LES ANNALES DES MINES – GERER ET COMPRENDRE

n°66 Décembre 2001


SOMMAIRE DÉTAILLÉ

ÉDITORIAL
par Pascal LEFEBVRE


 
 
L'ÉPREUVE DES FAITS

 

600 JOURS DE COMPÉTITION TECHNOLOGIQUE
Comment expliquer l'échec du DIVX face au DVD ?

par Albéric TELLIER
Maître de Conférences - CIME - IAE de Caen Basse-Normandie

En 1997, le DIVX s'annonçait comme une innovation révolutionnaire dans l'univers de la vidéo : il allait renouveler le concept de la location de films et profiter de la vague du "pay per view". Fin 1999, tous les promoteurs du projet l'ont abandonné au profit de son rival, le DVD. Comment expliquer cet échec ? Que nous apprend l'analyse des réseaux de défenseurs de ce projet qui se sont affrontés ? Par quel processus le vainqueur a-t-il émergé ? En quoi ce cas confirme-t-il (ou renouvelle-t-il) les travaux antérieurs menés sur ce type de compétition ?
 
 

PERCEPTION DU PUBLIC ET ANALYSE DE CONTROVERSES  :
Quels enjeux pour la gestion des risques ?

par Elisabeth REMY
INRA
et Alexandre MALLARD
France Télécom Recherche et Développement

S'efforçant de comprendre, au cas par cas, la nature de la relation qui lie les experts en analyse des risques aux critiques et aux profanes afin de voir comment, selon les circonstances, d'autres formes de savoirs peuvent se révéler pertinentes, le sociologue des controverses n'est ni le porte-parole de la "Société", ni le critique de la "Science". Ce faisant, c'est précisément l'interface entre science et société qui est rendue problématique. Sans tomber dans l'illusion de la transparence démocratique, reconnaissons qu'il y a là, sans doute, des voies intéressantes à explorer pour la gestion des risques.
 
 

DYNAMIQUE DES CONTRATS ET INNOVATION DANS L'ENTREPRISE
Évolution des modes de coordination et régulations économiques des projets

par Michel NAKHLA
Institut National Agronomique Paris-Grigon - CGS Ecole des Mines de Paris

La vision actuelle du contrat oblige à mettre à jour les équilibres, collectivement acceptables, entre respect d'une rentabilité interne sur un projet et contribution à une forte création de valeur. Dans le même temps, s'engager sur des objectifs qui restent révisables et sur le processus qui mène à ces objectifs suppose, de plus en plus, que chaque métier formalise des stratégies et capitalise les expériences vécues sur les projets antérieurs. De ce point de vue, des expériences contractuelles bien analysées peuvent être vues comme un moyen d'afficher, d'un projet sur l'autre, une exigence de progrès continu et, par là, de débattre de la dynamique des savoirs techniques à l’intérieur de l'entreprise.
 
 
 

DEBAT

NORMALISATION COMPTABLE : vers des normes ou des dogmes ?

Table ronde avec Florence LUSTMAN
Secrétaire générale de la Commission de contrôle des assurances
Jean-Louis FORT, Gérard GIL, Dominique LEDOUBLE,
Jacques MANARDO et Gérard de la MARTINIERE

La normalisation comptable mondiale avance grâce à un organisme non inféodé aux Américains, l'IASC (International Accounting Standards Committee). C'est ce que disent Jacques Manardo et Dominique Ledouble en mai 2000 lors d'une soirée des Invités de l'École de Paris. Florence Lustman, secrétaire générale de la Commission de contrôle des assurances ne partage pas cet optimisme : l'IASC lui paraît colonisée par les valeurs américaines, survalorisant le point de vue de l'actionnaire. Cela va contre l'intérêt de l'assuré, pour qui compte la pérennité de l'assurance auprès de laquelle il souscrit. La comptabilité doit alors permettre aux assurés et aux régulateurs d'en juger. Il doit en être de même dans les banques. Pour défendre ce point de vue, elle vient à l'École de Paris accompagnée d'assureurs, de banquiers et de son homologue de la Commission bancaire. Jacques Manardo et Dominique Ledouble sont aussi invités : la normalisation est une affaire sérieuse, il faut en débattre.
 
 
 
 

MOSAIQUE

MONTRER LE BUT, C'EST DÉJÀ QUELQUE CHOSE

À propos du livre de Robert Reich, « Futur parfait. Progrès techniques, défis sociaux »,

par Claude RIVELINE,
Ecole des Mines de Paris
 

QU'APPREND L'HISTOIRE DE L'ADMINISTRATION AUX CHERCHEURS EN GESTION ?

À propos des livres de Laure Quennouelle, « La Direction du Trésor - 1947-1967 »,
et d'Aude Terray, « Des francs-tireurs aux experts : l'organisation de la prévision économique
au ministère des Finances (1948- 1968) »,

par Frédérique PALLEZ
Ecole des Mines de Paris
 

L'AUTONOMIE DE L'ENTREPRISE

 À propos du livre de Jean-Philippe Robé : « L'entreprise et le droit »,

par François ENGEL
Ecole des Mines de Paris
 

LES NOUVEAUX ENJEUX DU TRAVAIL DANS LA SOCIÉTÉ

 À propos de l'ouvrage coordonné par Gilles Jeannot et Pierre Veltz,
« Le travail entre l'entreprise et la cité »

par Philippe BERNOUX
Glysi-SAFA, Université Lyon 2



 
 

EN QUÊTE DE THEORIES

LES MOTS DE LA GESTION

par Daniel GOUADAIN
Institut d'Administration des entreprises, Université de Poitiers

Ce que nous laissent les civilisations et les peuples comme monuments de leur pensée, ce ne sont pas tellement les textes, que les vocabulaires et les syntaxes, les sons de leurs langues plutôt que les paroles qu’ils ont prononcées, moins leurs discours que ce qui les rendit possibles : la discursivité de leur langage. « La langue d’un peuple donne son vocabulaire, et son vocabulaire est une bible assez fidèle de toutes les connaissances de ce peuple ; sur la seule comparaison du vocabulaire d’une nation en différents temps, on se formerait une idée de ses progrès. Chaque science a un nom, chaque notion dans la science a le sien, tout ce qui est connu dans la nature est désigné ainsi que tout ce qu’on invente dans les arts, et les phénomènes, et les manœuvres, et les instruments ».
Michel Foucault, Les mots et les choses.
 
 
 
 

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