n°61 SEPTEMBRE 2000
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LA COMPLEXITE FISCALE, UN MAL NECESSAIRE ?
Par Daniel GOUADAIN
Institut d’Administration des Entreprises
– Université de Poitiers
Partout, toujours et pour chacun, la
complexité, via des réglementations foisonnantes, envahit
notre vie. Si parfois l’on s’y résigne, il est cependant un domaine
où cette complexité est plus douloureusement ressentie :
celui des prélèvements obligatoires. En effet, au désagrément
d’avoir à consentir à une ponction sur leurs ressources,
s’ajoute pour les contribuables, la crainte de ne pas réussir à
s’acquitter correctement des obligations mises à leur charge…
D’où les intentions proclamées
de la combattre et les rares tentatives en ce sens, sans grand dommage
pour elle jusqu’à présent, car c’est à ses effets
que l’on s’en est pris, plus qu’à ses causes profondes. Mais si
elle se maintient – voire se renforce – n’est-ce pas parce que, d’une certaine
façon, elle répond à une " demande sociale ", que
sont réunies les conditions qui la rendent " gérable " et,
qu’en fin de compte, elle ne présente peut-être pas que des
désavantages ?
LE SYSTEME DE SANTE EN ANGLETERRE
Par Christine THAYER
CNAM
et Dominique TONNEAU
Ecole des Mines de Paris, Centre
de Gestion Scientifique
Le système anglais de santé,
le National Health Service, est un système très majoritairement
public, financé directement par l’impôt et dont la mise en
place, après la seconde guerre mondiale, en 1948, posait comme principe
l’accès gratuit aux soins. Il en est résulté un système
un peu atypique parmi les autres grands pays européens (exception
faite de l’Italie), où l’Etat jouait un rôle tout-à-fait
majeur : financeur prépondérant du système, il structurait
lui-même l’offre de soins et assurait la régulation de l’ensemble
et ce, jusqu’à la réforme mise en place au début des
années 90.
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FIGURES DE LA TRANSGRESSION
DANS L’ENTREPRISE
Par Lionel HONORE
Université de Nantes
Pour être banquier, on n’en est
pas moins homme et, comme tel, soumis à la tentation. Notables dans
leur province, le directeur d’agence, voire le chargé de clientèle,
peuvent-ils, en effet, refuser le coup de pouce salvateur pour l’industriel
qui fait travailler la moitié du bourg ou le délai vital
pour le commerçant en vue, provisoirement dans le rouge ?
Et quand le carcan des interdits interne
les empêche d’innover, alors que, tant leur identité professionnelle
que la simple efficience économique, les poussent à prendre
des risquent qu’ils jugent " mesurés ", quelles " bonnes raisons
" trouveront-ils pour transgresser les règles et prendre les risques
de sanction que cela implique ?
La normalisation des pratiques au
sein des entreprises, en ôtant toute légitimité à
tout autre moteur de la réalisation du travail et en s’appuyant
sur la seule action de l’appareil de sanction, porte alors en elle-même
la négation de la complexité de l’action de l’individu et
les germes de la transgression.
Les constructeurs automobiles ont,
depuis longtemps, développé des relations dites de partenariat
avec leurs fournisseurs et leurs équipementiers. Mais ces relations
connaissent actuellement de nouveaux développements, qui vont au-delà
des pratiques de co-développement et d’organisation industrielle
en juste-à-temps : elles visent un partage des risques entrepreneuriaux
avec leurs équipementiers et fournisseurs stratégiques, ainsi
qu’une coordination directe entre les principaux intervenants de la filière.
En cela, l’industrie automobile suit
les traces de Nike, Dell et autres Benetton qui ont su imposer la mise
en place de relations collaboratives fortes tout au long de la chaîne
de valeur propre à leurs activités.
TOTALFINA+ELF, COMMENT LUTTER CONTRE L’EVIDENCE
?
Par Gilles MARION
Professeur à E.M. Lyon
Le succès de l’OPE de TotalFina
sur Elf est aussi la victoire d’un certain type de discours. L’aptitude
du stratège à faire le marketing de sa vision, ressemble
à l’aptitude du marketer à mettre en scène son produit
par l’emballage et la publicité. L’analyse de discours, appliquée
à la controverse publicitaire qui a opposé ces deux entreprises
au cours de l’été 1999, permet de mettre en évidence
la capacité du stratège à " faire " la stratégie
avec des " mots ". Nous suggérons l’idée que, parmi la diversité
des facteurs et des discours susceptibles d’expliquer le succès
d’une telle opération, ce discours managérial est un instrument
non négligeable pour " énacter " la stratégie.
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LA CONCURRENCE CE N’EST PAS SI SIMPLE
A propos du livre d’Hervé
Dumez et Alain Jeunemaître,
" Understanding and regulating
the market at a time of globalization – The case
of the cement industry "
Par Daniel FIXARI
Centre de gestion scientifique
- Ecole des mines de Paris
ACTUALITE DU CONTROLE ET DE LA CONTRAINTE
DANS L’ENTREPRISE
A propos de l’ouvrage de David COURPASSON
intitulé :
" l’action contrainte. Organisations
libérales et domination "
Presse Universitaires de France
Paris 2000
Par Jean-Philippe Neuville
(INSA-Lyon)
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DES HOMMES ET DES PUCES
Chroniques d’un autre monde
Par Thierry PICQ
Et Pascal LANGEVIN
Professeurs, E.M. Lyon
Comment les pratiques de G.R.H. évoluent-elles
dans le contexte Hight Tech de la Silicon Valley ?. Quelles sont les évolutions
en matière de positionnement de la fonction, de partage des rôles
d’utilisation massive des nouvelles technologies, de développement
de knowledge management ? Ces pratiques émergentes, parfois extrêmes,
constituent-elles les prémisses d’un nouveau modèle de management
susceptible de s’appliquer, de façon plus large, à d’autres
secteurs et d’autres contextes ou restent-elles spécifiques au monde
très particulier de la haute technologie informatique ? Thierry
Picq et Pascal Langevin nous emmènent à la découverte
du futur possible ( ?) de nos entreprises.
SURVIVRE DANS LA SILICON VALLEY
Chronique de la transformation du laboratoire
d’une compagnie japonaise
en start-up californienne
Par Thierry WEIL
Ecole des mines de Paris
A sa naissance, Holon Tech s’était définie comme " une entreprise privée constituée pour révolutionner l’accès à l’information en créant des technologies, des produits et des services innovants centrés sur les réseaux ". Elle ne s’est pas construite autour d’un produit particulier, mais de gens talentueux et motivés et d’un concept d’entreprise. Elle s’était surtout définie comme un projet entrepreneurial autour de quelques slogans : " Freedom, fun, passion ", " Goal, future, team ", " Individual satisfaction and growth ". Six ans après, l’histoire d’Holon Tech est-elle une success-story ? D’ailleurs, les histoires de réussites sont-elles tellement différentes des autres ? Et le voyage n’est-il pas aussi important que la destination ?