n°69 Septembre 2002
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par Pascal LEFEBVRE
Secrétaire général
du Comité de rédaction
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AXA, UNE CROISSANCE EXPONENTIELLE (1975-1999)
Entretien avec Claude BÉBÉAR
mené par Michel VILLETTE, ENSIA
Le parcours de Claude Bébéar
est fait d’une succession de batailles, conduites dans un style quasi-napoléonien.
La première est une lutte de succession. Elle passe par l'organisation
d'un putsch des cadres contre le successeur désigné et aboutit
à la prise, par Claude Bébéar, des Anciennes Mutuelles
de Rouen, une petite compagnie qui n'est, en 1975, que la vingt-quatrième
compagnie d'assurance française, avec moins de 1% des parts du marché
de l'assurance. Huit grandes opérations de fusion et acquisition
et vingt-quatre ans plus tard, AXA est le Numéro Un mondial de l'assurance,
avec 74,8 milliards d'Euros de chiffre d'affaires et 910 milliards d'Euros
d'actifs gérés en 1999.
Comment expliquer cette croissance exponentielle,
alternance d'acquisitions et de mises en valeur d'entreprises ?. Nous répondrons
ici en suivant une démarche centrée sur l'analyse critique
du récit des événements fait par celui qui est le
mieux placé pour les connaître : Claude Bébéar
lui-même.
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LES CARACTÉRISTIQUES DE LA MAIN
D’ŒUVRE DANS LES SSII
EN ALLEMAGNE, EN FRANCE ET AUX PAYS-BAS
par Christophe BARET
et Christophe EVERAERE
Université Jean
Moulin Lyon III - Centre de recherche de l'IAE de Lyon
Cet article présente une partie
des résultats d’une recherche internationale destinée à
étudier l’évolution des formes d’emploi et de travail dans
les sociétés de services informatiques et met en évidence
les traits communs de la GRH et de la main-d’œuvre dans les trois pays
évoqués. Les auteurs évoquent également les
différences liées, selon eux, à trois facteurs : le
pays, la taille de l’entreprise et le type d’activité, ainsi que
les raisons de la faible féminisation de la main-d’œuvre et
la manière dont certaines entreprises s’efforcent d’y remédier.
Enfin, ils soulignent la forte spécificité individuelle des
compétences et ses conséquences sur les pratiques de gestion
de la main-d’œuvre.
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CORPORATE GOVERNANCE ET EMPLOI : LES ATTENTES DES MARCHÉS FINANCIERS
par Tristan BOYER
Forum
Le rôle des marchés financiers
(particulièrement celui des fonds de pension) dans le financement
des entreprises n’a cessé de croître depuis les années
80. Les licenciements qui ont marqué ces dernières années
sont dès lors apparus comme liés à ces derniers, notamment
à travers l’exigence de rendement à court terme des actions
que les dirigeants d’entreprise attribuent aux fonds de pension et aux
principes de gestion issus de la Corporate Governance. Cette interprétation
est démentie par de nombreuses études d’événements
(concernant les marchés financiers nord-américains et français)
qui analysent le lien entre annonce de réduction d’effectif et cours
de l’action. D’autres études montrent que, sur le plan économique
et social, les licenciements ne sont pas annonciateurs d’une amélioration
de la situation économique de l’entreprise, pas plus que du cours
de son action. Enfin, l’étude des critères de la décision
des investisseurs financiers montre une complexité et une finesse
d’analyse qui contredit l’automaticité du lien entre les licenciements
et l’appréciation du cours de l’action.
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2300 ANS AVANT LA GESTION
par Jean-Louis PEAUCELLE
Ecole Supérieure
de Commerce de Paris
En ce temps-là, les commerçants
n’étaient pas encore les rois du monde. Hermès, commis voyageur
des dieux, maître des arts et de la science des nombres, les protégeait
tout comme il protégeait les voleurs. Moneta était une déesse
qui n’avait pas encore fait de la Bourse son seul temple. Et les managers
n’étaient que des domestiques habiles à faire travailler
leurs frères en servitude pour le plus grand profit de maîtres
trop occupés à gérer les affaires du monde pour ce
soucier de choses aussi triviales. Aujourd’hui, les marchands, de pétrole
ou d’acier, dictent leur loi à l’univers, les voleurs siègent
au CA d’Enron et Hermès travaille chez Arthur Andersen... Et le
grand Pan est mort, disait Brassens...
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PEUT ON VRAIMENT EXPLIQUER LA RÉUSSITE D’IKEA PAR L’INNOVATION ?
À propos du livre de Bertil
TOREKULL :
Un design, un destin. La saga
IKEA
(Paris, Michel Lafon,
2000)
par Michel VILETTE,
ENSIA
ERRARE HUMANUM EST…
À propos du Livre de Christian
Morel :
Les Décisions absurdes,
sociologie des erreurs radicales et persistantes
(Paris, Gallimard, Bibliothèque
des sciences humaines, 2002)
par Dominique TONNEAU
Centre de Gestion Scientifique,
Ecole des Mines de Paris
LES OMBRES DU CAVALIERE
À propos du livre de d'Elio
Veltri et Marco Travaglio :
L'Odeur de l'argent (les origines
et les dessous de la fortune de Silvio Berlusconi)
(Paris, Fayard, 2001)
par Catherine VUILLERMOT
Université de
Franche-Comté
LES EMPLOYÉS ET LEUR BUREAU
À propos du livre de Delphine
GARDEY
La dactylographe et l'expéditionnaire.
Histoire des employés de bureau1890-1930
(Paris, Belin, 2002)
par Jean-Marc WELLER
Ecole Nationale des Ponts
et Chaussées
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MONOPOLE ET INNOVATION
LA DIFFICILE NAISSANCE DE L’ANFO
par Jacques CHATEL de
BRANCION
Président d'Honneur
de la SAEPC
La récente explosion de l’usine
AZF de Toulouse a attiré l’attention sur les éventuelles
possibilités d’explosion du nitrate d’ammonium. Réputées
jusqu’alors comme très faibles, elles ont été particulièrement
étudiées lors de l’invention de l’Ammonium-Nitrate-Fuel-Oil,
plus connu sous son acronyme : ANFO. Cet explosif industriel, constitué,
comme son nom l’indique, d'un mélange de nitrate d’ammonium et de
fuel oil, est actuellement employé partout dans le monde et représente
vraisemblablement 75 % de l’explosif industriel consommé à
ce jour. Il n’a cependant pas une très longue existence puisqu’il
est né le 10 juillet 1957 et que sa petite jeunesse a rencontré
bien des difficultés. Sa genèse et les péripéties
de sa jeune existence intéresseront non seulement les très
nombreux utilisateurs de ce produit, mais également tous ceux de
nos lecteurs qui étudient les rapports des innovateurs et de l’Administration.
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LE COMMIS VOYAGEUR : MORT D’UN MYTHE ?
RELECTURE DE LA PIECE D’ARTHUR MILLER
par Isabelle BARTH
Université Lyon
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Parce qu’elle véhicule les représentations
d’une société, les captant et les renvoyant, une œuvre littéraire
est un objet légitime de questionnement en gestion. Mort d’un Commis
Voyageur, pièce d’Arthur Miller, connaît, depuis sa création
en 1949, un énorme succès à travers le monde et Willy
Loman, le personnage central, est devenu à la fois l’archétype
du vendeur et le repoussoir d’une profession. Une analyse de la pièce,
ciblée sur la vision qu’elle porte du métier de vendeur permet
de mettre au jour six thèmes associés à la vente :
l’argent, la mobilité, la conquête, le client, l’apparence,
la motivation. Force est de constater leur permanence dans les représentations
sociales comme leur systématique remise en cause par les gestionnaires.
Une relecture de travaux en linguistique, en sociologie et du mythe d’Hermès
nous livrent quelques clés de compréhension mais ne nous
permet pas d’arbitrer cette confrontation entre le savoir du littérateur
et celui du gestionnaire.
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