LES ANNALES DES MINES
REALITES INDUSTRIELLES - Mai 2008



LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ, PREMIER BILAN


EDITORIAL

par François Valérian
Rédacteur en chef des Annales des Mines

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LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ : ÉTAT DES LIEUX
ET PERSPECTIVES AU PRINTEMPS 2008

par Grégoire Postel-Vinay
Ingénieur général des Mines

La politique des pôles de compétitivité a créé une dynamique ; ses outils sont, bien sûr, perfectibles et adaptables. Mais pour réussir, les pôles ont avant tout besoin d’une continuité et d’une visibilité du soutien public qui accompagnent au mieux la définition et la mise en œuvre de leur stratégie propre.


Des expériences locales

 

LE PÔLE NUCLÉAIRE DE BOURGOGNE, OU L’ART DU DÉCALAGE

par Stéphanie Fen Chong
Doctorante, MLAB,
Université Paris-Dauphine et CERNA - ENSMP
et Frédérique Pallez
Professeur, CGS -ENSMP

Le positionnement relativement atypique du Pôle nucléaire Bourgogne semble être la conséquence directe de la doctrine qui a présidé au lancement des pôles de compétitivité : même si certains représentants des pouvoirs publics avaient un modèle plus normatif (ou plus sélectif) en tête, le choix a finalement été de proposer une « coquille institutionnelle », quitte, ensuite, à ce que les acteurs de terrain lui donnent vie en choisissant ses thématiques, son périmètre, ses partenaires, ses axes de travail… Le Pôle Nucléaire Bourgogne, né d’une initiative d’industriels du nucléaire, porte son patrimoine génétique dans son fonctionnement, ce qui le met parfois en décalage avec des modèles convenus, et au minimum suscite, localement, des débats.

 

LE NOUVEAU DYNAMISME INDUSTRIEL
DE LA REGION NORD-PAS DE CALAIS

par le professeur Francis Wallart
Ancien Délégué Régional à la Recherche et à la Technologie

En dépit de son histoire mono-industrielle, la région Nord- Pas de Calais a su mobiliser l’ensemble des acteurs pour redynamiser son économie autour de 6 pôles de compétitivité, concrétisant l’idée que l’innovation est au cœur du développement économique. Mais en matière d’innovation, il n’y a pas de solution miracle : il y a plutôt des états d’esprits, des acteurs différents, qu’il faut faire converger.

 

IMAGINOVE, UN PÔLE DE COMPÉTITIVITÉ GLOBALE

par Ludovic Noël
Directeur du pôle IMAGINOVE

Les pôles de compétitivité ont, en peu de temps, montré leur capacité à générer des dynamiques autour de leurs filières spécifiques respectives. La plupart d’entre eux sont en train de passer de la compétitivité technologique à la compétitivité globale des acteurs, en intégrant l’accompagnement tant de l’international que des nouvelles compétences. Pour autant, ces outils restent encore fragiles, et le soutien public doit se poursuivre, afin de leur permettre de passer à une nouvelle étape.

 

MINALOGIC ET L’ÉCOSYSTÈME ÉCONOMIQUE GRENOBLOIS

par Jean Therme
Directeur du CEA Grenoble, Directeur de la recherche technologique du CEA

Le pôle de compétitivité mondial Minalogic (Micro Nanotechnologies et Logiciel Grenoble-Isère Compétitivité) repose sur le mariage inédit de la microélectronique et les technologies logicielles. Partant d’un constat clair - seule l’innovation permettra de générer de nouvelles activités et des emplois industriels durables dans les pays occidentaux - il se propose d’apporter un avantage compétitif durable aux entreprises, grâce à la miniaturisation, à l’intelligence embarquée et à la connectivité. Le pôle s’adosse à l'écosystème grenoblois, reconnu depuis longtemps pour sa capacité à faire travailler ensemble, de manière féconde, recherche, formation et industrie, avec l’aide des acteurs publics et privés.

 

LES SOLUTIONS COMMUNICANTES SÉCURISÉES

par Céline Haouji
Master Professionnel « Valorisation de l’Information »
Université de Marseille III

Le Pôle SCS est naturellement tourné vers des partenariats nationaux et vers l’international, de par son positionnement stratégique, son ambition et sa structure dotée de grands industriels, de PME leaders dans leurs domaines respectifs et de laboratoires de recherche. Cette orientation est essentielle, car les produits issus des projets du Pôle sont destinés aux marchés mondiaux.


LA CONTRIBUTION D’UN CENTRE DE RECHERCHES APPLIQUÉES
A L’INNOVATION ET AU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE LOCAL :
 LE RÔLE DU PÔLE DE PLASTURGIE DE L’EST
(PPE)

par Claude Trink
Président
et Gilbert Pitance
Délégué général, PPE

Un centre de recherche peut jouer un rôle plus vaste que celui de promouvoir le progrès technique : il peut aussi jouer un rôle de proposition, d’animation et d’impulsion en faveur du développement économique local. C’est le cas du Pôle de Plasturgie de l’Est, qui s’appuie en particulier sur la forte tradition industrielle de la Moselle.

 

L’INTEGRATION D’UNE STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE
DANS LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ : L’EXEMPLE DE LA COSMETIC VALLEY

par Denis Chabault
Doctorant, IAE Tours - CERMAT

Créer un pôle de compétitivité, ce n’est pas seulement dynamiser une région. C’est aussi faire de ce pôle la vitrine d’un secteur industriel, en étant particulièrement perméable à toutes les attentes qui s’expriment vis-à-vis de ce secteur. La cosmétique est aujourd’hui confrontée à des préoccupations environnementales fortes, et à la revendication d’ONG actives. Le pôle Cosmetic Valley, dans la région Centre, fait en sorte de répondre à ces défis.

UN CLUSTER DYNAMIQUE POUR LES TIC DANS L’ONTARIO

par Allison Bramwell
Chercheuse associée au Centre d’études internationales de Munk,
et candidate doctorante à l’Université de Toronto

Des entreprises peu concurrentes entre elles et tournées vers le marché mondial, une université dont la recherche met l’accent sur les applications industrielles, des cursus d’études faisant alterner enseignement théorique et travail pour l’entreprise, voilà quelques-uns des facteurs du succès du cluster de nouvelles technologies à Waterloo, dans la province canadienne de l’Ontario.

 

Des regards transversaux.

 

LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ ET L’INTERVENTION
DES AGENCES DE F
INANCEMENT DE LA RECHERCHE
ET DE L’INNOVATION

par Jean-François Guthmann
Chef de la Mission « Financement de la Recherche et de l’Innovation »
Contrôle Général Economique et Financier
Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi

En même temps qu’était lancée en 2005 la démarche des pôles de compétitivité, le gouvernement modifiait substantiellement la cartographie des organismes concourant au financement de la recherche et de l’innovation, avec la mise en place de deux nouvelles agences (l’Agence Nationale de la Recherche [ANR] et l’Agence de l’Innovation Industrielle [AII]) et le rapprochement, sous une holding faîtière (l’établissement public à caractère industriel et commercial OSEO), de deux structures antérieurement distinctes, à savoir la Banque du Développement des PME [BDPME] (avec sa filiale SOFARIS) et l’Agence Nationale de Valorisation de la Recherche [ANVAR].
Au terme de trois années d’existence, un premier bilan peut être établi, faisant apparaître la place que ces agences ont prise dans le financement des projets labellisés par les pôles de compétitivité.

 

FORMATION ET PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ

par Claude Maury
Ingénieur général des Mines

En premier lieu, un constat qui étonne : la formation n’apparaît pas, au premier rang des préoccupations des pôles. Compétences et talents sont pourtant au cœur des pôles de compétitivité, qui doivent aussi développer leur dimension qualifiante.

 

L’OBSERVATOIRE DES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ

par Thierry Weil
Docteur en physique, Ingénieur général des Mines

L’observatoire des pôles de compétitivité a lancé un appel à propositions pour des articles et résultats de recherche concernant les pôles de compétitivité. Les textes sélectionnés sont publiés dans ce numéro. Nous remercions Thierry Weil et l’équipe de l’observatoire pour tout leur travail.

 

LES CLÉS DE SUCCÈS TIRÉES
DE LA COMPARAISON DE SEPT PÔLES INTERNATIONAUX

par Gabriela Miranda
Economiste au sein du Programme LEED de l’OCDE

A Grenoble comme dans d’autres pôles à dimension mondiale, le gouvernement, les collectivités locales et les autres acteurs (universités, entreprises privées) du pôle doivent poursuivre leurs efforts pour assurer leur insertion dans un maillage de confiance, et devenir de vrais partenaires économiques dans des projets internationaux. Confiance et collaboration sont les maîtres mots du devenir des pôles.

 

POLITIQUE COMPARATIVE DES PÔLES : EXEMPLES DU JAPON 
ET DE LA CORÉE DU SUD
ET RELATIONS PARTENARIALES
SECTORIELLES AVEC LES PÔLES FRANÇAIS

par Christian Vicenty
Direction générale des Entreprises
Ministère de l’Economie, de l’Industrie et d'e l'Emploi

Les modèles de polarisation innovante adoptés par le Japon et la Corée sont plutôt de nature exogène (développement volontariste «par le haut», avec des priorités clairement définies, dans un but affiché de compétitivité régionale sur les marchés internationaux), même si ces modèles sont, dans les faits, plus que compensés par l’initiative des innovateurs privés, prépondérante dans le financement de la R&D dans les deux pays.

 

PÔLES DE COMPETITIVITE
ET CENTRES DE TRANSFERT : COMMENT LES ARTICULER ?

par Philippe Lefebvre
CGS, Ecole des Mines de Paris / ParisTech

Tous les pôles de compétitivité ne relèvent pas des mêmes problématiques d’innovation : pour certains d’entre eux, composés essentiellement de PME,  la question du « transfert » (ou interface entreprise-recherche) et de son articulation au Pôle de compétitivité est centrale. Mais sur quoi, et  comment, réaliser cette articulation ? Les centres de transfert peuvent-ils rester inchangés, ou doivent-ils évoluer, et comment ? Le cas du Pôle Microtechniques, en Franche-Comté, exemplaire à certains égards, nous éclaire sur ces questions.

 

LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ : UN VRAI LEVIER
POUR L’INNOVATION DES PME
 ?

par Philippe Bassot, Cécile Ezvan et Julie Koeltz
CM International

Un certain nombre de pôles ont réussi à mobiliser les PME, mais des progrès restent à accomplir dans l’implication des entreprises au sein de la structure des pôles. Les pôles doivent développer en direction des entreprises une offre précise, en termes de compétences, de processus coopératifs, de positionnement sur les marchés et d’accès à des sources de financement.

 

LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ A L’HEURE DE L’ÉVALUATION :
QUEL MODÈLE DE « CLUSTER A LA FRANÇAISE 
» ?

par Julie Tixier,
Maître de Conférences, IAE de Tours
et Luciana Castro Gonçalves
Enseignant-chercheur à l’Université Paris-Est
Professeur à l’ESIEE Management

De par le caractère encore récent des pôles, une grille d’évaluation quantitative qui met l’accent uniquement sur des critères de performance peut ne pas refléter les réalités spécifiques de certains pôles. Une approche relationnelle, qui souligne l’antériorité et la nature des relations entre acteurs impliqués dans les pôles, paraît plus appropriée au stade actuel d’évolution de ces structures. Le facteur discriminant serait alors non pas la productivité du travail au sein des pôles, mais bien, plutôt, cette maîtrise de l’information et cette mobilisation d’un patrimoine cognitif collectif qui distinguent les régions françaises, par rapport à des sites concurrents.  

 

 Hors dossier

 

L’ISAE OU LE RAPPROCHEMENT DE DEUX GRANDES ECOLES D’INGENIEURS
AU CŒUR DU PROCESSUS D’INTERNATIONALISATION

par François Bouchet
Directeur adjoint de l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace (ISAE)

Fusionne-t-on deux écoles comme deux entreprises ? Des points communs existent : nécessité d’un plan d’action, économies d’échelle par des synergies, cultures distinctes à associer dans les respects des individus, sentiment d’appartenance à créer vis-à-vis de l’entité nouvelle. Nous sommes toutefois ici sur un marché particulier, celui de la formation, et un positionnement qui souhaite préserver son originalité dans le système français des grandes écoles.

 



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