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par Pierre Couveinhes
Rédacteur en chef des Annales
des Mines
Les
Français aiment leur forêt, mais ils la connaissent fort
mal.
Beaucoup
d’entre eux sont convaincus qu’elle est aujourd’hui en
régression. Mais en
réalité, sa superficie a presque doublé au cours
du siècle écoulé, et elle
continue d’augmenter.
Le
bois est perçu comme un matériau agréable et
chaleureux, mais peu innovant. En
fait, il est de plus en plus utilisé sous des formes
reconstituées ou
restructurées, qui lui permettent de concurrencer les
matériaux les plus avancés
techniquement.
On
pourrait multiplier les exemples d’idées
reçues : ainsi, qui sait que
le bois-énergie représente 55 % de la production
d’énergies renouvelables dans
notre pays ? C’est davantage que l’électricité
hydraulique, et beaucoup
plus que le solaire et l’éolien, qui sont incomparablement plus
présents dans
les médias, alors qu’ils ne représentent guère que
2 % de la production totale
d’énergies renouvelables…
Et
qui connaît le nombre d’emplois dans la filière bois en
France (450 000,
soit autant que l’industrie automobile) ?…
Mais la forêt française
pourrait jouer un rôle encore beaucoup plus important. Elle est, en effet, très sous-exploitée. La
production de bois stagne depuis des années et la balance
commerciale de
Depuis trente ans, maints
rapports officiels ont été publiés,
préconisant le développement de la récolte
de bois dans les forêts françaises, mais ils n’ont
guère été suivis d’effet.
La
lutte contre le réchauffement climatique accroît
doublement l’importance de la
filière bois- forêt. En effet, le bois, utilisé
comme source d’énergie, permet
de remplacer directement des combustibles fossiles, fortement
générateurs de CO2.
Mais il ne faut pas oublier que le
bois, en tant que matériau, stocke en lui du carbone,
absorbé par la forêt, et
qu’il peut remplacer d’autres
matériaux dont la fabrication génère
elle-même du CO2.
Le Grenelle de
l’Environnement et les Assises de la forêt ont permis une prise
de conscience
nouvelle. Un plan en faveur de la filière forêt-bois a
été défini, fondé sur
des principes clairs, qui ont suscité un large consensus, tant
auprès des
forestiers que des organisations environnementales : développer
l’exploitation
de la forêt, tout en en assurant une gestion durable,
préservant la
biodiversité.
La forêt française, la seconde
de l’Union européenne, par la superficie, et la première
en volume sur pied,
pourra ainsi devenir, dans les prochaines années, un atout
considérable pour
notre pays ; en matière économique,
énergétique et environnementale, bien
sûr, mais aussi en ce qui concerne les activités de loisir
et l’agrément du
cadre de vie.
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