n°32 Octobre 2003
Recherches,
débats, actions
EDITORIAL et sommaire détaillé
par Dominique DRON
Responsable éditoriale de
Responsabilité & Environnement
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par Laurent Mermet
ENGREF
par Olivier Godard
chercheur au CNRS et
professeur à l'Ecole Polytechnique
Laboratoire d'économétrie,
Paris
Le projet de directive européenne
introduisant un mécanisme de quotas échangeables d’émission
de CO2 a été arrêté par le Conseil européen
le 23 juillet 2003. Il appartient désormais aux gouvernements des
pays membres de l’Union de le mettre en place pour une entrée en
vigueur en janvier 2005. C’est le moment de considérer le problème
de l’allocation initiale des quotas au regard des critères d’efficacité
économique et d’équité. Après avoir rappelé
le fonctionnement de cet instrument, l’article souligne pourquoi le choix
d’une règle d’allocation n’a pas d’incidence significative sur le
fonctionnement courant du marché des quotas et de celui des produits,
si ces marchés sont actifs et concurrentiels, mais affecterait la
capacité des entreprises à assurer l’autofinancement de leur
développement futur. Trois menaces pour l’efficacité économique
sont identifiées : la reprise des quotas par l’administration en
cas de fermeture d’une installation ; l’interférence contre-productive
entre les critères d’allocation et les stratégies de réduction
des émissions dans les systèmes qui reposent sur une procédure
périodique d’allocation ; l’accès gratuit aux quotas accordé
aux nouveaux entrants au nom d’une lecture superficielle de l’exigence
d’équité de la concurrence. Par ailleurs, la procédure
consistant à régler l’allocation initiale sur des engagements
volontaires préalables des entreprises et à accorder à
ces dernières des quotas supplémentaires pour des actions
volontaires passées serait arbitraire et contraire à l’équité.
CHOCS ET CONTRE-CHOCS PETROLIERS (1960-2060)
par Pierre Radanne
Mies
La question de l’approvisionnement des
combustibles fossiles n’est pas nouvelle. Elle a été fortement
débattue au tout début des années 70, période
aussitôt suivie d’un « exercice pratique » avec les deux
chocs pétroliers de 1973 et 1979.
La baisse des prix du pétrole de
1986 (contre-choc pétrolier) est venue ensuite infirmer les craintes
alarmistes sur l’épuisement des ressources. Après cette date,
ce sujet a fait l’objet d’un rejet. La hausse de la consommation pétrolière
est supposée être compensée pour longtemps par à
la fois une meilleure exploitation des gisements existants et par la découverte
de nouveaux. En outre, le contexte de surcapacité énergétique,
les bas prix des énergies et le contexte de dérégulation
alimentent un sentiment général d’abondance.
Toutefois, ce thème connaît
un retour dans les milieux pétroliers eux-mêmes. Pour les
uns, les ressources probables de combustibles fossiles conventionnelles
et non conventionnelles renvoient à plusieurs siècles les
difficultés d’approvisionnement. Pour les autres, nous approchons
maintenant du moment historique où les productions pétrolières
puis gazières vont atteindre leur maximum (entre 2015 et 2030).
Les deux argumentaires apparaissent comme
des visions simplistes de l’évolution du marché pétrolier.
Le texte qui suit en propose au contraire une vision profondément
cyclique, faite d’une alternance de crises et de répits.
AGRICULTURE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE
: QUELLE ANALYSE DU SCENARIO TENDANCIEL EN MATIERE DE LUTTE CONTRE LES
GES ?
Les enseignements d'une recherche prospective
sur le bassin de la Seine
par Xavier Poux et Guillaume
Olive
AscA
L’article aborde les relations de l’agriculture
et de l’effet de serre, rappelant la nécessité de resituer
la question dans un cadre d’analyse plus large. C’est en effet la portée
et la pertinence des réponses agricoles « standards »
que les auteurs remettent en question en soulignant dans leur analyse certains
thèmes non pris en compte dans les raisonnements les plus courants.
L’article pose comme problématique l’intérêt de proposer
un cadre d’analyse global contribuant à renouveler la manière
de formuler la question de l’adaptation de l’agriculture au changement
climatique. Un tel cadre intègre des facteurs économiques,
organisationnels, structurels, sociaux et politiques dont il s’agit d’analyser
les liens au climat. L’occurrence d’un scénario agricole «
standard » en matière de CC (biocarburants et simplification
du travail du sol) n’est pas nécessairement le plus souhaitable
d’un point de vue global. A contrario, un développement alternatif
de l’agriculture semble plus prometteur avec la prise en compte des impacts
globaux de l’effet de serre.
La thèse des deux auteurs s’appuie
sur une démarche de prospective agricole engagée au sein
du projet de recherche Piren Seine ( Programme interdisciplinaire de recherche
sur l’environnement de la Seine).
Dans un premier temps, ils présentent
le cadre méthodologique retenu pour la construction des scénarios
agricoles et son articulation avec les enjeux du changement climatique
dans le cadre du projet GICC-Piren Seine. Ils développent ensuite
le scénario de la réponse « standard » tel qu’ils
l’ont décliné sur le bassin. Sur cette base, ils proposent
une analyse de ses tenants et aboutissants. La conclusion justifiera les
enjeux relatifs à un élargissement de la problématique
à l’interface agriculture et changement climatique.
RETOUR D’EXPERIENCE SUR LES INONDATIONS DU SUD-EST (SEPTEMBRE 2002)
par Philippe Huet
Ingénieur général
du Gref à l'Inspection générale
de l'environnement
Avec le concours de Patrice
Foin, Claude Laurain, Xavier Martin, Jean-Louis Prime
Le dimanche 8 après-midi et le lundi
9 septembre 2002, plus de deux milliards de tonnes d’eau s’abattirent en
36 heures sur le département du Gard (80 % des dégâts)
et cinq départements voisins.
Cet événement a entraîné
la mort de vingt-quatre personnes et plus de un milliard d’euros de dégâts.
Il s’agit de la catastrophe naturelle la plus coûteuse parmi celles
qui relèvent strictement du système d’indemnisation Catnat
mis en place en 1982.
C’est dans ce contexte que Madame Bachelot,
Ministre de l’Ecologie et du Développement durable, demande la mise
en place d’un retour d’expérience portant sur sept points de sa
compétence :- caractérisation de l’événement,
détermination des facteurs aggravants, évaluation de la politique
d’information préventive, contenu et compréhension des messages
d’alertes, évaluation de la politique des plans de prévention
des risques et de l’urbanisme, examen des techniques constructives, examen
du rôle des ouvrages hydrauliques.
Les diverses inspections qui se sont succédées
au fil des catastrophes de la dernière décennie ont été
amenées à affiner la démarche à suivre ; celle
qui est employée dans le Gard s’inscrit donc dans un travail méthodologique
déjà ancien. L’auteur décrit ses trois phases, son
intérêt, ses limites et aussi les voies de progrès
qui s’ouvrent encore.
L'EVALUATION DES RISQUES SANITAIRES DANS LE CADRE DES ETUDES D'IMPACT DES INSTALLATIONS CLASSEES
par Frédéric
Marcel et Eric Vindimian
Ineris, Direction des
risques chroniques
Toute mise en service ou modification d'une
installation industrielle est soumise à une autorisation administrative
subordonnée à la réalisation d'une étude d'impact
environnemental. Cette étude vise à anticiper les éventuels
effets sur les écosystèmes, au voisinage de l'installation,
ainsi que sur la santé des riverains. Ce dernier point fait l'objet
d'une analyse de plus en plus approfondie du fait de la pression de l'opinion
publique, qui souhaite des garanties pour sa santé, mais aussi après
la révélation d'effets sanitaires graves autour de certaines
usines. Les pouvoirs publics en charge de la réglementation ont
sollicité les experts du risque sanitaire afin qu'ils proposent
une méthode pour l'évaluation des risques sanitaires dans
le cadre des études d'impact des installations classées.
L'Ineris a donc engagé une réflexion
sur ce thème au sein de ses équipes et en s'appuyant sur
son expérience dans le domaine.
C'est cette expérience que nous
proposons de partager dans cet article qui rend compte de façon
bien plus concise des grands enjeux méthodologiques de l'évaluation
des risques sanitaires dans le cadre des études d'impact des installations
classées.
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