LES ANNALES DES MINES
REALITES INDUSTRIELLES - février 2006


LES PÔLES DE COMPETITIVITE
    NOUVEAU MAILLAGE  DES TERRITOIRES


EDITORIAL

par François Valérian
Rédacteur en chef des Annales des Mines

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AVANT-PROPOS
par François LOOS
Ministre délégué à l'Industrie

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Une démarche globale
 
REMETTRE L’EUROPE SUR LES RAILS DE LA CROISSANCE
ET DE L’EMPLOI : LES ENJEUX DE LA STRATEGIE DE LISBONNE

par Günter Verheugen
Vice-Président de la Commission européenne

La croissance potentielle de l'UE-25 est passée de 2,3 à 2 % en l'espace de cinq ans, éloignant chaque jour un peu plus la crédibilité de l'objectif de 3 % fixé en 2000. Croissance et emploi constituent donc l'objectif central de la relance de la stratégie de Lisbonne en mars 2005. Pour assurer sa mise en œuvre, la Commission a proposé une nouvelle approche, invitant les Etats membres à entrer dans un partenariat formel avec la Communauté. Cette notion de partenariat constitue le point de rencontre entre la stratégie de Lisbonne et les pôles de compétitivité que la France vient de lancer. Dialogue, fertilisation croisée et méthode contractuelle constituent les fondements d’une future croissance européenne.

 

PÔLES DE COMPETITIVITE : DES ACCELERATEURS D’INNOVATION

par Daniel Darmon
Conseiller spécial du Délégué interministériel
à l'Aménagement et à la Compétitivité des Territoires

Renforcer les moteurs de la croissance, en créer de nouveaux, rompre avec une politique « ambulancière » d’aménagement et de développement en valorisant les atouts des territoires ont été les fondements de la politique des pôles de compétitivité lancée par la Datar à la fin de l’année 2002. En une année – d’octobre 2004 à octobre 2005 – les modalités administratives et financières ont été arrêtées Cette rapidité témoigne de la volonté de l’Etat de passer à l’acte dans un délai court. Elle montre aussi que, malgré la multiplicité des dispositifs et des procédures mis en œuvre par les différents ministères, agences et organismes, la conduite interministérielle de la politique des pôles est une nécessité.

 

DE LA DEFENSE AUX 67 PÔLES DE COMPETITIVITE :
REFLEXIONS SUR QUARANTE ANS DE CHOIX DE SITES

par François Valérian
Rédacteur en chef des Annales des Mines

Envisagées sur une quarantaine d’années, les politiques de choix de sites ont varié de façon considérable, s’adaptant aux secousses de l’environnement économique et épousant l’évolution du rôle de l’Etat. Le choix récent des 67 pôles de compétitivité semble renouer avec une logique qui ne vise plus seulement à la correction de déséquilibres, mais fait à nouveau le pari du développement économique international.

 

PÔLES DE COMPETITIVITE ET ATTRACTION DES INVESTISSEMENTS ETRANGERS

par Fabrice Hatem
Professeur associé à l'école de management de Normandie

Proches par leur origine, les politiques d’attractivité (1990) et celles des pôles de compétitivité (2005) le sont aussi par les formes d’action qu’elles mettent en œuvre : en rupture complète avec la philosophie centralisatrice et planificatrice qui prévalait dans les années 1960 et 1970. Si ces deux approches ont pour vocation de se compléter et de s’épauler mutuellement, leurs objectifs ne se rejoignent par nécessairement. Et leur mise en œuvre simultanée risque de se traduire par des conflits de compétence et des redondances structurelles qu’il faut dès maintenant anticiper.

 

LA CONTRIBUTION DE LA DEFENSE A L’INNOVATION INDUSTRIELLE :
EXEMPLE DE PLUSIEURS PÔLES DE COMPETITIVITE

par Jean-Pierre Aubert
Délégué interministériel aux restructurations de défense


Les pôles de compétitivité vont contribuer au maintien d’une base industrielle et technologique de défense et à la sécurité d’approvisionnement des forces armées. Le ministère de la Défense entend jouer un rôle actif dans certains pôles, en s’appuyant sur ses écoles, ses centres d’expertise et d’essais ainsi que sur les entreprises du secteur. Les pôles ont déjà un effet positif visible dans les territoires, mais il reste de nombreux problèmes à résoudre : risques de dysfonctionnement des structures de gouvernance, faiblesse des crédits d’étude disponibles au niveau interministériel, européanisation insuffisante des projets, faible participation des PME indépendantes ou besoins spécifiques en ressources humaines.

 

MARKETING POLITIQUE OU NOUVEL ELAN POUR L’INDUSTRIE FRANÇAISE ?
POINT DE VUE SUR  LE 1ER FORUM DES PÔLES DE COMPETITIVITE

par Jean-Paul Schaer
Président de X-Mines-Consult

Lors du premier forum des pôles de compétitivité, l’expérience de Sophia Antipolis, présentée en exemple pour engager les acteurs à partager leur expérience et à développer des coopérations, montre bien le temps qu’il faut pour développer un écosystème de croissance : il importe de créer d’abord le noyau dur du pôle, d’affirmer son identité et d’assurer son fonctionnement propre. Un pari dont le succès dépend de changements culturels en profondeur, difficiles à prévoir et peu visibles à court terme.

 

TROIS REPONSES REGIONALES A UN PROCESSUS NATIONAL

par Stéphanie Fen-Chong
Université Paris Dauphine
et Ecole des mines de Paris

Une analyse de la constitution d’une dizaine de pôles situés dans trois régions (Nord-Pas-de-Calais, Île-de-France et Midi-Pyrénées) montre que les régions n’ont pas adopté une conception commune du pôle de compétitivité, mais interprètent cette notion en fonction du contexte et de l’historique régional. Plus que de simples exécutants d’une politique publique nationale, elles développent des choix et des modalités d’intervention dans les projets, y consacrant des moyens financiers, logistiques et humains conséquents. Cette montée en puissance des régions sur la scène des pôles de compétitivité peut traduire une tendance au renforcement de leur position dans le système de recherche et d’innovation

 

 
Des élaborations collectives

 
SYSTEM@TIC PARIS-REGION

UN PÔLE DE COMPETITIVITE DE RANG MONDIAL POUR LES LOGICIELS

par Claire Tutenuit
Consultante en stratégie et organisation

Associant recherche publique et privée, le projet de pôle System@tic, situé sur les cinq départements de l’Essonne, des Yvelines, des Hauts-de-Seine, du Val-d’Oise et de Paris rassemble dès aujourd’hui 30 000 emplois. Il devrait permettre de donner un avantage compétitif aux industriels utilisateurs, français ou européens et de renforcer la place de la région Ile-de-France au niveau mondial dans le domaine du logiciel pour systèmes complexes. Si, toutefois, les difficultés de mise en place d’un dispositif de financement efficace peuvent être surmontées rapidement.

 

LES PÔLES DE COMPETITIVITE EN MIDI-PYRENEES

par Jean Daubigny
Préfet de région Midi-Pyrénées

La démarche de labellisation de pôles de compétitivité, lancée par le gouvernement fin 2004, ne pouvait que rencontrer un fort écho dans les nombreux milieux scientifiques et industriels de la région Midi-Pyrénées comme dans les collectivités et les services déconcentrés de l’Etat. Deux pôles ont été labellisés : le pôle Aéronautique - Espace - Systèmes intégrés et le pôle Cancer - Bio - Santé.

 

LE PÔLE « RISQUES ET VULNERABILITE DES TERRITOIRES »
DES EFFORTS COOPERATIFS DE MAITRISE DES ENJEUX SECURITAIRES
PAR LA SCIENCE ET LA TECHNOLOGIE

par Joël Chenet
Président du Pôle "Risques et vulnérabilités des territoires",
Directeur Observation et sciences, Alcatel Alenia Space
 et Alain Dangeard
Président directeur général de MEED SA,
Rapporteur du groupe de travail urbain du pôle "Risques"

Le pôle « risques et vulnérabilités des territoires » se situe dans les régions PACA et Languedoc-Roussillon, dont les territoires constituent un espace de référence englobant risques naturels et risques industriels et technologiques. Les thématiques du pôle sont structurées selon quatre grands axes associant des projets fédérateurs à vocation européenne et mondiale : les risques naturels, les risques industriels, les risques urbains ainsi que les systèmes intégrés et technologies transverses.

 

MINALOGIC : LE NOUVEAU DEFI DE L’ECOSYSTEME GRENOBLOIS

par Jean Therme
Directeur, CEA

Labellisé pôle de compétitivité de niveau mondial en juillet 2005, Minalogic s’inscrit dans le prolongement direct d’une dynamique grenobloise, qui s’est déjà concrétisée par la constitution de deux grands pôles d’innovation : Minatec et Nanobio. Le pôle dispose d’un atout considérable : la présence, aux côtés de la filière microélectronique (15 000 emplois), d’une très forte communauté d’acteurs du logiciel, implantée de longue date sur l’agglomération (10 000 emplois). Le rapprochement de ces deux communautés est au cœur du projet Minalogic qui ambitionne de doter l’industrie traditionnelle d’atouts compétitifs pour lutter, via l’innovation, contre la concurrence mondiale et contre les délocalisations.

 

LE PÔLE DE COMPETITIVITE « IMAGES ET RESEAUX »

par Hervé Rannou
ITEMS International

Grâce à son expertise dans les technologies des télécommunications, de l’électronique, de l’informatique et de l’audiovisuel, la Bretagne est leader dans le domaine « images et réseaux ».Tournée vers l’avenir, elle entend prendre de façon dynamique le virage de l’internationalisation, notamment en s’impliquant activement à la création d’un espace européen de la recherche. Pour revendiquer une place de dimension mondiale, le pôle se doit d’être à la fois créateur et intégrateur de technologies : comme le montre désormais de plus en plus la Chine, l’un ne peut aller aujourd’hui sans l’autre.

 

COSMETIC VALLEY, FRANCE :
PÔLE COSMETIQUE, DES SCIENCES, DE LA BEAUTE ET DU BIEN-ETRE

par Jean-Luc Ansel
Directeur de la Cosmetic Valley

Créée en 1994, en Eure-et-Loir, la Cosmetic Valley, regroupe près de 100 entreprises représentant tous les métiers de la filière parfums-cosmétiques.
A l’heure de la mondialisation, la notoriété d’un pôle de compétences, reconnu en France comme à l’étranger constitue un élément clé des stratégies de développement du département et de la région :
la Cosmetic Valley devient un pôle de compétitivité. Cette mutation présente toutefois de nombreux risques, car elle multiplie les acteurs.

 

PÔLES DE COMPETITIVITE ET RÔLE DES SERVICES DE L’ETAT EN REGION : L’EXEMPLE DU MIPI

par Jean-François Champigny
Chef du service Développement industriel
à la DRIRE Lorraine
Chargé de mission Economie - Entreprises au SGAR Lorraine

Le pôle lorrain « Matériaux innovants et produits intelligents » (MIPI) est un de ces grands dossiers qui ne préexistaient pas à l’appel à projets du 4 décembre 2004. Si la volonté forte exprimée par le gouvernement et l’annonce d’une enveloppe financière conséquente laissait présager d’un projet d’intérêt majeur, personne n’en voyait vraiment la consistance. En moins d’un an, l’action des pouvoirs publics a permis de créer les conditions de l’émergence du pôle qui associe de nombreux partenaires autour de projets de R&D de niveau international.

 

LE PÔLE FIBRES NATURELLES GRAND EST

par Flavie Najean
Comité d'aménagement, de promotion et d'expansion des Vosges (Capev)

La labellisation, en juillet 2005, du projet « Pôle de compétitivité Fibres naturelles Grand Est » confirme l’émergence d’une industrie des fibres cellulosiques au cœur d’un espace géographique qui comprend plus de 1200 entreprises employant plus de 50 000 personnes. Il s’agit de faire émerger une industrie nouvelle des fibres à partir des industries actuelles, papier-carton, bois, textile et composites, en créant des produits nouveaux à forte valeur ajoutée.

 

LE PÔLE NUCLEAIRE DE BOURGOGNE :
UN PÔLE DE COMPETITIVITE POUR LES MARCHES MONDIAUX DE L’ENERGIE

par Marc Benner
Délégué régional EDF en Bourgogne,
Vice-Président du Pôle nucléaire Bourgogne,
Président de Bourgogne-Développement

Le Pôle nucléaire bourguignon, labellisé pôle de compétitivité après une candidature construite en quelques semaines, a pour objectif de former une filière complète pour la fabrication des composants clés d’une centrale nucléaire et de faire de la Bourgogne un fer de lance mondial pour répondre au besoin croissant d’énergie. Il s’agit de marchés en plein renouveau après une période difficile entre 1999 et 2003. Aujourd’hui en Asie, et demain en Europe, le PNB a l’ambition d’être un acteur mondial de premier plan dans la production d’électricité à moindre coûts et sans émission, ni de CO2, ni de gaz à effet de serre.

 
 

Conclusion

 
LE RETOUR EN FORCE DES TERRITOIRES

par Claude Trink
Ingénieur général des Mines,
Président de Sofirem,
Directeur du développement territorial,
Charbonnages de France

Les pôles de compétitivité ont été immédiatement perçus comme un outil de développement économique local car ils permettent le rassemblement en faisceau des forces vives présentes sur un territoire. Cette mise en réseau des acteurs a été reconnue de longue date comme la clé du succès des stratégies de développement économique territorial, mises en œuvre par les agences territoriales de développement. La gouvernance des pôles de compétitivité devra veiller à entretenir dans la durée le climat de confiance dans lequel les participants peuvent élaborer leurs projets communs.

 

 


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