LES ANNALES DES MINES – GERER ET COMPRENDRE
 

n°88 Juin 2007


EDITORIAL

par Pascal LEFEBVRE
Editorialiste


 L'EPREUVE DES FAITS

CULTURE ET RELATIONS DE POUVOIR :
UNE ANALYSE LONGITUDINALE DU GROUPE EADS

par Christoph BARMAYER
Maître de Conférences, IECS Strasbourg,
Université Robert Schuman - CESAG
et Ulrike MAYRHOFER
Professeur des Universités, Faculté des Affaires Internationales
Université du Havre et Professeur affiliée
Groupe ESC Rouen

 
L’équilibre des rapports de force résiste-t-il aux fusions internationales ? La création d’EADS, en 2000, symbolisait l’entente économique parfaite entre la France et l’Allemagne : direction bicéphale, parité actionnariale et principe de symétrie scrupuleusement respectés, tout était pensé pour assurer la pérennité de ce modèle d’équilibre européen. Six ans après, on ne peut que constater un véritable cafouillage dans cette conception fusionnelle de l’Europe. Quelles forces centrifuges ont fait exploser ce bel ensemble ? L’équilibre des rapports de pouvoir n’a pas résisté aux valeurs de référence de chacun des deux peuples. Et la dispersion géographique n’a fait que renforcer les modes de pensée « nationaux ».


LA MORT DE « MOBILIEN », OU L’INNOVATION AU RISQUE DE LA CONCERTATION

par Antonio GONZALEZ ALVAREZ
Docteur en Aménagement et Urbanisme
de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées,
Chercheur associé au Laboratoire Techniques,
Territoires et Sociétés  (CNRS, ENPC, Université de Marne-La-Vallée)


Cet article aurait pu s’intituler : « Leçon à l’usage de ceux qui veulent faire passer des idées publiques innovantes ». C’est un véritable cours de stratégie que nous donne l’auteur dans sa présentation du succès puis de l’échec de Mobilien, projet qui consistait à renforcer le réseau de bus en Ile-de-France : s’imposer dans un comité qui se révèlera essentiel, au nom d’un intérêt général supérieur, profiter d’un texte initial ambigu, coller à la vision du monde émergente : « la mobilité durable ». Oui, mais voilà, à ne pas vouloir intégrer des arguments des opposants (favorables à la voiture individuelle), à n’avoir pas fait participer des acteurs clé (les élus, les techniciens), mais surtout à ne pas s’être appuyé sur un pilotage de projet fort pour ne pas renoncer à certains objectifs de base, ce fut un échec. Innovation et concertation ne vont pas forcément ensemble, gouvernance et pilotage non plus : il faut savoir renoncer au consensus, mais dans le cadre d’une « démocratie représentative » !


 

AUTRES TEMPS, AUTRES LIEUX

 

LA SURVEILLANCE DES COMPTABLES EN FRANCE
(FIN DU XVIIIe SIECLE –ENTRE-DEUX-GUERRES) :
LE PASSE DUNE NECESSITE ILLUSOIRE

par Pierre LABARDIN
LOG (Laboratoire Orléanais de Gestion)
Université d'Orléans)


Que de chemin parcouru entre l’homme de confiance qu’était le comptable du XVIIIe siècle et l’homme très compétent, mais surveillé, qu’il devient dans les années 1920 ! La révolution industrielle du XIXe siècle est passée par là. Mais on aurait tort d’attribuer ce changement de statut à la seule logique économique. Au développement de la taille des entreprises ont correspondu un autre rapport social et une nouvelle façon de diriger. La comptabilité va sortir des attributions du patron, qui devra aussi contrôler ses comptables, car il ne leur fait plus confiance.

 

 REALITES MECONNUES


CANDIDE AU PAYS DES COMPTABLES :
 LES NORMES
IFRS RACONTEES A UN JEUNE

par Daniel GOUADAIN

Institut d'Administration des Entreprises, Université de Poitiers

 

Qu’est-ce qui permet, au niveau mondial, de rapprocher un besoin de financement d’une décision d’investissement ? Une même manière de compter. Et c’est là justement tout le problème. Est-ce que certains comptent mieux que les autres ? Est-ce que les critères des uns sont plus valables que les critères des autres ? Et si, finalement, les gagnants n’étaient pas ceux qui sont…les plus nombreux à compter de la même manière ? L’auteur, par le biais d’un dialogue entre un faux Candide et un vieux routier rend accessibles à chacun les grandes interrogations du monde de la comptabilité, les relations ambiguës entre l’Europe et les Etats-Unis, la domination de ces derniers, et les marges de liberté encore exploitables dans ce domaine.




MOSAIQUE


AUTOPORTRAIT D’UN HOMME D’AFFAIRES « IDEAL-TYPIQUE »

A propos du livre de Noël Goutard,
L’outsider, Chroniques d’un patron hors norme
, Village Mondial, 2005
par Michel VILLETTE
ENSIA

 

L’ECONOMIE, ENTRE SCIENCE ET INTERETS

A propos du livre de John K. Galbraith, Les mensonges de l’économie –
Vérité pour notre temps,
Grasset, 2004.
par Arnaud TONNELE
Consultant et coach
Cabinet Quaternaire

 

L’INCONSCIENT AU CŒUR DES ENTREPRISES FAMILIALES

A propos du livre de Jacques-Antoine Malarewicz, Affaires de famille –
Comment les entreprises familiales gèrent leur mutation et leur succession,

Village Mondial, 2006
par Christine BLONDEL
Directrice Exécutive du Centre International Wendel
pour l'Entreprise Familiale à l' INSEAD -
également intervenante auprès d'entreprises familiales



 L'EPREUVE DES FAITS

LA DEMARCHE COMPETENCES : UNE PRESCRIPTION FACULTATIVE ?

par Laurent PASCAIL
Enseignant chercheur à l'Ecole des Mines de Nantes


Des compétences mises en valeur pour le bien des salariés, telle était l’idée forte des approches compétences, lancées il y a une quinzaine d’années. Pas si simple, nous dit l’auteur qui a mené une enquête auprès de neuf entreprises, et qui revient sur les finalités et les résultats supposés de cette démarche. Des prescriptions nouvelles auraient émergé, des sphères non explorées auraient été prises en compte, la rationalisation des entreprises en aurait même été améliorée. Soit, nous dit l’auteur, mais, le système ne fonctionne que s’il est avant tout incitatif : la prescription doit être facultative et faire l’objet de délibérations ; elle doit se traduire concrètement par une valorisation du salarié, sans quoi la notion de responsabilisation risque de n’avoir aucune dimension positive pour le salarié qui voit, par ailleurs, se réduire son autonomie. L’entreprise achète, en quelque sorte, à l’employé son renoncement à une part d’autonomie et sa prise de responsabilité accrue.



EN QUÊTE DE THEORIES

LA METHODE TRIZ ET L’INNOVATION DANS LES PME

par Jean-Claude BOLDRINI
Professeur de génie mécanique, Docteur en en sciences de gestion
(IAE de Nantes, Polytech'Nantes, IUT QLIO Nantes)

 
Comment se fait-il qu’une méthode de créativité nommée TRIZ, inventée par un russe en pleine période stalinienne, soit désormais utilisée en France par des PME industrielles ? L’homme partait d’une idée tout à fait dans l’air du temps positiviste de l’époque, à savoir que, si on trouve des régularités dans les inventions, on peut en déduire des lois. Or, l’offre de produits nouveaux à haute valeur ajoutée représente aujourd’hui une part importante de la compétitivité des entreprises occidentales. On comprend donc mieux l’actualité de la méthode, les pouvoirs publics souhaitant encourager l’innovation et accompagner les entreprises dans cette démarche. Toutefois, il a fallu adapter, pour les PME, une méthode TRIZ conçue au départ pour de grandes entreprises, et dépasser son ambiguïté épistémologique pour vraiment renouveler la modélisation des processus de conception.




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