n°41 - Janvier 2006
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par
François Valérian
Rédacteur en chef des Annales des
Mines
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DU LOCAL AU GLOBAL : LA MONDIALISATION DE LA SANTE ENVIRONNEMENTALE
par William Dab
Président du
Comité européen sur la santé environnementale
de l'Organisation mondiale de la
santé
Longtemps la
santé environnementale est restée ignorée dans
notre pays. Si, aujourd’hui, un véritable dispositif de
sécurité sanitaire a
été bâti, si de nouvelles méthodes
permettent de faire progresser la
prévention, tous les problèmes sont-ils pour autant
résolus ? Ce n’est
malheureusement pas le cas car la mondialisation a, là aussi,
changé la
donne : de relativement locales les crises sont devenues totales,
avec
l’incertitude et l’universalité pour commun dénominateur.
Pour y répondre, la
recherche déjà se mondialise. A quand une gouvernance
mondiale des risques ?
Bilan et perspectives
Cinq années de
recherches, 109 projets sélectionnés, le
bilan de la première phase du Programme de recherche
environnement et santé,
lancé en 1996 pour stimuler la production de savoirs sur les
risques sanitaires
liés à notre environnement, atteste d’un potentiel de
recherche de qualité. Un
potentiel dont témoignent ici les « éditoriaux
invités » de 3 grands
spécialistes des thèmes traités – eau, cancer,
reproduction et environnement.
Aujourd’hui, l’effort de recherche se poursuit sous la conduite de
l’Afsset qui
anime le programme, avec pour mission de fournir au gouvernement
l’expertise et
l’appui scientifique nécessaires à l’élaboration
de politiques publiques en
matière de sécurité sanitaire. En
sélectionnant les priorités et en
s’inscrivant dans la durée.
par le Professeur Philippe Hartemann
Université de Nancy,
Membre du Conseil
Scientifique du programme de recherche
Environnement & Santé
1,5 milliard de
personnes dans le monde encore privées d'eau
potable et une situation encore fragile y compris dans les pays
industrialisés.
D’où l’importance des enjeux liés au progrès des
connaissances. Les pollutions
majeures, les principales pathologies, les développements
méthodologiques en
matière d’évaluation des risques.
par Sylvaine Cordier
Inserm, Rennes,
Présidente du Conseil
Scientifique du programme de recherche
Environnement & Santé
Notre environnement a,
selon toute vraisemblance, sa part de
responsabilité dans les altérations de la reproduction
comme dans celles du
développement de l’enfant. Des hypothèses mais trop peu
de preuves encore, malgré
les systèmes de surveillance et en raison de la
difficulté à conduire des
études épidémiologiques dans ce champ.
C’est à
présent une certitude, l’origine des cancers
peut être génétique et environnementale. Pour
autant, les contributions
respectives de ces deux types de facteurs ne sont pas simples à
déterminer et
une séparation trop tranchée entre mécanismes
génétiques et environnementaux
apparaît aujourd’hui abusivement réductrice.
par Denis Zmirou-Navier
Professeur de
santé publique à la Faculté de médecine,
université Henri-Poincaré-Nancy
Premier responsable de
décès prématurés, le cancer a vu son
incidence augmenter de 35% ces 20 dernières années.
Quelle est dans cette
évolution, la part de responsabilité des facteurs
environnementaux et comment
l’apprécier ? Mais au-delà des chiffres - le facteur
environnement reste
très inférieur au regard des comportements malsains ou
imprudents même si les
progrès des connaissances ont conduit à
réévaluer les estimations - compte
aussi l’acceptabilité sociale du risque dans une population
légitimement plus
exigeante et mieux informée. D’où la
nécessité pour les pouvoirs publics de
poursuivre l’effort pour maîtriser ces menaces en agissant
à la source. C’est
tout l’enjeu des programmes européens EPR et Reach.
Pollution
atmosphérique, incinération des déchets , accident
à l’usine AZF de Toulouse : quel risque sanitaire ?
Comment
l’estimer, le surveiller et évaluer les politiques
destinées à le
réduire ? C’est à quoi s’emploie la démarche
de veille sanitaire, à l’aide
de deux types d’outils imbriqués et complémentaires,
l’épidémiologie et
l’évaluation des risques. Car si le risque lié à
une exposition
environnementale est, le plus souvent, faible, l’impact lui peut
être
considérable par le nombre d’individus soumis à la menace.
RISQUES POUR LA SANTE, RISQUES POUR LES ECOSYSTEMES :
QUELS POINTS COMMUNS ET QUELLES DIFFERENCES ?
par Eric Vindimian
chef du service de la
recherche et de la prospective D4E
Ministère de l'Ecologie et du
Développement durable
L’évaluation
des risques environnementaux nécessite la
constitution d’un corpus de savoirs et de méthodes commun
à plusieurs
disciplines. Plus que jamais, recherche sur l’écosystème
et recherche sur les
impacts sanitaires doivent être liées, et se
féconder mutuellement.
par Denis Couvet, Olivier Dehorter,
Pierre-Yves Henry, Frédéric
Jiguet, Romain Julliard
Les maladies
infectieuses et leur contrôle font l’objet
d’une attention croissante, ne serait-ce qu’en raison des enjeux
économiques à
la clé. Dans ce contexte, que peut nous apprendre
l’écologie, et notamment
l’étude des interactions entre populations humaines et
pathogènes ? Qu’un
des grands enjeux à venir dans la gestion des
éco-systèmes sera le maintien
d’une diversité suffisante à contenir vecteurs et
hôtes des maladies. Et qu’à
l’heure de la mondialisation l’objectif exigera des politiques communes.
PRIVATISATION PARTIELLE D’EDF ET LUTTE CONTRE L’EFFET DE SERRE
par Henri Prévot
Ingénieur
général des Mines
Même en
situation de concurrence, la logique de marché
pourrait pousser les prix de l’électricité à un
niveau
très supérieur au prix de
revient de l’électricité nucléaire. La lutte
contre l’effet de serre s’en trouverait
sérieusement entravée. Et l’Etat se devrait d’utiliser
les
moyens qui lui
appartiennent pour canaliser le jeu de la concurrence.
PHYSIQUE DE LA RUPTURE ET PREDICTION DES SEISMES
par Pascal Bernard
Institut de physique du globe
de Paris
Après deux
échecs marquants en 2004, faut-il désespérer de la
prédiction sismique ? Diagnostiquer la sismicité
d’une région, la rupture
prochaine d’une faille ou ses effets destructeurs, les sismologues ont
pourtant
beaucoup progressé qui associent compréhension,
modélisation et observation du
processus. Mais s’il reste à faire pour rendre les
modèles exploitables et
prédictifs pour les moyen et long termes, c’est surtout
côté observations que
le bât blesse désormais. D’où le colossal effort
d’instrumentation en cours qui
permettra de combler le retard.
QUE DEVONS-NOUS AUX GENERATIONS FUTURES ?
par Benjamin Huteau
et Jean-Yves Larraufie
Ingénieurs
élèves à l'Ecole des Mines de Paris
Depuis quelques
décennies nos conceptions du temps ont
radicalement changé, le paysage a basculé,
l’héritage s’est vu contesté, ce que
nous lèguerons à nos enfants est devenu souci et peu
à peu s’est imposée l’idée
de devoirs envers les générations futures. Pourquoi? Pour
répondre à la
question, trois théories éthiques qui proposent un
fondement à ces devoirs d’un
nouveau type et des maximes pour l’action. Difficilement
conciliables,
encore impossibles à mettre en pratique ces théories
peuvent cependant aider à
s’orienter dans le brouillard moral et à démasquer les
contradictions.
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