LES ANNALES DES MINES
RESPONSABILITE & ENVIRONNEMENT

n°34 Avril 2004

Recherches, débats, actions
 

TABLE DES MATIERES DÉTAILLÉE

EDITORIAL

par Rodolphe GREIF
Vice-Président du Conseil Général des Mines


Avant propos

par Dominique PETIT
Ingénieur général des mines
et Gilbert TROLY
Administrateur de la Chambre syndicale des Industries minières

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LES METHODES D'EXPLOITATION DU DOMAINE SALIFERE.
UNE EXPERTISE INTERNATIONALE

par Pierre Bérest,
Bill Diamond, Antoine Duquesnoy, Gérard Durup, Bernard Feuga, Lothar Lhoff,
avec la collaboration d'Ignace Salpeteur

Pour le public, les accidents et incidents  liés à la création d’ouvrages miniers constituent un tribut qui est ressenti comme de plus en plus lourd au fur et à mesure que s’estompe le souvenir de la période de l'activité minière intense, avec ses retombées positives. Les préoccupations croissantes de sécurité et de protection de l'environnement conduisent à s'interroger sur les conséquences de long terme de la création d'ouvrages souterrains. L'État a fait évoluer la réglementation pour tenir compte de ces demandes nouvelles.
C'est dans ce contexte que se pose la question du devenir des exploitations de sel gemme. C'est en Lorraine, où se concentrent le plus grand nombre d'exploitations actives, que le problème est le plus visible. Faut-il préférer des méthodes d'exploitation qui laissent la surface du sol intacte au-dessus de cavernes réputées stables ou, au contraire, des méthodes d'exploitation qui conduisent à l'effondrement complet de la surface et à l'effacement des vides souterrains ?
Ces interrogations ont conduit l'administration des Mines à préconiser la constitution d'un groupe d'experts international  qui fasse le point sur l'état de l'art des méthodes d'exploitation du sel dans le monde, et plus particulièrement dans les pays comparables à la France, et indique les leçons à tirer de cet examen dans le cas des exploitations françaises, et notamment en Lorraine. Cet article rassemble les conclusions principales de cette expertise.
 
 

RESURGENCES DES MINES SOUTERRAINES ABANDONNEES.

Approche prédictive de l’évolution de la teneur en fer selon
Paul L. Younger de l’Université de Newcastle

par Jacques et Katia Laversannne
Société de l'industrie minérale

Le principal objectif des études de Younger est de présenter un modèle conceptuel applicable aux variations de la qualité de l’eau dans les mines de charbon souterraines abandonnées. Le modèle doit conduire à une procédure empirique, utile à la prise de décision des personnes en charge de la gestion des mines abandonnées, se démarquant d’un modèle plus rigoureux scientifiquement mais irréaliste dans la pratique.
Si les méthodes, essentiellement nord-américaines, pour prévoir la production de polluants à partir d’une mine à ciel ouvert ou d’une verse sont basées pour la plupart sur la comptabilité acide/base (acid-base accounting), elles ne sont pas applicables aux mines souterraines abandonnées.
Il est pourtant nécessaire d’estimer la qualité future des résurgences et, en particulier, leur teneur en fer car ce métal est la principale source de contamination des eaux pour l’environnement des mines de charbon du type de celles du Royaume-Uni. De plus, les données historiques sur les teneurs en fer sont de loin les mieux renseignées.
C’est en s’appuyant sur l’examen d’un panel fiable de 81 résurgences minières du carbonifère britannique que Younger, sans se départir de sa rigueur scientifique, a pu tenir ses objectifs.
 
 

LES ACTIVITES MINIERES A SALSIGNE : HISTORIQUE ET REAMENAGEMENT

par Claude Sauzay
Gérant de Minelis

Une histoire minière moderne de près de 130 ans est sur le point de s’achever dans la région de Salsigne, non sans laisser des traces dans le paysage et l’environnement. Les anciens exploitants n’avaient pas conscience, comme toute la société civile d’alors, de la nécessité de protéger l’environnement comme le font les exploitants actuels.
L’occasion de l’arrêt des travaux de MOS, dernier exploitant, a été  saisie pour tenter une remise en état et une réhabilitation de certains sites abandonnés, en collaboration avec l’Ademe pour  celui de la Combe-du-Saut, et avec l’Etat pour certains sites annexes (Nartau, Malabau, Peyrebrune, etc.). MOS aura ainsi contribué, par la bonne gestion de ses paramètres environnementaux, à solder, autant que faire se peut, les effets de cette histoire minière.
On peut logiquement être frappé par l’importance du coût de remise en état et de réhabilitation de l’ensemble des sites, qui atteindra globalement un niveau voisin de 55 millions d’euros. Rapporté à la quantité d’or totale produite sur le site, on aboutit à un coût global voisin de 15 dollars par once d’or. Un montant  très élevé si on le compare aux coûts prévus à l’heure actuelle lors de la mise en route de mines d’or – quelques dollars par once d’or – pour lesquelles on s’efforce désormais d’anticiper le coût de la remise en état qui pourra être nécessaire en fin d’exploitation. La collectivité paye ici une prise de conscience tardive des impératifs du développement durable.
 
 

APERÇU ET EXPERIENCE DE LA CONDUITE TECHNIQUE DE L’APRES MINE

par Jean-Charles Besson
Charbonnages de France

Héritier, depuis 1946 par la loi de nationalisation, de 261 concessions qui auront permis d’extraire 4,7 milliards de tonnes de charbon, Charbonnages de France vient de cesser, en avril 2004, toute activité extractive pour se consacrer exclusivement aux tâches de « l’après mine » commencées depuis déjà  plusieurs années (social, technique, développement économique…).
Encadrée par les prescriptions du Code minier, cette dynamique se poursuit à un rythme soutenu dans le respect de la réglementation avec un souci permanent d’information, de transparence et de concertation. Ce sont des équipes renforcées qui ont engagé l’une des dernières phases de la vie de Charbonnages de France où la réhabilitation a pris définitivement le relais de l’exploitation.
 
 

DE L’EXPLOITATION A L’AMENAGEMENT DU SOUS-SOL

par Pierre Duffaut
Espace souterrain

Faute d’avoir organisé l’exploitation des substances minérales avec le souci du long terme (préoccupations, renouvelées, aujourd’hui par les impératifs du développement durable), la société se trouve confrontée à un ensemble de problèmes liés à « l’après-mine » et, de façon plus générale, à « l’après-exploitation » : cicatrices des carrières, terrils et remblais parfois combustibles, affaissements tardifs, zones inondées, endommagements d’infrastructures et de bâtiments…
Bien entendu cette constatation n’est pas nouvelle et elle n’est pas spécifique aux activités industrielles mais, force est de noter, décennie après décennie, l’apparition de conséquences dommageables que la disparition des sociétés exploitantes rend parfois difficile à gérer.
Le propos de cet article est de montrer, à travers une série d’exemples, l’intérêt qu’il y aurait à « aménager » le sous-sol, c’est-à-dire à promouvoir une gestion à long terme de ses ressources minérales et spatiales, notamment afin de valoriser les situations créées à la suite d’une exploitation extractive.
L’idée dominante est que c’est dès l’origine qu’il faudrait mieux envisager l’utilisation éventuelle des volumes souterrains résultant de l’exploitation.
 
 
 

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