Par Pascal LEFEBVRE
Secrétaire général du Comité
de rédaction
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La résistible vertu pacificatrice du système du droit d’auteur
Par Thomas PARIS
CRG Ecole polytechnique
Avec l’avènement des nouvelles technologies, chacun peut désormais
collecter une œuvre et la rediffuser.
Plus encore, il peut la modifier, la sectionner, la mélanger
à d’autres et la délivrer de nouveau.
Avec Internet, non seulement le contrôle de l’utilisation des
œuvres devient impossible, mais il s’opère une dissolution de la
notion d’œuvre, qui pourrait mettre en péril l’autorité de
l’institution du droit d’auteur, créée par Beaumarchais à
la fin du xviiie siècle, et remettre en cause l’ordre pacifique
qu’elle a contribué à instaurer.
Pourtant, la menace qui semble peser sur l’institution du droit d’auteur
n’en est peut-être finalement pas une pour le monde qu’elle régule
: Celui de la création.
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Par Laurent PASCAIL
Ecole des Mines de Nantes
Classiquement, la qualité totale et le zéro défaut
consistent dans l’obtention d’un produit et dans le développement
de procédures en parfaite conformité avec les normes.
On pourrait pourtant affirmer qu’au-delà de cette conformité,
il existe une logique encore plus pertinente : la perception qu’a le client
de la qualité du produit, c’est-à-dire son idonéité.
Pourtant, face à la religion du zéro défaut et
à la culture du client-roi, oser reconnaître que la conformité
n’a pas force de loi mais n’est, en fait, qu’une référence
pour les usines, n’est guère acceptable dans le contexte idéologique
actuel.
A moins que l’affichage d’une conformité parfaite ne soit qu’un
moyen de rendre l’image de l’entreprise idoine pour ses clients…
Les progiciels intégrés et la G.R.H.
Quand l’ambiguïté des enjeux est fonctionnelle
Par Patrick GILBERT
Entreprise & Personnel et IAE de Paris
et Danièle GONZALEZ
Entreprise & Personnel
Ces dernières années, la vague des progiciels intégrés
a déferlé sur la fonction Ressources Humaines des grandes
entreprises.
Face aux prêches futuristes des Nouvelles Technologies de l’Information,
aux déclarations commerciales fracassantes, mais aussi aux inquiétudes
légitimes des utilisateurs à qui ces nouveaux outils sont
le plus souvent imposés, il devient urgent de construire une représentation
gestionnaire du phénomène.
Les auteurs placent les logiciels intégrés au cœur des
tensions qui traversent la gestion des ressources humaines.
Leur hypothèse centrale est que le progiciel intégré
intervient comme un médiateur destiné à gérer
la tension contradictoire entre le développement d’une autonomie
nécessaire à la flexibilité, par des organisations
plus décentralisées, et le renforcement du contrôle,
par la maîtrise de l’information, de ses circuits et de ses processus
de traitement.
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Silvère SEURAT : Genèse d’une méthode
Entretien avec Silvère SEURAT mené
Par Bernard COLASSE
Université de Paris Dauphine
et Francis PAVE
Centre de Sociologie des Organisations
Quels points communs entre un canon de 380, une centrale thermique et
une usine sidérurgique ?
L’équipage, répond Silvère Seurat !
Une formidable compétence collective, qu’il s’agit de construire
et d’entretenir dans le même temps qu’on construit le navire ou l’usine,
en articulant temps de formation et temps de construction dans un planning
unique.
C’est ce credo qui sera à la base de la création d’Eurequip,
success story aux destinées de laquelle Silvère Seurat présidera
vingt-neuf ans durant.
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La confiance au tamis…
La confiance au tapis ?
A propos de l’ouvrage collectif coordonné par Christian THUDEROZ,
Vincent MANGEMATIN et Denis HARRISSON, intitulé :
" La confiance. Approches économiques et sociologiques "
Gaëtan MORIN Editeur, Paris, 1999
Par Jean-Philippe NEUVILLE, INSA-Lyon
Les bons récits font les bonnes entreprises
A propos du livre de Dominique Christian : " A la recherche du sens
dans l’entreprise…
Compter, raconter ? La stratégie du récit "
MAXIMA-Laurent Du Mesnil Editeur, 1999, 310 pages.
Par Vincent CALVEZ
Professeur ESSCA
et Alain GUENETTE
Assistant-Professeur HEC-Lausanne
Constructionnisme ou constructivisme ?
A propos du livre de Kenneth J.GERGEN : " An invitation to social
construction "
Sage, London, 1999, 248 pages.
Par Y.F.LIVIAN
Professeur IAE de Lyon
Transformation du capitalisme et désarmement de la critique
A propos du livre de Luc BOLTANSKI et Eve CHIAPELLO :
" Le nouvel esprit du capitalisme "
NRF Essais, Gallimard, Paris, 1999, 843 pages.
Par Yvon PESQUEUX, groupe HEC
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Du reporting au raconting dans la conduite des projets
Par Thierry BOUDES et Dominique CHRISTIAN
DIFER
Les récits occupent une place importante dans l’activité
professionnelle, parfois à notre insu, et la mise en récit
des projets constitue, dans l’entreprise, un des mécanismes fondamentaux
grâce auxquels l’expérience s’organise.
Cela veut-il dire que la maîtrise de la mise en récit
fournit, à coup sûr, un levier de manipulation des équilibres
entre les parties prenantes impliquées dans le projet ?
Certes, et c’est même la garantie qu’il y ait une quelconque
efficacité à la démarche.
Mais dans le cas du récit, cette crainte de manipulation doit
être tempérée par le fait que le récit agit
tout autant sur le narrateur que sur l’auditeur et produit une co-construction.
C’est pourquoi il faut savoir alterner reporting et raconting dans
les projets, au risque de se confronter à l’étrangeté
fondamentale des activités familières.
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Présenté par Jean-Louis PEAUCELLE
Professeur – IAE Paris
Giovanni Giacomo CASANOVA reste dans nos mémoires pour ses entreprises
amoureuses.
Né à Venise en 1725, il n’a cessé de parcourir
l’Europe pour fuir ses créanciers et les actions de la justice.
Ayant connu les Plombs de Venise, il craignait par-dessus tout la prison.
Il arrive à Paris en 1750, puis il revient en 1757. Il a besoin
d’argent, de beaucoup d’argent. A Paris, il vit d’abord de ses talents
en sciences occultes. Puis, il exécute des missions financières
en Hollande pour le compte de Choiseul, le ministre le plus puissant. Surtout,
il conseille le gouvernement sur la création de la loterie royale,
destinée à financer la construction de l’Ecole Militaire.
Il obtient la concession d’un bureau de vente des billets.
Il en tire des revenus réguliers. Il conçoit alors l’idée
de gagner davantage en devenant industriel. Ce sera un échec et
il devra quitter Paris en septembre 1759. Casanova est un homme de coups.
Sont-ils gagnés, il en combine d’autres. Sont-ils perdus, il s’enfuit.
On a extrait de ses mémoires, écrites en Français,
ce qui concerne cette aventure industrielle dans le Paris de 1759. Nous
sommes au milieu de la guerre de Sept ans avec l’Angleterre, année
charnière où les Anglais accumulent les succès militaires
(prise de la Guadeloupe et de la ville de Québec, notamment). Casanova
investit dans une société par actions avec un " homme à
projet ". Il partage ensuite le capital avec le sieur Garnier.
Un vol du stock et voilà la faillite, les menaces de procès,
la prison, le départ pour la Hollande. Casanova ne reverra plus
Paris où il s’était tant plu.
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L’étonnante mutation des patronages d’antan
Par François ROUSSEAU
CRG – Ecole Polytechnique
Privatiser les risques et socialiser les résultats ?
Les limites de l’Etat-Providence et du marché amènent
à reconsidérer des pratiques très anciennes et qui
ont fait leurs preuves.
Ainsi, des patronages, nés au XIXe siècle sous l’influence
prosélyte des associations laïques et confessionnelles, et
qui emploient aujourd’hui, dans quinze mille structures, deux cent-vingt
mille salariés et accueillent environ trois millions d'enfants chaque
année.
Le savant dosage entre mythes, rites et tribus qui les caractérise,
peut-il alors servir de modèle pour des initiatives socio-économiques
qui fassent sens pour toutes les catégories d’acteurs qui y participent
?