LES ANNALES DES MINES
RESPONSABILITE & ENVIRONNEMENT


n°56 - Octobre 2009

 

L'ADAPTATION AU CHANGEMENT
 
CLIMATIQUE
 

EDITORIAL

par Pierre Couveinhes
Rédacteur en chef des Annales des Mines

*   *   *

Avant propos

par Paul-Henri Bourrelier
Ingénieur général des Mines

 

I - L’adaptation

 

CONSIDERATIONS SUR LE CLIMAT

par Emmanuel Le Roy Ladurie
Historien, membre de l'Académie des Sciences morales
et politiques de l'Institut de France

Emmanuel Le Roy Ladurie a publié trois importants volumes sur l’histoire du climat et, à l’instar de Montesquieu, sur les relations entre l’histoire et le climat : Histoire humaine et comparée du climat.

Tome 1, Canicules et glaciers XIIIe-XVIIIe ;
Tome 2, Disettes et révolutions (1740
-1860)
Tome 3, Le Réchauffement de 1860 à nos jours.

Dans un article publié dans le numéro 126 de l’été 2009 de la revue Commentaire, il a présenté ces  « Considérations sur le climat », qui concernent principalement le XXe siècle. Sans résumer sa trilogie, elles offrent une introduction à sa lecture. Nous remercions très vivement l’auteur et la revue Commentaire d’avoir accepté que nous reproduisions cet article dans ce numéro de Responsabilités et Environnement.

 

LES REPRESENTATIONS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE :
DE LA CREATION DIVINE A LA RESPONSABILITE DE L’HOMME

par René Favier
LARHRA (Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes)
UMR CNRS 5190
Université Pierre Mendès - France – Grenoble 2.

Le climat change-t-il ? L’action de l’homme affecte-t-elle ce changement ? Poser de telles questions aujourd’hui relève presque du sacrilège. Certes, il y a peu, le Courrier International proposait ce titre, en couverture d’un de ses numéros : « Climat : Le réchauffement n’existe pas ». Mais ce titre était prudemment affecté d’un astérisque renvoyant à un sous-titre de bas de page prudent et politiquement correct : « Du moins, certains le croient »…

 

LES LEÇONS DE L’HISTOIRE GEOLOGIQUE
ET DES GRANDES EXTINCTIONS D’ESPECES

par Patrick De Wever
Muséum National d'Histoire Naturelle
 

Parler de biodiversité conduit souvent à évoquer l’ours des Pyrénées, depuis la disparition de Cannelle, le 1er novembre 2004, qui est devenue un symbole. On pense aussi au retour du loup dans les Alpes, à l’éléphant d’Afrique … autant d’animaux un peu mythiques : le nounours de notre enfance, que nous tenions dans les bras en écoutant les histoires du petit Chaperon rouge, à côté de Babar … Maintenant que nous sommes des adultes, nous ne devons pas oublier la disparition d’autres organismes (des vers, des insectes, des bactéries, etc.), que ceux-ci soient utiles, agréables, ou au contraire considérés comme nuisibles, qui contribuent, eux aussi, à la biodiversité.

 

CLIMAT, ADAPTATION, EVOLUTION ET BIODIVERSITE

par Gilles Escarguel
Laboratoire Paléoenvironnements et Paléobiosphère – UMR 5125 du
CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1

La biosphère, cette fine pellicule superficielle de notre planète au sein de laquelle les êtres vivants évoluent, est un système adaptatif complexe : un réseau d’interactions multiples où, au-delà de ses caractéristiques propres, l’existence même de chaque agent est liée à celle de ceux qui l’entourent. Les conséquences physico-mathématiques de cette complexité sont aujourd’hui connues dans leurs grandes lignes : non-linéarité, métastabilité, auto-organisation, propriété émergente, invariance d’échelle, irréversibilité, sensibilité aux conditions initiales, chaos… Les implications biologiques, écologiques et environnementales de telles caractéristiques sont multiples.

 

LES TERRITOIRES FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

par Martine Tabeaud
Université Paris Panthéon Sorbonne, UMR CNRS ENEC

Les actions d’atténuation du réchauffement atmosphérique et d’adaptation au changement climatique font intervenir de multiples acteurs : les organismes internationaux, les groupes d’Etats, les Etats, les régions, les communes, les syndicats intercommunaux, les ONG, les partis politiques, les syndicats, les banques, les compagnies d’assurances, les chercheurs, les entreprises multinationales, les PME et les PMI, la grande distribution, les transports, les médias et les citoyens…

 

 

DES EVENEMENTS NATURELS EXTREMES AUX FIGURES DE LA CATASTROPHE

par Paul Henri Bourrelier
Ingénieur général des Mines
et Jean Dunglas
Président de l'Académie d'Agriculture de France

Les grands événements climatiques occupent une place privilégiée parmi les mythes sur la naissance et la destruction du monde. Le déluge de la Bible a son équivalent dans toutes les religions. Il n’est donc pas surprenant que l’annonce du changement climatique provoque une véritable renaissance des prédictions apocalyptiques au sens propre, c’est-à-dire de révélations…

 

ADAPTER QUI A QUOI ? QUELLE PLACE POUR L’HOMME DANS LA NATURE ?

par Michel Juffé
Philosophe, conseiller du Vice-président du Conseil général de
l’Environnement et du Développement durable (CGEDD) au Ministère
de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, en
charge des technologies vertes et des négociations sur le climat (MEEDDM)

S'adapter au changement climatique ou à toute autre perturbation de la biosphère ne relève pas seulement d'une réflexion technique ou technico-économique, voire d'économie politique. Même si le discours ambiant, notamment  en matière de « développement durable », admet qu'il faut rendre plus « sobres » nos modes de consommation d'énergie, envisager une « autre » croissance (souvent sans plus de précisions), nous sommes généralement soumis à une double pression : d'une part, celle des tenants d'un monde « naturel » dont nous devons « préserver les équilibres » et, d'autre part, celle des partisans d'un monde « culturel » humain, dont nous devons « maintenir l'originalité ».

 

 
II - Politiques publiques et actions de tous

 

LA PLACE DE L’ADAPTATION DANS LA POLITIQUE CLIMATIQUE
 

par Marc Gillet
Point focal pour la France du Groupe d’experts Intergouvernemental
sur l’Evolution du Climat (GIEC), ancien directeur de l’Observatoire
national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), actuellement
directeur des affaires internationales à Météo France


Des changements inéluctables, deux formes de prévention : Le 4ème rapport d'évaluation du GIEC, paru en
2007, a dissipé les doutes qui pouvaient encore subsister sur le fait que le réchauffement climatique est déjà amorcé, qu’il est provoqué par les activités humaines et qu’il s'amplifiera au cours des prochaines décennies…

 

LA POLITIQUE DE LA FRANCE EN MATIERE
D’ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

par Pascal Dupuis
Chef du Service Climat et Efficacité énergétique au MEEDDM (ministère
de l’Environnement, de l’Energie, du Développement durable et de la
Mer, en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le climat)

La politique climatique de la France repose sur deux piliers : réduire les émissions de gaz à effet de serre (« atténuation ») et se préparer aux changements climatiques désormais inéluctables (« adaptation »). Si la plupart des secteurs d’activité et de vie se considèrent aujourd’hui concernés par l’atténuation du changement climatique, notamment du fait d’objectifs contraignants internationaux et européens, il est important que ces mêmes secteurs s’approprient également la problématique de l’adaptation au changement climatique.

 

CULTIVONS NOTRE  PLANETE : PLUS DE BIOMASSE,
MOINS DE GAZ A EFFET DE SERRE

par François Papy
Académie d'Agriculture de France

Le XXIème siècle devra relever deux défis : primo, augmenter la production végétale de la planète pour faire face aux besoins croissants d'une population, qui devrait être de l’ordre de 8 à 9 milliards d'habitants en 2050 - besoins alimentaires, au premier chef, qui, selon certaines hypothèses devraient doubler, besoins en énergie, sous différentes formes (carburants, combustibles), besoins en fibres et en divers autres produits de base des industries ; secundo, atténuer l'évolution, déjà amorcée, du climat et s'y adapter - l'atténuer, pour rester dans des limites où il est encore possible de s'y adapter, tant il est prudent de prévenir des processus d'emballement toujours possibles.

 

PENSER ET AMENAGER LES AGGLOMERATIONS URBAINES :
QUELQUES EXEMPLES DE METROPOLES EUROPEENNES

par Brigitte Mazière
Inspectrice Générale de l'Equipement honoraire

La population européenne se concentre à plus de 70 % dans un  environnement urbain et 80 % des Français vivent en ville. La croissance urbaine est une tendance générale, et certains événements naturels majeurs intervenus ces dernières années ont mis en évidence l'ampleur des effets pouvant affecter les métropoles : les tempêtes de décembre 1999 qui balayèrent les pays de l'Europe de l'Ouest, les inondations exceptionnelles en Europe centrale durant l'été 2002, ou encore la canicule de l'été 2003. Hors d'Europe, d'autres événements ont marqué récemment les esprits : le tsunami en Asie, en décembre 2004, le cyclone Katrina dévastant la Nouvelle-Orléans, en août 2005…

 

POUR UNE GESTION DYNAMIQUE DU LITTORAL 

par Nicole Lenôtre
Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM)

Le littoral est un espace qui, plus que jamais, focalise l’attention des acteurs politiques, des gestionnaires et des citoyens. En effet, au niveau mondial, les Nations Unies estiment qu’en 2010, 80 % de la population mondiale vivra dans une bande littorale de 100 km, et 8 des 10 agglomérations les plus importantes sont situées sur le littoral (New York, Tokyo, Bombay, …). La France n’échappe pas à cette tendance et l’on constate une croissance annuelle de 3,8 % de la population littorale, alors qu’elle n’est que de 3,3 % en moyenne sur l’ensemble du territoire…

 

LA COUVERTURE FINANCIERE DES EVENEMENTS
CLIMATIQUES EXTREMES

par Erwann Michel-Kerjan
The Wharton Business School, University of Pennsylvania, Etats-Unis & Département
d’économie, École Polytechnique, France. Président du

Haut Conseil sur le financement des catastrophes de grande échelle
auprès du Secrétaire Général de l’OCDE

La question est posée, dans le contexte d’événements climatiques potentiellement de plus en plus dévastateurs : qui assumera les coûts de tels désastres ? Dans les pays industrialisés, l’assurance a traditionnellement joué un rôle majeur dans ce domaine, en couvrant les individus et les entreprises contre les conséquences économiques des grands risques naturels, moyennant le versement de primes d’un montant relativement modeste, en regard des pertes potentielles. L’assurance est aujourd’hui (on le sait peu) un des plus importants secteurs économiques dans le monde, en termes de revenus générés par ses activités. Néanmoins, les systèmes d’assurance traditionnels montrent aujourd’hui leurs limites, confrontés qu’ils sont, non plus à une grande catastrophe survenant en moyenne tous les vingt ans (ce qui permettait de collecter assez de primes les autres années), mais à une multiplication de catastrophes rapprochées dans le temps…

 

L’ETHIQUE, FIL CONDUCTEUR DE L’ADAPTATION

Entretien de Paul-Henri Bourrelier (Ingénieur général des Mines) avec Alain Grimfeld, (Président du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé), Yves le Bars (Président du GRET, association professionnelle de solidarité) et Claudine Schmidt-Lainé (Directrice de recherche au CNRS, directrice scientifique du CEMAGREF)

 
 

In memoriam : François Asher

par Marie-Josèphe Carrieu-Costa


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LE BILAN ENERGETIQUE DE LA FRANCE POUR 2008
par Bernard Nanot
Sous-directeur de l'Observation de l'énergie et des matières premières
(Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de la Mer,
en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le climat)


Du point de vue de l'énergie, l'année 2008 a été marquée par deux évènements majeurs : l'envolée des prix du pétrole (au premier semestre), assimilable à un choc pétrolier et la crise économique, qui a commencé à frappert la France au cours du deuxième trimestre.
Dans ce contexte perturbé, des évolutions durables semblent se dessiner, avec notamment la confirmation de la stabilisation de la consommation d'énergie et l'essor des énergies renouvelables. Il se pourrait aussi que les niveaux de prix atteints par l'énergie laissent des traces dans les comportements des ménages. Toutefois, une part importante des réductions de consommation est de manière évidente liée à la baisse de l'activité économique.


                            
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