JUIN 2000
Par Pascal LEFEBVRE
Secrétaire général du Comité
de rédaction
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Par Bernard COLASSE
Université Paris-Dauphine
et Francis pavé
Centre de sociologie des organisations
Tout au long d’une carrière exemplaire de haut fonctionnaire,
commencée à l’Inspection des Finances lors des années
de reconstruction de l’après-guerre et poursuivie, vingt et un ans
durant, au Trésor, puis à la tête de la Caisse des
Dépôts et Consignations, François Bloch-Lainé
a été l’un des plus ardents défenseurs du rôle
de l’Etat dans l’économie et de la planification à la française.
Avec la publication, en 1963, de : " Pour une réforme de l’entreprise
", ouvrage qui allait faire grand bruit tant dans les milieux politiques
que patronaux, nombre de ses idées sur la place du social dans l’entreprise,
la participation des salariés et la recherche d’une économie
concertée, vont marquer l’émergence d’un modèle économique
français original.
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Gestion des projets d’organisation et cynisme
Quels outils au service du changement ?
Par Bertrand NICOLAS
G.I.P. Mutations industrielles
Traditionnellement, la fonction Ressources humaines dans les entreprises s’est faiblement dotée d’outils de mesure similaires à ceux que l’on trouve communément dans les fonctions de production. Dans ce contexte, justifier des investissements importants dans des projets d’organisation (ou en systèmes d’information) peut relever de l’exercice de style : évaluation sommaire des bénéfices, mise en avant d’objectifs peu quantifiables en collant aux modes de gestion du moment. C’est pourquoi une démarche construisant des critères de performance explicites et plus au moins stables répond au besoin d’éclairer la décision, autant pour les décideurs que pour l’ensemble des acteurs en présence.
Par Sophie ALLAIN
Chercheur – INRA
En France, la loi sur l’eau du 3 janvier 1992 introduit des obligations
nouvelles en matière de protection de la ressource en eau ; le préfet
est autorisé, notamment, à prendre des mesures de restriction
provisoire en cas de pénurie.
Ces mesures concernent directement l’agriculture, les surfaces irriguées
s’étant fortement développées depuis 1970, et leur
application ne va pas sans soulever de multiples problèmes, les
interdictions d’irriguer pouvant entraver fortement la production et générer
des effets pervers.
Aussi la profession agricole a-t-elle engagé en divers endroits
des négociations avec l’Administration, pour défendre ses
intérêts économiques tout en respectant le milieu aquatique
et les autres usages de l’eau.
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Les politiques d’environnement comme politiques de l’innovation
Par Franck AGGERI
CGS, Ecole des Mines de Paris
Compte tenu du niveau d’incertitude, de la complexité des problèmes
d’environnement et de la distribution des savoirs entre de nombreux acteurs,
les pouvoirs publics n’ont plus les moyens, ni les connaissances suffisantes,
pour construire unilatéralement un cadre réglementaire.
Dès lors, il ne s’agit plus tant pour eux de négocier
avec les industriels, que de construire une coopération dynamique
autour d’un projet d’innovation, c’est-à-dire de mobiliser les acteurs
autour de contrats révisables et de dispositifs de pilotage adéquats.
Cela passe, à la fois, par une activité de terrain continue
visant à mieux coller aux exigences d’un processus en cours et,
en complément, par un effort accru de prospective visant à
éviter les travers de politiques sectorielles mal coordonnées
et potentiellement contradictoires.
Organisations prosaïques et leaders héroïques
Par James G. MARCH
Professeur émérite – Université
de Stanford
Traduction de Thierry WEIL
Ce texte est la traduction d’un discours fait par James G. March à
la " Conferencia sobre Administracion Universitaria " de Mexico en 1982.
Le style est celui d’un exposé oral et non d’un article écrit,
mais il s’agit, avec son article " Footnote to Organizational Change "
(1),
d’un des rares textes où J.G. March expose sa conception de l'efficacité
des organisations reposant sur des procédures efficaces et non sur
des dirigeants exceptionnels(2).
J.G. March s’inscrit ici dans la lignée d’Alfred Sloan, qui
voulait qu’un empire comme General Motors puisse prospérer avec
des dirigeants consciencieux gérant le fonctionnement d’une organisation
bien structurée au moyen de procédures efficaces. Il s’oppose
à une littérature attribuant le succès des entreprises
florissantes à la présence à leur tête de leaders
charismatiques, au discernement et à la force d’entraînement
exceptionnels, sur lesquels les candidats au succès sont invités
à prendre exemple.
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A propos du double ouvrage : " La démarche gestionnaire à
l’hôpital – Tome I –
Recherche sur la gestion interne " de Jean-Claude Moisdon et Dominique
Tonneau
Paris, Seli Arslan, 1999.
Et " La démarche gestionnaire à l’hôpital – Tome
II – La régulation du système hospitalier.
Le PMSI " de François Engel, Frédéric Kletz,
Jean-Claude Moisdon et Dominique Tonneau
Paris, Seli ARSLAN, 2000.
Par Michel DEVIGNE,
Centre de Sociologie des Organisations
Dans un projet, tout peut se négocier !
A propos du livre de Thierry PICQ : " Manager une équipe projet
"
Dunod, 1999, 225 p.
Par Vincent MANGEMATIN,
INRA – Université Pierre Mendès-France,
Grenoble II
L’homme à l’échine pliée
A propos de l’ouvrage publié sous la direction d’Ingrid Brunstein
: " L’homme à l’échine pliée :
réflexions sur le stress professionnel "
Desclée De Brouwer, 1999, 205 p.
Par Vincent CALVEZ,
Professeur de stratégie, ESSCA Angers
et Alain GUENETTE
HEC – Lausanne
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La gestion des ressources humaines inemployées
Entre manipulation et aide
Par Sophie DIVAY
Université de Rouen – GRIS
Les chercheurs d’emploi ne sont pas abandonnés à leur
sort puisque conseils et assistance leur sont spécialement prodigués
par différentes institutions. De telles initiatives n’attirent pas
l’attention et sont souvent jugées anodines. Cet article démasque
cette apparente insignifiance et éclaire ces pratiques de normalisation
des comportements.
Pour s’exercer, un tel processus de manipulation suppose le recours
à une panoplie de technologies sociales qui ne s’appliquent pas
sans souffrance.
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Retour sur un itinéraire intellectuel
Entretien avec HERBERT A. SIMON
Prix nobel d’Economie 1978
ené par Alain GUENETTE
Université de Lausanne, Ecole des HEC
et Vincent CALVEZ
Professeur de Stratégie, ESSCA, Angers.
Abondamment cité pour ses travaux relatifs au processus de prise
de décision à l’intérieur des organisations, Herbert
A. Simon – lauréat du prix Nobel de sciences économiques
en 1978 – est un auteur difficilement classable. Ses apports sont, en effet,
reconnus dans de nombreux domaines : psychologie, science politique, mathématiques
appliquées, sciences économiques(1). Il est, en outre, un
des pères de l’intelligence artificielle. Herbert Simon a critiqué
le postulat de rationalité économique, dit de l’ "homo oeconomicus
" et l’idée d’optimisation que ledit postulat induit. Prenant en
compte les limites cognitives inhérentes à la psychologie
humaine, il a proposé un principe de rationalité connu en
français sous le nom de " rationalité limitée ", inspiré
de l’anglais : " bounded rationality ".
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Création de valeur et politiques de rémunération
Enjeux et pratiques*
Par Nicolas MOTTIS
ESSEC & Laboratoire d’Econométrie de l’Ecole
polytechnique
et Jean-Pierre PONSSARD
Laboratoire d’Econométrie de l’Ecole polytechnique
Cet article présente les résultats d’une enquête menée auprès d’entreprises françaises et américaines sur la mise en œuvre des nouveaux instruments de mesure de la performance (TSR, EVA…) et plus particulièrement sur leur utilisation dans les politiques de rémunération à différents niveaux de l’organisation. La comparaison avec les USA est particulièrement instructive, compte tenu du faible nombre d’entreprises françaises engagées dans des actions aussi radicales.
*Ce travail a bénéficié du soutien financier de la FNEGE et du CERESSEC