speech. Its reception by the company’s Chinese personnel provides evidence of how it fits into a cultural context where another conception of power prevails. Employees have favorably accepted a system of strictly applied rules, especially for evaluating achievements, even though it strongly deviates from the usual practices in Chinese firms (whether privately or state owned) where solidarity between members of a network (guanxi) is essential. Acceptance has been achieved because this system is not alien to Chinese culture. It takes on meaning in relation to traditional expectations with regard to the fair, nourishing power exercised by the celestial bureaucracy. However Lafarge has not managed to make its Chinese personnel accept to directly air disagreements between superiors and subordinates, or between peers. The Chinese mentality has no referent for endowing with a positive meaning such a direct expression of feelings.

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