n°82 Décembre 2005
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par Pascal LEFEBVRE
Secrétaire
général du Comité de rédaction
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DEBAT PUBLIC ET EXPERTISE : ENTRE RATIONALITE ET LEGITIMITE
par
Sébastien DAMART et Bernard ROY
Université
Paris-Dauphine
L’évolution
des contextes décisionnels liés aux
infrastructures de transport est telle que, désormais, le
décideur public est
constamment soumis aux exigences de deux catégories de
préoccupations :
rationaliser l’utilisation des ressources publiques et faire des choix
acceptables du point de vue de la collectivité des acteurs
parties prenantes.
Plus généralement, ce sont les rapports entre les
exigences de rationalité que
les acteurs aimeraient voir attachées à tout processus de
décision, d’une part,
et les exigences de légitimité de fait, liées
à tout processus collectif, d’autre
part, qui sont questionnés. Tenter de satisfaire ces deux
exigences, c’est essayer
d’articuler plus étroitement évaluation et débat.
Ce couplage est aujourd’hui
amélioré, en particulier grâce à la
procédure d’enquête publique préalable et
au rôle de la Commission Nationale du Débat Public. Pour
les auteurs, la
poursuite de cette amélioration passe également par le
renouvellement de
l’instrumentation de l’évaluation socio-économique et par
une meilleure pratique
du calcul économique.
GLOBALISATION ET EMPLOI
par Amélie SEIGNOUR et Florence
PALPACUER
Enseignants-Chercheurs en
Sciences de Gestion, ERFI
Université de Montpellier II
Les doubles stratégies de globalisation et
de création de
valeur actionnariale conduisent les multinationales du secteur
agro-alimentaire
à adopter des modes convergents d’organisation du travail et de
gestion de
l’emploi. Globalisation des grandes fonctions de l’entreprise,
montée en
puissance du contrôle de gestion, centralisation et
dépersonnalisation d’une
gestion des ressources humaines duale, remise en question du compromis
social
fordien : tels sont les nouveaux modes de gestion du travail des
grandes
firmes agro-alimentaires en Europe.
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LES SYNERGIES ILLUSOIRES DANS LES
FUSIONS ET
ACQUISITIONS
Autopsie du Théranostique chez
BioMérieux - Pierre Fabre
par Philippe MONIN et Eero VAARA
Professeurs,
Unité Pédagogique et de Recherche Stratégie et
Organisation,
E.M. Lyon
Les fusions et acquisitions (F&A) sont
souvent motivées
par des effets synergiques escomptés. Les spécialistes
des fusions et
acquisitions, tant académiques que professionnels, admettent
pourtant que les
premières idées et justifications relatives aux synergies
s’avèrent souvent
irréalistes, voire illusoires : ils comprennent mal les
processus à leur
origine, et leur ’évolution dans le temps. Appliquée au
cas particulièrement
révélateur de la fusion, annoncée en septembre
2000, entre les compétences thérapeutiques
de Pierre Fabre et les compétences diagnostiques de
BioMérieux (d’où le concept
de ‘théranostique’ inventé pour nommer cette combinaison
entre les deux groupes
pharmaceutiques), puis de la séparation de ces mêmes
entreprises en juin 2002,
la théorie de la construction sociale des synergies
proposée ici permet
d’identifier, dans le processus de construction sociale des synergies,
quatre phases
que les auteurs considèrent caractéristiques des fusions
et acquisitions
contemporaines.
par Denis BAYON
Chargé d'étude,
Institut des Sciences de l'Homme, Lyon
et Thierry KIRAT
CNRS, IRIS-CREDEP
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FRANÇOIS LE FATALISTE
LA SOCIETE DE L’AUDIT ?
A propos du livre de Michael Power, La société de l’audit.
L’obsession du contrôle,
collection Entreprise &
Société, éditions de la
Découverte, Paris, 2005, 305 pages.
Traduit de l’anglais par Armelle Lebrun.
par Carlos RAMIREZ
Département
Comptabilité-Contrôle, Groupe HEC
A PROPOS D’UN OBJET DE MANAGEMENT
EN VOIE
D’EMERGENCE :
LE DEVELOPPEMENT DURABLE.
A propos du livre de Franck Aggeri, Eric
Pezet, Christophe
Abrassart et Aurélien Acquier,
« Organiser le
développement durable,
Expériences des entreprises pionnières
et formation de règles
d’action
collective »,
Paris, Vuibert, 2005.
par Michel VILLETTE
ENSIA
Question à Christian Morel
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EDISON CONTRE WESTINGHOUSE : LA PREMIERE BATAILLE MODERNE
POUR UN STANDARD INDUSTRIEL ?
par Pascal CORBEL
Université de
Versailles Saint-Quentin en Yvelines
A la fin du XIXème siècle
émergeait une nouvelle énergie,
l’électricité, qui allait contribuer à modifier en
profondeur tant l’activité
économique que la vie quotidienne, constituant l’un des
éléments fondamentaux
du système technique au sens de B. Gille [1978] sur le point de
succéder au
système fer–vapeur-charbon. Cette nouvelle énergie allait
vite devenir un enjeu
économique considérable. Celui qui parviendrait à
imposer sa conception de ce
que serait le réseau de production et de distribution de
l’électricité pourrait
s’y positionner de manière privilégiée. Deux
grands noms de l’industrie
américaine allaient s’affronter dans ce qui ressemble fort
à la première grande
bataille moderne pour un standard industriel, avec des armes qui ne
sont pas si
différentes de celles qui sont utilisées dans les guerres
technologiques
d’aujourd’hui.
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QUAND LA FRANCE DECOUVRE L’AUDIT
Entretien avec Edouard Salustro
Mené par Bernard COLASSE
Paris IX Dauphine,
DRM-CREFIGE
et Francis PAVE
CSO-ENPC
En 1964, Edouard
Salustro fonde un cabinet
d’expertise-comptable qui deviendra l’un des plus importants cabinets
franco-français. Très impliqué dans les
institutions de sa profession, il sera,
de 1979 à 1982, le président de l’Ordre des
experts-comptables. A travers cet
entretien, c’est l’histoire récente de la profession comptable
française que
l’on découvre. A la fin des Trente Glorieuses, dans un contexte
juridique et
économique nouveau, émerge un nouveau métier,
celui d’auditeur. De nouveaux
acteurs apparaissent alors : les « big »
anglo-saxons, qui
dominent aujourd’hui la scène comptable. Seuls quelques
cabinets, comme ceux
d’Edouard Salustro et de Robert Mazars feront front.