n°49 - Janvier 2008
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par
François Valérian
Rédacteur en chef des Annales des
Mines
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L’ETALEMENT
URBAIN
par Guillaume
Sainteny
Directeur des Etudes
économiques
et de l'Evaluation environnementale, MEDAD
Comment
définir l’étalement urbain et peut-il faire l’objet de
politiques publiques ?
L’étalement urbain c’est l’extension urbaine qui se fait plus
rapide que la
croissance démographique, découplant croissance
démographique et
artificialisation du sol. En Europe ce n’est qu'à partir des
années 1950 que le
phénomène prend de l’ampleur, pour
s'accélérer aujourd’hui.
Si
l’étalement urbain constitue une question d’importance et
d’actualité c’est
parce qu’il va à l’encontre d'un certain nome de principes
clés du
développement durable. Qui
préconise, notamment, d’éviter les
irréversibilités, de découpler la
croissance économique des ressources naturelles, matières
premières et facteurs
de production employés et de payer les vrais coûts. Mais
les outils pour le réduire existent déjà, ils ont
prouvé leur
efficacité.
VILLES ET
ENJEUX ENERGETIQUES
par Michèle
Pappalardo
Présidente de l'Ademe
Elle
concentre deux secteurs gourmands en énergie - transports
et bâtiments -
aux émissions de gaz à effet de serre en croissance et
son extension continue
induit à la fois des évolutions des comportements et des
modalités
d’utilisation des ressources naturelles qui compliquent la mise en
œuvre d’une
politique ambitieuse d’atténuation et d’adaptation au changement
climatique. La
ville de demain doit relever un double défi :
améliorer sa performance
énergétique et évoluer
vers une
ville à portée de main pour limiter déplacements
et gaspillage spatial. Mais cette
évolution vers la
réduction ou la prévention des impacts environnementaux
devra tenir compte aussi
des risques économiques et sociaux qui menacent.
PLAN CLIMAT
DE PARIS : LA RESPONSABILITE D’UNE VILLE
par Yves
Contassot
Mairie de Paris
En juin
2005, le Conseil de Paris adoptait le principe d’un Plan climat,
initiative
inédite pour une grande collectivité française et
qui se voulait exemplaire sur
le fond et dans la forme. Sur le fond, avec une exigence
d’efficacité qui
adosse l’élaboration du plan à des données
scientifiques précises qui
permettent d’évaluer l’action entreprise à partir
d’indicateurs définis au préalable.
Sur la forme, avec une exigence de démocratie participative qui
évite les
écueils de la décision publique, associant des
« volontaires du
climat » en leur qualité de professionnels du
bâtiment, de représentants
de compagnies de transports, de banques, de conseils de quartier,
d’associations et d’administrations mais, aussi, en tant que citoyens
et
parents. La démonstration qu’une
collectivité peut impulser des actions qui changent assez
radicalement la
donne. Le signe, avec le vote des élus parisiens qui ont
adopté le Plan
climat à l’unanimité le 1er octobre 2007, d’une
véritable
révolution des esprits.
MAITRISER
LES EMISSIONS A EFFET DE SERRE :
POLITIQUES ENERGETIQUES POUR LES
BATIMENTS
par Jacques
Rilling
Conseiller scientifique,
Centre scientifique
et technique du bâtiment (CTSB)
Les
émissions de CO2 des bâtiments ce sont
34 %
du total mondial en
2002 et leur réduction l’un des principaux enjeux des
décennies à venir dans un
monde où l’urbanisation va croissant. Des émissions, les
études convergent,
pour les pays de l’OCDE en particulier, qui pourraient être
largement réduites
dans des conditions économiques correctes et via des
technologies éprouvées et
disponibles sur le marché. Mais qui, en dépit d’un
durcissement des
réglementations dans le neuf, continuent d’augmenter : les
obstacles sont
nombreux - fonctionnement du marché ou comportements des
décideurs individuels -
qui entravent les efforts d’amélioration. D’où la
nécessité d’un ensemble très
diversifié de moyens : information, formation,
règlements, labels,
instruments fiscaux et financiers mais aussi création de
dynamiques d’offre
comme celle des compagnies de services énergétiques. Etat
des lieux et
propositions.
Un volet du
développement soutenable dans une grande ville
par Anne Le
Strat
Présidente-directrice
générale d'Eau de Paris
Produire
une eau de qualité en privilégiant la préservation
de la ressource est pour une
ville un volet essentiel d’une politique de développement
soutenable.
Promouvoir la consommation de l’eau du robinet par la valorisation de
sa
qualité en est, dépassant le seul cadre de
l’écogeste, un second. De plus
en plus nombreuses sont les villes à refuser la banalisation de
l’eau fournie
par leurs services municipaux et à la valoriser par des mesures
publiques
audacieuses. De Munich à New-York en passant par Paris avec la
démarche
emblématique d’Eau de Paris.
ANVERS ET
BRUXELLES : L’ENVIRONNEMENT DANS LA VILLE
Une
contrainte transformée en atout
par Arnould
Lefébure
Secrétaire
général de la Commission internationale de l'Escaut
Les
changements climatiques et l’environnement sont aujourd’hui à la
une de
l’actualité : parce que l’un de nos problèmes
majeurs mais aussi comme
solution à la mondialisation, à la crise
économique, voire à la crise de sens
et de civisme de notre société. Pour de nombreuses villes
c’est l’occasion de
revoir leurs perspectives d’avenir et de renforcer les programmes
politiques de
leurs élus. Mais qu’en est-il de celles pour qui environnement
et changements
climatiques pourraient être synonymes de déclin voire de
défis
insurmontables ? Les réponses d’Anvers,
« premier port
français », quant à son fret, et de Bruxelles,
capitale multiple.
LES GRANDES
VILLES ET L’EAU : ECONOMIE INSTITUTIONNELLE
par Bernard
Barraqué
Directeur de recherche, CNRS
L’urbanisation
galopante multiplie les grandes villes dans le Tiers Monde aussi, et
l’eau y
devient un enjeu majeur. Dans les pays développés, si
l’ensemble de la
population est raccordé, d’autres problèmes menacent la
durabilité des services
publics dans les grandes villes, obligent à sortir de la logique
d’offre et
appellent à passer à la gestion par la demande, voire
à remettre en cause la
frontière avec l’eau comme ressource. Mais il importe de ne pas
faire
l’amalgame, et de reconstituer la séparation entre services
publics et
ressources en eau. Inversement, la bonne vieille expérience
européenne du
municipalisme est aujourd’hui à revisiter, seule manière
de dépasser les
limites de la gestion publique étatique des années
d’euphorie et la
privatisation à tous crins des années 1990. Quitte
à l’aider à poursuivre sa
modernisation et à passer à la troisième
génération de l’industrie de l’eau.
L’AVENIR EN
MEDITERRANEE SE JOUERA DANS LES VILLES
par Silvia Laria
Chargée de mission
Villes, Plan Bleu
et Henri-Luc Thibault
Directeur du
Plan Bleu
La
moitié de la population mondiale est en passe de devenir
urbaine, deux
habitants sur trois le sont déjà dans les pays du
pourtour méditerranéen et,
vers 2030, ce sera les trois quarts. Gérer
l’accélération de l'urbanisation au
sud et à l’est de la Méditerranée, satisfaire les
besoins qui l’accompagnent,
maîtriser son développement diffus sur la rive nord,
limiter la concentration
dans les grandes agglomérations et la progression des
inégalités, atténuer la
vulnérabilité au risque environnemental…, tels sont des
défis majeurs posés par
les modes de développement urbain en ce XXIe siècle. Des
expériences
le montrent, la ville peut contribuer à la durabilité du
développement.
L’avenir dépendra des politiques menées sur le terrain,
à l’échelle de
l’agglomération, du cœur de la ville, du quartier.
Mais
aussi du soutien des régions, des États, de la
coopération internationale.
LE RISQUE
INONDATION
par Philippe
Huet
Iggref, Membre du bureau de
l'AFPCN
Les
modélisateurs du changement climatique nous annoncent des pluies
plus abondantes
en hiver, des événements extrêmes plus
fréquents et des submersions marines
dans nos estuaires. Qui inscrit aujourd’hui cette réalité
à l’agenda
politique ? En tous cas, en France, pas le Grenelle de
l’Environnement qui
fait silence sur le risque le plus répandu dans l’hexagone et
qui coûterait
cher s’il venait à toucher les plus grands centres urbains. Des
efforts ont
pourtant été faits en termes de refondation des
politiques publiques mais de
lourdes lacunes pénalisent encore l’efficacité de
l’ensemble. Peut-être
l’ouverture européenne et internationale sera-t-elle une chance
pour la
France : elle pourrait l’aider à sortir de ses blocages et
à prendre la
vraie mesure des problèmes.
PEUT-ON
VRAIMENT RECONSTRUIRE LES MEGAPOLES
APRES UNE INONDATION GENERALISEE ?
Les leçons
de la Nouvelle-Orléans deux ans après
par Nicolas-Gérard
Camphuis
Directeur du Centre
européen de prévention des inondations
et Bruno Ledoux
Directeur de Bruno Ledoux
Consultant
HORS DOSSIER
LE CODE
MINIER ET LE DEVELOPPEMENT DURABLE,
UNE PERSPECTIVE HISTORIQUE
par Gilbert Troly
Administrateur de la Chambre
syndicale des Industries minières
Dès le
début du XIXe siècle, le code minier français a
établi les règles de
base d’un développement que l’on pourrait qualifier de durable.
Même s’il n’en
avait pas encore le nom, même s’il obéissait d’abord
à un souci d’efficacité,
de bonne gestion et de l’intérêt général,
même si les moyens mis en œuvre se
trouvaient limités par le niveau de la technique et des
connaissances. Pour
preuve le nombre de codes miniers à travers le monde a en avoir
repris les principes.
Les plus récents y compris.
LA GESTION DES TERRITOIRES
PEUT-ELLE S'INSCRIRE
DANS LE
« TERRAIN MOUVANT » DU CYCLE DE L'EAU ?
De par son
caractère polymorphe, labile et vital, l’eau échappe
à la territorialité. Aux
frontières posées par les hommes, comme au
« Territoire ». Comment,
dès lors, permettre au territoire d'assumer cette
réalité mouvante qui le
façonne mais ne pourra jamais lui être assignée ni
assimilée ? Comment
construire une politique de l'eau qui ne soit pas d’emblée mise
en défaut par
les spécificités de sa circulation, mais y trouve au
contraire les principes
mêmes de son succès ? L'enjeu est de taille :
c'est bien la
durabilité d'un développement territorial qui, dans cette
relation à l'eau, est
en cause et en suspens…
L’EPREUVE DE LA DIRECTIVE-CADRE
EUROPEENNE SUR L’EAU
par Gabrielle Bouleau
Cemagref- UMR G-EAU
DEVELOPPEMENT
HUMAIN ET CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE
par Harold
Levrel,
Post-doctorant au CNRS,
Ladyss-Université de Paris
et UMR 5173-MNHN
Meriem Bouamrane
Economiste à la
Division écologique de l'Unesco
et Lamine Kane
Conservateur adjoint de la
Réserve de biosphère du Niokolo Koba
Concilier
développement humain et développement durable, c’est le
défi que doivent
aujourd’hui relever les politiques publiques. Les évaluations
intégrées qui permettent de prendre simultanément
en
compte les questions de développement humain et de conservation
de la
biodiversité, et leurs interactions, en sont un
élément clé. Mais leur
complexité implique des méthodes participatives
originales et de nouveaux
outils d’aide à la décision. Illustration d’une
méthode d’évaluation
participative à partir d’une expérience - un jeu de
rôle - menée au
Sénégal, dans la Réserve de biosphère du
Niokolo Koba.
GESTION DES RISQUES : INNOVER
DANS LA FABRICATION
DES
STRATEGIES D’ACTION
Article rédigé à partir d'une
intervention au
colloque de
from
par Yves Le Bars
Conseiller du Directeur
général du Cemagref
Conseiller IHEST (Institut des hautes études pour la science et
la technologie)
En matière de
gestion des risques, les décisions, publiques
comme privées, ne suscitent guère la confiance du public.
D’où, en réponse, des
processus nouveaux de préparation des décisions qui
associent les différents
acteurs à la fabrication des décisions. Qu’il s’agisse de
la gestion des
déchets radioactifs, des pesticides en agriculture, des
organismes
génétiquement modifiés (OGM), ou des
nanotechnologies. Les leçons à tirer de
ces expériences pour appuyer les décisions
appuyées sur le potentiel de
recherche et donner tout le temps au débat public. En mettant
l'accent sur la
définition des processus par étapes, sur la clarté
des rôles respectifs des
différents acteurs publics et privés pour que soient
prises des décisions
crédibles aux yeux de l'opinion publique.