Roger Henri LOISON (1917-2006)


Loison, élève de l'Ecole des Mines de Paris
(C) Photo collections ENSMP


Loison professeur à l'Ecole des Mines de Paris
(C) Photo ENSMP

Fils de Antoine Loison, ajusteur et charpentier, et de son épouse née Jeanne Théry, femme de ménage.

Avec son épouse Jeanne Morguet, ils ont eu deux filles :

Ancien élève de l'Ecole polytechnique (promotion 1936, entré classé 2 et sorti major) et de l'Ecole des Mines de Paris (promotion 1938, sorti classé 1 sur 6 élèves). Corps des mines.
Voir : le relevé de notes de R. Loison à l'Ecole des mines.

Il est surtout connu pour avoir été l'un des dirigeants du Centre de recherches des Charbonnages de France (CERCHAR).

1942-1946 : Ingénieur des mines à Nancy et professeur à l'Ecole des mines de Nancy
1947-1950 : Directeur de la station d'essais de Montluçon du CERCHAR
1950-1957 : Responsable de la sécurité minière et de la combustion-gazéification-cokéfaction au CERCHAR
1957-1967 : Directeur des recherches au CERCHAR
1968-1980 : Membre du directoire de CDF-Chimie
1982-1998 : Ingénieur conseil (énergie, charbonnages)

1948-1972 : Professeur de thermique à l'Ecole des mines de Paris


MINES, Revue des Ingénieurs, décembre 2006 :

Roger Loison nous a quittés le 11 octobre, dans sa 90e année, après une courte maladie.

D'origine modeste, bel exemple d'un ascenseur social qui fonctionnait bien à l'époque, il sortit premier de l'Ecole Polytechnique (promo 36) pour entrer au Corps des Mines.

Artilleur pendant la guerre sur le front des Alpes, il suivit ensuite sa scolarité aux Mines de Paris avec la promotion 1938.

Affecté en 1942 au service des Mines de Nancy, il entra au Cerchar en 1947, comme directeur de la station d'essais de Montluçon. Il regagna la région parisienne en 1950, pour diriger les groupes de recherche "sécurité minière" et "combustion-gazéification-cokéfaction", puis l'ensemble des recherches du Cerchar. Il écrivit à cette occasion quelques livres de référence en ces matières.

Parallèlement, il poursuivit une carrière d'enseignant, à l'Ecole des Mines de Nancy, puis à celle de Paris, où il enseigna le "chauffage industriel", carrière universitaire couronnée de 1977 à 1983 par la présidence de l'Ecole nationale supérieure de Chimie de Lille.

En 1967, il fut appelé au Directoire de la Société Chimique des Charbonnages (CdF-Chimie) dont il devint par la suite Directeur Général. Le gouvernement avait en effet décidé de regrouper les industries chimiques des Houillères, et de donner à la nouvelle structure un statut avec Conseil de surveillance et Directoire, inspiré du modèle de gouvernance allemand, fort éloigné du statut quasi monarchique du PDG à la française. Rude tâche qu'amalgamer la chimie de trois bassins aux traditions différentes, de passer le statut du personnel du public au privé, de convertir les usines de la carbo à la pétrochimie, d'absorber une vingtaine de filiales habituées à l'indépendance, de traverser sans trop de mal le séisme de mai 68 puis les chocs pétroliers, et le tout en quadruplant, en volume, la production totale et en multipliant par quinze les exportations!

L'humanité de Roger, sa capacité d'écoute bienveillante à l'égard de tous, son respect des autres, son souci d'être équitable, tout comme son attachement à l'intérêt général et son désintéressement personnel, jouèrent un rôle essentiel dans la recherche continue du consensus indispensable au bon fonctionnement d'un directoire.

Après ces années exaltantes, Roger partit en retraite à la fin de 1979. Il continua ensuite, pendant quelques années, son activité professionnelle comme ingénieur-conseil, dans les domaines de l'énergie et de la sécurité. C'était aussi un mélomane averti, amateur d'Eric Satie et joueur de saxophone. Que Jeanne, son épouse, Antoinette et Françoise, ses filles, ses petits-enfants et arrière-petits-enfants soient assurés que nous partageons leur chagrin, et que nous garderons de Roger Loison le souvenir lumineux de son intelligence, de son intégrité et de son humanité.

Lucien Coche(PCM 38) - Jacques Petitmengin (PCM 49)




Suzanne de Jenlis et Roger Loison (vers 1984)
(C) Photo de Jenlis

Suzanne de Jenlis a rédigé une courte nécrologie de Roger Loison dans ABC Mines, bulletin n. 29, mai 2008.

On y apprend que Roger Loison était un ami de son mari, même promotion de Polytechnique, même "casert" (chambrée). "Il était aussi modeste qu'intelligent et compétent". ... "qu'il nuançait quelquefois d'une charmante pointe d'humour" ... "je connaissais surtout l'homme s'intéressant à tout, très bon joueur de saxo à l'occasion".

"J'ajouterai que c'était aussi un montagnard. Lors d'un voyage en Sicile que nous faisions ensemble, il partit tout seul un beau matin sur l'Etna et me rapporta de magnifiques échantillons de souffre, d'un jaune à faire pâlir d'envie tous les canaris de la terre ; mon mari, hélas, n'avait pu l'accompagner, un accident d'avion à Istres le privant depuis 15 ans de tout sport."

Roger Loison à une réunion d'anciens de la promotion X1936, probablement en 1984
(C) Photos de Jenlis