LES ANNALES DES MINES
REALITES INDUSTRIELLES - Mai 2010



Internet(s) et Web(s) : du singulier aux pluriels

EDITORIAL
par Jean-Pierre DARDAYROL
Ingénieur général des mines



« Les ventes en ligne d’objets d’art retrouvent une croissance à deux chiffres. »…
« L’Inde envisage de se doter de capacités de cyberdéfense et de cyberattaque. »…
« Les fournisseurs d’accès Internet inquiets de bloquer les sites illégaux. » …
« Le spécialiste de la téléphonie sur Internet vaut 100 millions de $ en bourse. » …
« Des drones pour cartographier notre planète sur Internet. »

Depuis plus de 15 ans, l’Internet - le Réseau, en français - et le Web - la Toile - occupent une place croissante (quoique rapidement changeante) dans les médias, l’actualité, les débats publics et surtout notre vie : d’abord professionnelle, puis sociale et maintenant intime. En effet, toutes les facettes de la société et de la vie ont été investies, à des degrés divers, par les applications qui s’appuient sur l’Internet, à commencer par la plus emblématique d’entre elles, le Web : la recherche, l’éducation et l’information, en premier lieu, la santé, le commerce, les administrations publiques ensuite et, maintenant, les jeux d’argent, la sexualité et la guerre, pour ne citer que quelques exemples.
Au-delà de la succession des informations relatives au Web qui nous baignent, informations nombreuses, mais souvent peu contextualisées et peu analysées, Réalités industrielles propose à ses lecteurs de partager un moment d’arrêt, non sur l’image du Web d’aujourd’hui, mais sur la projection de sa croissance et de sa diversification, mouvement ininterrompu partant d’un réseau simple – l’Internet -, supportant un petit nombre d’applications dont le Web a été et reste, de loin, la plus importante et constitue le paragdime historique.

 Cette projection a été l’occasion de demander aux meilleurs spécialistes du monde de la recherche et des affaires :

- de s’interroger sur la dynamique des réseaux du futur et sur les conditions propres à la favoriser (François Baccelli) ;

- d’analyser quatre exemples de secteurs majeurs de la vie sociale révolutionnés par les usages du Web : le commerce (Emmanuel Richard), la santé (Robert Picard), la (cyber) guerre (Nicolas Arpagian), et le (cyber) crime (Eric Freyssinet) ;

- de procéder à une lecture attentive et interrogative de la reconstruction des relations économiques et humaines résultant des évolutions attendues. Cinq sujets sont abordés tour à tour : les industries culturelles (Philippe Chantepie), les sociétés du secteur de l’Internet lui-même (Cécile Roux), le droit (Eric Barbry), les relations sociales (Antonio Casilli), et la nature des transformations apportées par le Web 2.0 (Christophe Legrenzi) ;

- de dessiner la mise en abyme réciproque du Web et des territoires. Jérôme Denis et David Pontille s’intéressent au cas de la ville ; Pierre Musso développe une approche plus globale et historique ;

- de tracer les perspectives d’avenir de trois grandes familles d’objets techniques qui commencent à occuper notre horizon et seront, avant dix ans, au cœur de notre vie : le Web sémantique (Ivan Herman et Alexandre Bertails), l’Internet des objets (Mohsen Souissi et Mathieu Weill), et les nouveaux systèmes d’information des entreprises (François Bourdoncle).

                     
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