n°71 Mars 2003
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par Pascal LEFEBVRE
Secrétaire général
du Comité de rédaction
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DE LA RECHERCHE EN GESTION AU MANAGEMENT
Entretien avec Bertrand Collomb, président du Groupe Lafarge
Comment passer trois décennies dans
une entreprise de matériaux de construction, sans se lasser, alors
que, jeune thésard formé à la Recherche Opérationnelle
dans les meilleures universités américaines, on semble plutôt
destiné à une brillante carrière académique
? Réponse : en en faisant le leader mondial de son secteur ! Et
pour cela, il faut savoir prendre du recul face à la tyrannie des
modèles et constamment se demander : « Qu’est-ce qui se passe
? Comment cela se lit-il ? Comment cela se décrit-il ? ».
C’est là, pour Bertrand Collomb, fondateur du CRG et désormais
président du Groupe Lafarge, la base d’une démarche scientifique
en gestion. Loin des dogmes, à l’écoute des faits et des
gens, sa démarche lui aura permis de concilier, au sein du groupe
qu’il dirige, l’efficacité de la taille et l’efficacité de
l’initiative locale.
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THÉORIE DES PROBABILITÉS
ET PRATIQUES INDUSTRIELLES
Les débuts difficiles du contrôle
statistique de qualité en France
par Denis Bayart,
Centre de recherche en
gestion - École polytechnique
Le terme de « révolution probabiliste
» recouvre un ensemble de méthodes, apparues dans les premières
années du XXe siècle dans les pays développés
et liées à la généralisation de la fabrication
industrielle en grandes séries. En France, le domaine de l’organisation
militaire et des industries d’armement a été un terrain d’expérimentation
particulièrement fécond pour le contrôle statistique
de la qualité. C'est ce domaine que deux artilleurs - le chef d’escadron
d’artillerie J.E. Estienne et M. Dumas, jeune ingénieur de l’artillerie
navale - ont défriché, parmi les tout premiers, en mobilisant
les outils et les modes de pensée du raisonnement probabiliste.
Il faut reconnaître à ces pionniers le mérite d'avoir
accompli un travail remarquable sur ces questions et cela, avec les moyens
théoriques relativement limités de leur époque.
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PARLEZ-VOUS ENGLISH OU GLOBISH ?
par Jean-Paul Nerrière
ancien vice-président
de Digital Equipment Europe,
directeur commercial
d’Automobiles Peugeot,
vice-président
d’IBM USA
Les Anglophones, qui ne représentent
que 11,3 % de l’humanité, sont fiers de parler English, la langue
supposée du village mondial. Les autres parlent un curieux sabir,
lointain cousin de l’English, que J. P. Nerrière appelle le Globish.
Les non-anglophones le pratiquent souvent avec aisance, alors que les anglophones
souffrent pour le parler et le comprendre. Ne serait-il alors pas temps
de reconnaître le Globish comme langue officielle du village mondial
? Cela libérerait les non-anglophones de leurs complexes et montrerait
aux anglophones tout le chemin qui leur reste à faire pour se faire
comprendre ? Ce serait aussi une belle chance de prospérité
du français…
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MONASTÈRES D’ANTAN ET ENTREPRISES
D’AUJOURD’HUI
La gestion des ressources humaines
à Cluny du Xe au XIIe siècle
par Jean Nizet
Universite Catholique
de Louvain
Au cours des XIe et XIIe siècles,
le monastère de Cluny va devenir le centre d’un ordre regroupant
plusieurs centaines de maisons réparties dans toute l’Europe et
comptant plusieurs milliers de moines. D’abord commandées par les
missions de l’organisation - prier pour les morts, prendre en charge les
pauvres et les malades, etc. - l’organisation de l’ordre, sous l’autorité
du tout-puissant abbé de Cluny, le sera bientôt davantage
par le contrôle des ressources - matérielles, financières,
humaines - nécessaires à sa croissance. Que l’on pose la
question des buts ou que l’on aborde d’autres problématiques comme
les structures ou les contrôles internes, des parallèles surprenants
peuvent être établis entre Cluny et des organisations contemporaines.
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UN TEMPLE DU DROIT
À propos du livre
de Bruno LATOUR
« La fabrique du
droit - Une ethnographie du Conseil d’État »
Édition La Découverte
2002
par Claude Riveline,
ENSMP
DANS LE SECRET DES COMITÉS DE DIRECTION
À propos du livre
de Nicolas Flamant
« Une anthropologie
des managers »
PUF, coll. Sciences sociales
et sociétés, Paris, 2002.
Prix « Ressources
Humaines » - 2003
par Hervé Laroche,
ESCP-EAP
AU PAYS DE L’ARGENT-ROI
À propos des livres
d’Émile Zola
« L’Argent »,
1891
et de Jean-Marie Messier
(avec Yves Messarovitch)
« Mon Vrai Journal
», 2002
par Dominique Jacquet,
Paris
X - Nanterre
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ÉCHANGES VIRTUELS : UNE QUESTION DE CONFIANCE
Débat animé
par Gérard Moatti, SOCIETAL,
et mis en forme par Jean-Paul
SCHAER.
Commerce électronique, transactions
à distance, trading : dans des domaines où la technique et
le droit ne peuvent, à eux seuls, garantir la sécurité
des échanges, la confiance devient une question centrale pour leur
développement. Mais comment celle-ci peut-elle se construire dans
un système d’échanges « virtuels » ? Qui en sont
les nouveaux acteurs ? Quels en sont le statut et la crédibilité
? En s’appuyant sur des expériences de milieux diversifiés,
peut-on dessiner une « architecture de confiance » favorable
au développement de ces échanges ?
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LE JUGE, L’ÉCONOMISTE ET L’ABONNÉ
Le cas de la tarification du dégroupage
de la boucle locale du réseau téléphonique
par Daniel Fixari,
CGS, École Nationale
Supérieure des Mines de Paris
Sur un dossier aussi important que celui
de l’ouverture à la concurrence (le dégroupage) de la partie
du réseau de France Telecom la plus proche de l’abonné (la
boucle locale), on pourrait croire que les économistes ont
pris le pouvoir en imposant leurs concepts théoriques, via un Bruxelles
tout acquis à ces derniers. Les choses apparaissent cependant nettement
plus complexes. Les autorités de régulation jouent certes
un rôle de juges, procédant à de minutieuses instructions
et confrontations de points de vue, mais de juges qui, à chaque
arbitrage, tiennent à souligner fortement que celui-ci est provisoire
et qu’il est rendu, compte tenu de l’urgence de l’action, avec une information
encore incomplète. Quelles sont alors les conséquences
de cet énorme travail pour l’abonné ? Et pour France Télécom
et ses concurrents ? Et pour la croissance économique ? L’histoire
n’est certainement pas terminée…
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