LES ANNALES DES MINES
RESPONSABILITE & ENVIRONNEMENT


n°51 - Juillet 2008

 

Les infections émergentes
 

EDITORIAL

par François Valérian
Rédacteur en chef des Annales des Mines

*   *   *

Avant-propos : les maladies infectieuses émergentes,
un défi « global »

par Benoît Lesaffre
Ingénieur général du génie rural, des eaux et des forêts
Conseil général de l'agriculture,
de l'alimentation et des espaces ruraux


Enjeux et état des lieux

LES MALADIES EMERGENTES : ILLUSION OU REALITE ?

par Yves Coquin et Jacques Chemardin
Direction générale de la santé

L’implication fréquente d’un agent infectieux nouveau (ou transformé) et la survenue inopinée d’un phénomène imprévisible, l’existence d’un réservoir animal, voire d’un vecteur (qui constitue une variable supplémentaire, indépendante et obéissant à une logique propre), la gravité et l’impact économique et/ou social, l’intervention d’un facteur humain (technologique ou comportemental) sont des éléments, souvent intriqués, qui contribuent à faire émerger une maladie particulière ou à donner un regain d’actualité à une maladie déjà connue.

 

LES CAUSES DE L’EMERGENCE DES AGENTS INFECTIEUX

par le professeur Didier Raoult
Université Aix-Marseille

Trois phénomènes se conjuguent qui expliquent l’apparition de nouvelles maladies infectieuses : une meilleure reconnaissance des agents infectieux, la mondialisation de ces agents et de leurs vecteurs (moustiques, tiques) et une variabilité importante des germes.

 

EVOLUTION DES RISQUES INFECTIEUX ALIMENTAIRES

par Catherine Bouvier-Blaizot
Inspectrice générale de la santé publique vétérinaire
Conseil Général de l'Agriculture,
de l'Alimentation et des Espaces Ruraux (CGAAER)

La lutte contre les agents infectieux n’a probablement pas de fin : il en apparaîtra toujours de nouveaux. Leur incidence sera limitée par une stabilité politique et sociale, la continuité dans la décision, des relations transparentes et aisées entre les territoires et une autorité centralisée, la compétence scientifique et technique, une volonté d’amélioration des savoirs, des conditions de travail convenables, une collaboration sans réticence des réseaux nationaux et internationaux. 

 

POUVOIR DES MEDIAS ET CRISE SANITAIRE MAJEURE

Entretien avec Xavier Emmanuelli, ancien ministre,
mené par Benoît Lesaffre, ingénieur général des eaux et forêts,
et François Valérian, rédacteur en chef des Annales des Mines
.

Une crise sanitaire majeure surviendra nécessairement, et notre société d’internet, de rumeurs et de médias y est bien moins préparée que dans les temps de pouvoir fort. La crise se caractérise en effet par la recherche effrénée d’informations, et il faut avoir le courage d’accepter les informations qui contredisent l’idéologie, la doctrine ou les procédures.

 

LE CHANGEMENT DU CLIMAT PEUT-IL AVOIR UN EFFET SUR LES MALADIES INFECTIEUSES ?

par François Rodhain
Professeur honoraire à l'Institut Pasteur

L'amélioration de la santé des populations a toujours représenté un objectif primordial pour justifier les programmes de développement. Aujourd'hui, ce même développement, en modifiant le climat, risque fort de menacer la santé en créant des risques nouveaux. Le changement climatique étant maintenant enclenché, il faut tenter d'en réduire les effets et surtout trouver le moyen de s'y adapter au mieux, en misant sur un facteur proprement humain : l'adaptabilité culturelle. Pour ce faire, nous devons replacer la question des maladies infectieuses dans son cadre général, tout à la fois bioclimatique, socio-économique et politique.

 

Connaissance, surveillance et alertes

 HISTOIRE ET ACTUALITE DU RESEAU INTERNATIONAL DES INSTITUTS PASTEUR

par Maxime Schwartz
Institut Pasteur

La création, le maintien et la poursuite de l’extension du Réseau des Instituts Pasteur sont sans équivalent dans le monde. Pourquoi en est-il ainsi ? A l’origine, le prestige de Louis Pasteur conduisit à la création des premiers établissements du Réseau. Du fait qu’ils étaient mus par l’objectif de rendre service au pays hôte, les instituts ont pu se maintenir quelles qu’aient été les vicissitudes politiques.

 

LA MODELISATION DES EPIDEMIES DE MALADIES EMERGENTES :
 LES EXEMPLES DU CHIKUNGUNYA ET DE LA PANDEMIE GRIPPALE

par Pierre-Yves Boëlle
Ingénieur civil des Mines de Paris, INSERM U707

Aujourd'hui, pour la première fois dans l'histoire, émerge la possibilité de pouvoir maîtriser des épidémies à leur source, si les moyens nécessaires sont mis en place. Le contrôle de l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) montre que cette possibilité est réelle, mais qu’elle ne doit pas être interprétée comme une garantie de succès. En effet, cette maladie s'est avérée facile à contrôler au moyen de l'isolement des patients atteints, ce qui ne sera certainement pas le cas avec la grippe pandémique.

 

ECOSYSTEMES, ENTOMOLOGIE ET LUTTE ANTI-VECTORIELLE

par Didier Fontenille
Directeur de recherche, entomologiste médical
Institut de Recherche pour le Développement,  UR  016,
Caractérisation et contrôle des populations de vecteurs - Monpellier

L’expérience prouve que le contrôle des maladies à vecteurs est très rarement obtenu par une approche unique, que ce soit la lutte contre les vecteurs, la lutte contre les agents pathogènes ou le contrôle des réservoirs, et que seule une approche intégrée est réaliste. Les nouvelles connaissances et les nouvelles technologies nous offrent des opportunités exceptionnelles de faire un bon en avant vers une lutte anti-vectorielle ciblée, respectueuse de l’environnement, acceptée par la population.

 

Actions de terrain et leçons récentes

CHIKUNGUNYA : RETOUR SUR UNE EPIDEMIE SURPRENANTE ET SA GESTION

par Evelyne Falip, Marie Bâville, Bernard Faliu et Yves Coquin
Direction générale de la santé

Nul ne peut rester indifférent au fait que, malgré tous les efforts entrepris et malgré tous les moyens déployés, plus du tiers des populations mahoraise et réunionnaise ait contracté le chikungunya en moins de deux ans. Eviter l’épidémie n’était sans doute pas possible et de nombreux facteurs-clés de compréhension de la maladie, de son agent responsable et de son vecteur n’ont été connus qu’a posteriori. Toutefois, l’analyse rétrospective tend à montrer que, malgré la réduction, au fil du temps, des moyens consacrés à la lutte anti-vectorielle, les autorités sanitaires ont su s’organiser pour faire face à l’épidémie, et elles ont su en tirer les leçons.

 

EPIDEMIE DE CHIKUNGUNYA DANS L’OCEAN INDIEN 2005-2006.
PREMIERS ENSEIGNEMENTS.

par Antoine Flahault
Directeur de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique
Rennes et Paris

En février 2006 le premier ministre décide de créer une cellule interdisciplinaire de coordination des recherches sur le chikungunya à La Réunion et Mayotte (ultérieurement prolongée pour traiter de la dengue aux Antilles et en Guyane). Cette « task force », présidée par l’auteur de l’article, est constituée de chercheurs de plusieurs disciplines scientifiques (médecins cliniciens, virologues, immunologistes, statisticiens, épidémiologistes, sociologues, entomologistes, vétérinaires). Un premier bilan est ici dressé pour donner les premiers enseignements d’une épidémie qui a frappé près de 40% de la population de La Réunion et Mayotte et causé un décès pour mille cas (248 décès).

 

LES MALADIES EMERGENTES ANIMALES TROPICALES
IMPACTS INATTENDUS DE L'INFLUENZA AVIAIRE

par Emmanuel Camus
Directeur régional du Cirad pour le Languedoc-Roussillon
et  Renaud Lancelot
Coordinateur du projet EDEN, Cirad

Les services vétérinaires nationaux et internationaux ont su tirer partie de la crise sanitaire et économique causée par l’influenza aviaire et les risques associés de pandémie, et ont réussi à imposer l’idée d’une approche globale de la santé animale.

 

LE REGLEMENT SANITAIRE INTERNATIONAL REVISE

par Guénaël Rodier
Directeur du Programme de Coordination du Règlement
Sanitaire International, Organisation mondiale de la Santé

L’avenir du Règlement Sanitaire International, et avec lui celui de la sécurité sanitaire internationale, dépend aujourd’hui de la capacité des Etats, avec le soutien technique de l’OMS, à poursuivre la mobilisation qui a justement permis la révision.

 

LE PLAN DE CONTINUITE D'ACTIVITE « PANDEMIE GRIPPALE »
 DANS LES ORGANISATIONS

par Laurence Breton-Kueny
PhD,  Directrice des Ressources Humaines AFNOR Groupe
et Docteur Sandrine Segovia-Kueny
Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable
et de l'aménagement du territoire

Toute organisation doit se préparer pour maintenir sa pérennité et la protection de ses salariés en cas de pandémie grippale. La responsabilité sociétale, l’éthique, la continuité économique des organisations sont en jeu, et désormais chacune dispose d’un savoir, mis à sa disposition par des ouvrages ou des groupes de travail, tel le club français des PCA.

 

 


                            
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