n°67 mars 2002
|
|
LA VIE DE START-UP
(S’) Investir dans les entreprises
innovantes
par Olivier MARTY
Doctorant - LATTS
L’avènement des nouvelles technologies
de l’information a entraîné le développement d’une
nouvelle économie et, en son sein, l’apparition d’entreprises d’avant-garde
: les start-up. Celles-ci se définissent par leur mode de financement
et par le pari qu’elles prennent sur une innovation. De ces deux aspects
fondamentaux découle une série de conséquences. En
amont, les entreprises voient leur logique de production perturbée
par une logique du financement basée sur un « capital confiance
» qu’il faut accumuler auprès des investisseurs, épreuve
bien différente de celles qui attendent la start-up lors de sa confrontation
au marché. En aval, l’innovation et l’inscription dans le court
terme obligent les start-up à maintenir une structure et des métiers
très évolutifs. Cette versatilité conduit à
l’émergence d’une culture de l’innovation et à la prégnance
de relations fusionnelles. Ces relations fusionnelles ne doivent cependant
pas masquer des jeux de pouvoir qui se fondent sur l’autorité charismatique
des leaders comme sur la maîtrise d’un certain nombre de compétences
techniques clefs. Si on rajoute à cela une population assez homogène
mais aux motivations hétérogènes, force est de constater
qu’elles constituent un univers clos ayant ses propres règles de
fonctionnement.
La constitution d’une offre de formation maîtrisée, traduisant des objectifs explicites, est l’un des signes majeurs de l’existence d’un établissement universitaire doté d’une stratégie et d’une capacité de décision, quelles que soient, par ailleurs, ses composantes disciplinaires. Ce qu’il est convenu d’appeler l’autonomie des établissements se mesure donc concrètement à l’aune de leur politique d’offre de formation. Or, si des évolutions sont sensibles, le diplôme et ses porteurs disposent d’une autonomie encore forte, seulement régulée à la marge. Même si la tension entre logique disciplinaire et logique d’établissement est intrinsèque au fonctionnement universitaire et peut, en elle-même, être féconde, on peut se poser la question des conditions d’un rééquilibrage à même de redonner sa juste place à l’établissement, dans un contexte de stagnation des effectifs et des moyens, et de concurrence croissante entre établissements, y compris demain à l’international.par Frédéric KLETZ
et Frédérique PALLEZ,
Centre de Gestion Scientifique, École des Mines de Paris
|
|
par Franck AGGERI et Blanche
SEGRESTIN
CGS, Ecole des mines
de Paris
La conception d’un nouveau véhicule
automobile est une activité stratégique qui consiste à
articuler, adapter et transformer différentes démarches,
dans un contexte particulier, par rapport à des cibles stratégiques
et en fonction de compétences distribuées - activité
beaucoup plus conflictuelle que ce que le discours managérial laisse
entendre. L’exemple du projet Laguna II est porteur d’enseignements importants
sur la façon dont les entreprises mettent en œuvre les démarches
managériales les plus récentes et sur la façon dont
on peut étudier, sur un plan méthodologique, le développement
de produit. De ce point de vue, au-delà des difficultés qui
ont pu survenir, on ne peut qu’être frappé par la réactivité
et la capacité d’interrogation de Renault, dont l’un des signes
les plus probants est la présence de chercheurs dotés d’une
capacité d’investigation élargie.
LES RESTRUCTURATIONS D'ENTREPRISES
De la rationalité économique
à la souffrance des hommes
par Maryse DUBOULOY
Professeur à l'ESSEC
et Claude FABRE
Maître de Conférences
à l'IUFM de Montpellier
La rationalité mathématique
sur laquelle s’appuient de nombreuses restructurations, fondées
sur des logiques essentiellement financières, montre que leurs implications
humaines sont souvent négligées ou sous-estimées,
voire déniées. Dans un contexte de changement douloureux
pour les hommes, une véritable prise en compte collective des aspects
émotionnels et affectifs de la réorganisation s’avère
désormais fondamentale. Dans ce contexte, la construction progressive
d’une véritable stratégie de réorganisation fondée
sur une démarche prévisionnelle de gestion des ressources
humaines, la mise en place d’un véritable accompagnement du changement
fondé sur l’écoute et le dialogue et la définition
d’un véritable projet sont certainement les conditions de la réussite
humaine et économique d’une restructuration.
|
|
par Claude RIVELINE,
Ecole des Mines de Paris
LES FORCES SOUTERRAINES DU MANAGEMENT
À propos du livre «
Délit de gestion », sous la direction de Salvatore Maugeri
Éditions La Dispute, 2001
par Daniel FIXARI
CGS, Ecole des Mines de Paris
LE RETOUR DU LONG TERME ?
À propos des livres de M.
Baghai, S. Coley & D. White, « The Alchemy of Growth »,
Perseus Publishing, Mai 2000
et de J.Mc Grath, F.
Kroeger, M. Tream & J. Rockenhaeuser, «The
Value Growers» Mc Graw Hill, 2001
par Dominique JACQUET
Université Paris X Nanterre
|
|
DU CONCEPT PUR AUX APPLICATIONS PRATIQUES
ET RETOUR
Les tribulations de l'Institut Henri
Poincaré
et de l'Institut de la Statistique
de l'Université de Paris
par Francis PAVE
Centre de Sociologie
des Organisations
LA MATHÉMATIQUE ET LE SOCIAL
Entretien avec Georges Th. Guilbaud
Mené par Bernard
COLASSE
Université Paris-Dauphine
et Francis PAVE
Centre de Sociologie
des Organisations
Dans les années d’après-guerre,
les Mathématiques appliquées pratiques vont connaître,
au sein de l’Institut Poincaré, un havre de création et de
développement et les conditions d'une diffusion exceptionnelle,
avant de s’épuiser au décours des années soixante.
Acteur de premier plan de cette aventure, le mathématicien Georges
Th. Guilbaud, inspiré par Condorcet, va, très tôt dans
son parcours, s'intéresser à l'usage des Mathématiques
dans les diverses sciences humaines, et à leurs applications aux
domaines de l’Économie et de la Gestion. Il sera au coeur des développements
de la Recherche opérationnelle en France.
Mené par Bernard
COLASSE
Université Paris-Dauphine
et Francis PAVE
Centre de Sociologie
des Organisations
À la fin de la Grande Guerre, Émile
Borel, l’un des plus grands mathématiciens de son époque,
est nommé sur la chaire de Calcul des probabilités et Physique
mathématique de l’Université de Paris. Alors qu’à
cette époque, il n'existe quasiment aucun enseignement de statistiques
et que l’idée même d’appliquer les mathématiques à
un quelconque champ concret suscite le mépris des « vrais
» mathématiciens, Borel est persuadé qu'en Économie
- dans l'Assurance, en particulier - une demande existe. De cette intuition
vont naître, en 1928, l’Institut Henri Poincaré - qui regroupe
alors l'ensemble des mathématiques parisiennes - puis, en son sein,
l'Institut de Statistiques de l'Université de Paris (ISUP). Durant
les trente années qui suivront, sous l’impulsion d’hommes remarquables,
l’ISUP sera à l'origine de l'introduction en France de l'enseignement
des statistiques et de leurs applications industrielles à la gestion
ou à la Recherche Opérationnelle.
|
|