n°74 Décembre 2003
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par Pascal LEFEBVRE
Secrétaire général
du Comité de rédaction
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PETITS MONDES ET GLOBALISATION : UNE PERSPECTIVE COMPARATIVE
par Bruce KOGUT
INSEAD
et Gordon WALKER
Southern Medhodist University
La question de savoir qui possède
et qui contrôle les entreprises définit des dimensions de
l’économie étroitement liées au tissu social et politique
d’un pays. L’impact de la globalisation, perçu dans la plupart des
nations, reste pourtant très largement modéré par
les relations qui existent entre actionnaires, entreprises et gouvernements.
Pour de nombreuses décisions stratégiques majeures,
la gouvernance d’entreprise n’est ainsi pas mise en œuvre au travers du
conseil d’administration mais elle reste le fait d’un réseau d’actionnariat
national. Dans l’absolu, s'il n’est possible d’affirmer ni que les
systèmes traditionnels nationaux améliorent, ni qu’ils diminuent
le bien-être d’un pays, il y a peu de doute, en revanche, que les
réseaux d’actionnariat ont, dans certains pays, des incidences sur
les transformations structurales. Finalement, la globalisation reste encore
une affaire locale…
RESTRUCTURATION OU DÉSINTÉGRATION DU RÉSEAU DES FIRMES ALLEMANDES ?
par Bruce KOGUT
INSEAD
et Gordon WALKER
Southern Medhodist University
L’histoire allemande
récente témoigne d’une réduction des holdings d’institutions
financières, autrefois particulièrement présentes,
et suggère une tendance à la désintégration
du réseau allemand de propriété des entreprises et
à l’adoption d’un mode de gouvernance plus proche du système
anglo-saxon. Pourtant, la persistance de la structure d’ensemble du réseau
d’actionnariat suggère que la structure globale reste robuste. Quel
en serait alors l’intérêt ? L'analyse de petit monde menée
par les auteurs suggère une réponse fascinante : les banques
détenues par l’État et les gouvernements locaux continueraient
à exercer le contrôle par des participations croisées
bien structurées. Le capitalisme allemand n’est pas global. Il n’est
pas national. Il est régional.
QUAND LES RÉSEAUX RÉSISTENT
CRISE FINANCIERE ET PARTICIPATIONS
CROISEES
DES CHAEBOLS COREENS, 1996-2000
par Sea-Jin CHANG
School of Business, Koréa
University
et Dukjin CHANG
Department of sociology
seoul national university
Le cas coréen suggère que
ni la globalisation croissante des marchés financiers, ni même
la crise financière, n’induisent nécessairement une propriété
plus dispersée du capital et un système de gouvernance plus
transparent. Les réformes des chaebols provoquées par l’écroulement
de l’économie coréenne et exigées par le FMI et la
Banque Mondiale, témoignent des limites d’une restructuration des
entreprises initiée par des forces extérieures. Mais la concurrence
accrue, l’activisme des actionnaires et l’application stricte de la loi
sur le commerce équitable forcent les chaebols à se concentrer
sur leurs activités principales et rendent plus difficiles les participations
croisées. Pour des chaebols restructurés de cette façon,
le concept de "petit monde" prend alors tout son sens.
LA RÉSISTANCE DES PETITS MONDES
: RÉFORMES DES MARCHÉS
ET RÉSEAUX DE PARTICIPATION
EN ITALIE
Par Raffaele
CORRADO
Université de
Bologne
et Maurizio ZOLLO
INSEAD
En Italie, le développement
de normes plus saines de protection des petits actionnaires ainsi que la
limitation des accords de contrôle ont réduit le degré
de participation partagée et l’utilisation de blocs de contrôle
par les grands actionnaires. Ces réformes ont également scindé
les principaux groupes d’actionnaires en plusieurs réseaux de taille
plus restreinte. Toutefois, le changement significatif de la densité
du réseau des participations n’a pas affecté ses caractéristiques
d’ensemble : les liens avec les autres co-actionnaires demeurent
aussi " fermés " entre eux et aussi " proches " les uns des autres.
Ainsi, malgré l’accroissement massif de sa fragmentation,
le réseau des entreprises italiennes reste un " petit monde ", au
sens technique comme au sens pratique.
LE MONDE TOUJOURS PLUS PETIT DES GRANDES
ENTREPRISES AMÉRICAINES
PARTICIPATIONS COMMUNES ET LIENS DANS
LES CONSEILS
D’ADMINISTRATION (1990 – 2001)
par Gerald F. DAVIS
University of Michigan
Business School
et Mina YOO
Management and organization
department
Aux Etas-Unis, les réseaux des conseils
d’administration et des administrateurs étaient des petits mondes
en 1990 et le sont toujours en 2001, en dépit de grandes transformations
dans la composition des populations concernées, de conseils d’administration
plus restreints et de la propension beaucoup plus faible des entreprises
à partager des administrateurs.
Paradoxalement, au moment même où
la réforme de la gouvernance des entreprises devient une priorité
majeure de Washington et alors qu'un petit nombre d’investisseurs institutionnels
dispose de la taille et de l’influence potentielle pour faire appliquer
de telles réformes dans les entreprises de leur portefeuille, il
semble que la propriété de "petit monde" de ce réseau
soit restée imperméable aux changements d’environnement et
aux transformations conséquentes de la nature de la gouvernance
d’entreprise.
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LEÇONS D’UN ÉCHEC OUBLIÉ
À propos
du livre de Suzanne Berger :
" Notre première
mondialisation. Leçons d’un échec oublié ". Paris,
Seuil. (2003),
IL EST TROP TARD…
À propos
du documentaire intitulé :
" Lost in la Mancha ",
réalisé par Keith Fulton and Louis Pepe, 2002, Disponible
en DVD,
par Hervé LAROCHE
JE ME SOUVIENS.…
À propos du livre
de Jean-Michel SAUSSOIS :
" Itinéraire d’un
sociologue au travail ", Éditions L’Harmattan, Paris, 2002,
par Daniel FIXARI
professeur à l'Ecole
des mines de Paris
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DE LA SCIENCE DES AFFAIRES AUX SCIENCES
DE GESTION :
UN SIECLE DE TATONNEMENTS ?
par Marc NIKITIN
IAE, Université
d'Orléans
A la fin du XIXème siècle,
l’idée de rationalité s’installe dans des entreprises dont
la taille augmente, poussant ainsi à créer un savoir bénéficiant
du statut de science fondée sur le socle épistémologique
qui avait servi aux sciences dites exactes.
Malheureusement, la faiblesse de la réflexion
théorique dans les écoles de commerce et d’ingénieurs
de l’époque et le désintérêt de l’université
pour la science des affaires laissent le champ libre à la publication
de tous les excès..Les sciences de gestion, apparues depuis une
trentaine d’années, méritent-elles désormais davantage
la qualification de science ? Entre la science des affaires d’antan et
les sciences de gestion telles qu’elles se développent aujourd’hui,
y a-t-il un simple changement d’étiquette ou bien y a-t-il une véritable
solution de continuité ? L’évolution des dix dernières
années fait pencher l’auteur en faveur de cette seconde hypothèse.
POUR UNE HISTOIRE DE LA GESTION DE PROJET
par Gilles GAREL
Université de
Marne-La-Vallée
Cet article esquisse une trajectoire historique
de la gestion de projet en s’attachant à nommer et à caractériser
les grandes étapes et à comprendre les principaux leviers
de développement et de diffusion. L’histoire de la gestion de projet
est à la fois celle de pratiques peu - ou pas - institutionnalisées,
puis celle de pratiques institutionnalisées. Entre les deux, la
gestion de projet est devenue un modèle de management très
diffusé dans les organisations. Au final, pourtant, l’histoire de
la gestion de projet reste à écrire !
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