n°29 Janvier 2003
Recherches,
débats, actions
EDITORIAL et sommaire détaillé
par Dominique DRON
Responsable éditoriale de
Responsabilité & Environnement
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par Laurent Mermet
ENGREF
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CLIMAT ET COMPETITIVITE ENERGETIQUE
: DEUX DEFIS LIES
POUR LES PROCHAINES DECENNIES
par Dominique Dron
Présidente de
la Mission
interministérielle
de l'effet de serre
Si la préoccupation climatique prend
aujourd’hui de plus en plus de poids, c’est non seulement du fait des précisions
apportées par les derniers travaux scientifiques sur la menace d’un
dérèglement climatique déjà en cours, mais
aussi parce que ce sujet rejoint celui hautement sensible des ressources
énergétiques, notamment pétrolières et gazières.
Les deux thèmes convergent vers un horizon proche, entre 2020 et
2050, au cours duquel des actions déterminantes, modifiant fortement
les technologies et les organisations actuelles, auront dû être
prises. L’article qui suit tente de résumer ces enjeux croisés
; il décrit les outils existants susceptibles d’aider à
préparer la transition énergétique de ce siècle.
Il s’appuie d’une part sur l’état
des connaissances scientifiques sur le climat telles que regroupées
et discutées au cours des négociations internationales sur
le sujet, d’autre part sur les facteurs clés présents dans
le dernier épisode de ces négociations, à savoir la
conférence des parties de New Delhi, en novembre 2002, dans le cadre
de la convention des Nations unies sur le changement climatique.
QUE SERAIT UNE SOCIETE SOBRE EN CARBONE
?
APERÇUS DE PROGRAMMES ET TRAVAUX
A L’ETRANGER
par Mark Tuddenham
Mission interministérielle
de l'effet de serre
La Mission interministérielle de
l’effet de serre (Mies) a effectué une étude à caractère
exploratoire pour faire un panorama de l'état actuel des travaux
de recherche à l'étranger, sur les simulations à long
terme - 2050 - de systèmes socio-économiques sobres en gaz
à effet de serre. Il s'est agi d'identifier et d'analyser les scénarios
d’évolution à partir d’objectifs de réduction des
émissions de CO2 afin de faire ressortir les éléments
intéressants et utiles, de nourrir et éclairer le débat
politique en France, d'orienter la prise de décision nationale.
L'étude ne prétend pas être exhaustive mais donne plutôt
une vue synthétique de travaux particulièrement détaillés
de quelques pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suisse
ou l’Islande. Le présent article fournit un aperçu des options
et actions préconisées par ces études. Pour parvenir
à une économie sobre en carbone à l'horizon 2050,
nos voisins ont proposé des objectifs ambitieux de réduction
assortis de moyens (politiques et mesures) dans le cadre de scénarios
: c'est-à-dire qu'ils ont défini une vision de la société
en 2050 et les trajectoires pour y parvenir.
LES COUTS DES POLITIQUES CLIMATIQUES
EN 2010 ET AU-DELA :
POUR CALMER LES PEURS D’UN CATASTROPHISME
INVERSE
par Jean-Charles Hourcade
Directeur du Cired*/CNRS
(*Centre international
de recherche sur l'environnement et le développement)
Directeur d'études
à l'EHESS**
(** Ecole des hautes
études en sciences sociales)
et Philippe Quirion
Chercheur au Cired*
Depuis l'été 2002, plusieurs
essayistes et journalistes présentent le Protocole de Kyoto comme
une aberration dangereuse. En particulier, réduire les émissions
de gaz à effet de serre coûterait extrêmement cher et
serait de toute façon inefficace. Une thèse que cet article
s'attache à réfuter en s'appuyant sur la littérature
scientifique synthétisée dans le troisième rapport
du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
(Giec). Après avoir présenté le fonctionnement de
cette institution, il montre que les coûts de la mise en œuvre de
Kyoto seraient de faibles à négatifs si cette mise en œuvre
repose sur des politiques adaptées et si l'on prend en compte les
co-bénéfices sur l'environnement local, la sécurité
énergétique et la diminution des tensions internationales.
A plus long terme, l'objectif de la Convention-cadre
des Nations unies, à savoir "stabiliser les concentrations atmosphériques
de gaz à effet de serre à un niveau qui empêche toute
perturbation anthropique dangereuse du système climatique" n'apparaît
pas hors de portée. Nous ne connaissons pas aujourd'hui la concentration
compatible avec cet objectif, mais si l'on prend en compte le risque de
non-linéarités dans les dommages, des cibles généralement
considérées comme ambitieuses entrent dans le domaine d'une
application rationnelle du principe de précaution.
LES FRANÇAIS ET L’EFFET DE SERRE : PERCEPTIONS ET ATTITUDES
par François Moisan
Ademe
Afin de mieux cerner la perception qu'ont les Français
de l'effet de serre et d'apprécier dans quelle mesure ils seraient
disposés à s'impliquer en tant que citoyens au niveau de
leurs activités quotidiennes dans des actions de limitation des
émissions, l'Ademe conduit tous les ans une enquête auprès
d'un échantillon représentatif de la population français.
Cette enquête s'attache dans un premier jeu de questions à
identifier la perception et la compréhension qu'ont les Français
du phénomène de l'effet de serre. Il s'agit ensuite de recueillir
leur avis sur les moyens de lutter contre ce phénomène et,
notamment, sur les actions qu'ils pourraient entreprendre à leur
niveau. Enfin, l'enquête conduite en 2002 et dont cet article retrace
les principaux résultats, interrogeait nos concitoyens sur un certain
nombre de mesures identifiées pour la lutte contre l'effet de serre
afin d'en évaluer l'acceptabilité.
Cette démarche de consultation devrait aussi
permettre d’apporter un œil nouveau sur un certain nombre de présupposés
des attentes des citoyens et peut-être d'engager de façon
plus ambitieuse les nécessaires inflexions de nos modes de vie en
gardant à l'esprit les enjeux de long terme.
LA REDUCTION A LA SOURCE DES DECHETS
MENAGERS :
POURQUOI NE PAS ESSAYER LA TARIFICATION
INCITATIVE ?
par Matthieu Glachant
Cerna, Ecole des Mines
de Paris
La production de déchets ménagers
ne cesse d’augmenter y compris depuis la loi sur les déchets de
juillet 1992 – plus 12,5% sur la décennie – qui avait pourtant fait
de sa diminution l’un de ses objectifs prioritaires. Comment inverser la
tendance et inciter les acteurs concernés à réduire
à la source ? L'objet de cet article est de discuter l'intérêt
de l'approche tarifaire. L'idée générale repose sur
le principe économique d'internalisation des coûts. A partir
du moment où les agents économiques de la prévention
(ménages, producteurs,…) supportent les coûts de la post-consommation,
ils seront incités à éviter une partie de ces coûts
en évitant la production de déchets. Dans de nombreux domaines
environnementaux ce principe conduit à préconiser l'introduction
d'éco-taxes. Le problème ne se pose pas ici en ces termes:
il existe d'ores et déjà un système de tarification
du service public des déchets ménagers qui affecte le coût
du service à certaines catégories d'acteurs via la taxe d'enlèvement
des ordures ménagères (TEOM), la redevance d'enlèvement
des ordures ménagères (REOM), ou les contributions des sociétés
agréées.
Mais ces outils ont été
conçus dans une optique de financement, c'est-à-dire de couverture
du coût comptable du service public des déchets. L'objectif
de cet article est de discuter comment ils pourraient être réformés
pour devenir des outils d'incitation des ménages ou des producteurs
à la prévention tout en conservant leur rôle de financement.
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L’ENERGIE NUCLEAIRE CIVILE DANS LE CADRE
TEMPOREL
DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Rapport à l'Académie des Sciences
L’auteur propose une analyse scientifique
des sujets de préoccupation engendrés par l’utilisation civile
de l’énergie nucléaire : ce sont les questions des accidents
nucléaires, des risques présentés par les radiations,
du devenir des déchets, de celui du Plutonium (Pu) et des actinides
qui l’accompagnent, de la prolifération et des risques posés
par les menaces terroristes.
L’industrie nucléaire ne pourra
en effet continuer à exister que si on trouve des solutions acceptées
par les citoyens, aux problèmes soulevés par son activité.
Et même si on décide qu’il faut cesser de recourir aux centrales
nucléaires pour produire de l’électricité, le problème
de l’aval du cycle doit trouver une solution. C’est à ces problèmes
qu’est consacré l’essentiel du rapport.
Son message essentiel est qu’il est indispensable
d’avoir une base de connaissances admise par tous, pour juger des différentes
propositions et décider des voies à suivre et que le programme
en cours en France depuis la loi Bataille de 1991 devrait, pour l’échéance
de 2006, se fixer comme objectif essentiel de définir : «
Un critère général de protection et de confiance des
populations et des travailleurs concernés, élaboré
par leurs représentants élus, donc par la puissance publique
». L’auteur nous donne donc les éléments qu’il propose
pour établir un tel critère.
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