n°35 - Juillet 2004
Recherches, débats, actions
|
|
SOMMAIRE DÉTAILLÉ
AVANT- PROPOS
par Gilbert TROLY
Administrateur de la
Chambre syndicale
des Industries minières
* * *
LA GESTION DE L’APRES-MINE : EXEMPLES ETRANGERS
par Dominique PETIT
Ingénieur général
des mines
L’exploitation des mines produit inexorablement
des modifications des milieux naturels. Pendant la phase d’exploitation,
ces modifications n’inquiètent pas vraiment car l’exploitant minier
fait le nécessaire pour les traiter. En revanche, lorsque la fin
de l’exploitation arrive, la perspective de la disparition de l’exploitant
et celle de l’abandon de ses installations créent une situation
nouvelle. La diminution de l’activité locale due à la fermeture
de la mine et la disparition des ressources fiscales correspondantes amplifient
les inquiétudes.
La France est confrontée à
ces questions dans les anciens bassins miniers houillers du Nord-Pas-de-Calais,
de Lorraine et du Centre-Midi, dans celui de potasse en Alsace ou dans
les anciennes mines de fer de Lorraine. Une mission a été
conduite par le Conseil général des Mines et par l’Inspection
générale des Finances au deuxième trimestre 2003 à
la demande du Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie et
de la Ministre déléguée à l’Industrie afin
de faire le point sur la situation de la gestion de l’après-mine
en France par comparaison avec les principaux pays miniers.
Ce large tour d’horizon de la situation
et des pratiques, dans de nombreux pays miniers, a permis de dégager
de nombreux points communs et des spécificités. Les auteurs
en rendent compte après avoir décrit à traits rapides
la situation de pays particulièrement caractéristiques.
LES RISQUES DE RESPONSABILITES DES ANCIENS
EXPLOITANTS
:
MISE EN ŒUVRE D’UN PLAN DE PREVENTION
DES RISQUES JURIDIQUES
par Yvon Martinet
Avocat, Savin Martinet
Associés
La fin de l’exploitation des anciennes
concessions minières a eu comme conséquence « mécanique
» d’accroître les risques d’effondrement des terrains situés
au-dessus de ces anciennes mines. En effet, l’administration (communes
et/ou départements), à qui revenait alors d’en assurer la
surveillance, n’a pas forcément eu les moyens d’entretenir ces anciennes
galeries minières. C’est dans ce contexte qu’en 1994 et en 1999,
deux lois sont intervenues pour modifier la gestion de «l’après-mine».
Or, la gestion de cet après-mine
est aujourd’hui source de nombreux litiges pour d’anciens exploitants,
qui avaient mis fin à l’exploitation de leur mine en suivant les
textes alors applicables.
Ainsi, sur la base des lois de 1994 et
1999, les autorités administratives tentent aujourd’hui de leur
imposer des travaux, et notamment de comblement. De même, les particuliers
tentent régulièrement d’en obtenir une indemnisation pour
des dommages résultant des anciennes exploitations minières
régulièrement abandonnées.
Cette situation est facteur de grande
incertitude pour les différentes parties, les solutions juridiques
proposées n’étant pas, en l’état, suffisamment claires.
Le présent article tente d’apporter quelques éléments
et pistes de réflexion à travers la mise en œuvre d’un «
plan de prévention des risques juridiques » (PPRJ), auquel
l’ancien exploitant minier doit quelquefois songer.
IMPACTS PSYCHOSOCIAUX DES RISQUES D’AFFAISSEMENTS MINIERS :
ANXIETE, PERCEPTION DE L’ENVIRONNEMENT ET ACCES A L’INFORMATION
par Virginie Dodeler et
Cyril Tarquinio
Université de
Metz, Laboratoire de Psychologie
L’objectif de la recherche engagée
était d’évaluer dans quelle mesure le risque de perdre ou
de voir se dégrader sa maison (dans le cas d’affaissements miniers)
influence l’état de santé des individus et, plus particulièrement,
leur état d’anxiété. Les résultats indiquent
que les personnes vivant dans une situation de risques d’affaissements
miniers présentent un score d’anxiété plus important
que les sujets témoins. De plus, la perception de l’environnement
semble avoir un effet sur cet état d’anxiété : les
individus les plus touchés sont ceux qui ont une perception
dégradée de leur environnement de vie. Enfin, ces travaux
permettent de souligner le rôle primordial que les habitants accordent
au réseau associatif comme moyen d’obtenir des informations jugées
fiables.
LES APPORTS DU CONSEIL D’ETAT DANS L’INTERPRETATION
DES DISPOSITIONS DU CODE MINIER RELATIVES
A L’ARRET DEFINITIF DES TRAVAUX
par Geneviève Couderc
Chef du bureau du droit
financier et industriel
et Sophie Sanvee
Consultante au bureau
du droit financier et industriel,
Direction des Affaires
juridiques du MINEFI
En vertu du pouvoir de police spéciale
conféré par l'article 77 du Code minier, l'autorité
administrative peut prescrire à l'exploitant minier toute mesure
en vue d'assurer la sécurité et la salubrité publiques
et la solidité des édifices publics et privés. Lorsque
des risques importants susceptibles de mettre en cause la sécurité
des biens et des personnes apparaissent après qu'il a été
donné acte de l'exécution des mesures prescrites, l'autorité
administrative peut intervenir à nouveau et, soit prescrire jusqu'à
l'expiration du titre minier de nouvelles mesures visant à assurer
la protection des intérêts mentionnés à l'article
79, soit, quand des risques d'affaissement de terrain ont été
identifiés, ordonner à l'exploitant de mettre en place et
d'exploiter les équipements nécessaires à la surveillance
et à la prévention de ces risques jusqu'au transfert à
l'Etat de cette surveillance et de cette prévention. La décision
du Conseil d’Etat en date du 22 octobre 2003 précise toutefois que
si l’administration n’a pas mis à profit la procédure d’arrêt
définitif des travaux pour identifier tous les risques et prescrire
à l ‘exploitant les mesures propres à assurer la sécurité
qu’impose l’ensemble des risques connus, il lui incombe alors de les mettre
en place elle-même.
L’ETABLISSEMENT PUBLIC FONCIER DE LORRAINE,
UN OPERATEUR DU PROGRAMME « APRES-MINE
» EN LORRAINE
par Didier Charpentier
Directeur technique adjoint
de l'EPF Lorraine
Les séquelles d’un siècle
d’exploitation minière et industrielle, et la difficulté
ainsi accrue à reconstruire une économie et un environnement
satisfaisants dans les bassins miniers nord-lorrains, ont amené
l’Etat et la région à apporter un soutien particulier en
faveur du redéveloppement du bassin sidérurgique et ferrifère
et du bassin houiller en mettant en place dans le cadre du 4e contrat de
plan Etat/Région, un volet spécifique
« après-mines » doté
de moyens financiers exceptionnels.
L’expérience acquise depuis 1986
par l’EPF Lorraine en matière de traitement des friches industrielles,
de recyclage foncier et de traitement de friches urbaines a amené
l’Etat et la région Lorraine à en faire un outil privilégié
pour la mise en œuvre de ce programme.
C’est ainsi que l’établissement
est aujourd’hui partenaire financier et opérateur dans le cadre
de nombreuses rubriques du programme après-mines :
- le traitement des espaces dégradés,
- les sites et sols pollués,
- le désenclavement des bassins
miniers,
- les opérations de restructuration
paysagère,
- le pôle en génie de l’environnement,
- les dynamiques territoriales d’espaces
transfrontaliers,
- la recherche d’une grande zone d’accueil
d’activités,
- les réserves foncières
pour le relogement des sinistrés.
LA REHABILITATION DE SITES MINIERS FERMES
DANS LE BASSIN HOUILLER
DE LA RHENANIE DU NORD-WESTPHALIE
par Andreas Mennekes et
Klaus Bekemeier
Ingénieurs des
mines
et directeurs de l'administration
des mines
La Ruhr est actuellement une région
en pleine reconversion. Au cours des dernières années, de
nombreux emplois ont disparu dans les industries du charbon, du fer et
de l’acier et, en particulier, dans les mines de charbon. Cette évolution
va se poursuivre.
La réhabilitation d’anciens sites
industriels, pour qu’ils puissent accueillir de nouvelles activités
industrielles et commerciales, est donc d’une importance décisive
pour la région.
La conduite rapide et financièrement
avantageuse d’une reconversion structurelle de ce type exige que les mesures
de réhabilitation engagées par le gérant de la société
en cessation d’activité, et celles de la commune ou de l’investisseur
tournées vers la réalisation du nouveau projet, soient menées
dans la cohérence et la continuité.
Il est essentiel que tous les acteurs
gèrent les différentes phases du processus dans un esprit
de coordination.
|
|