LES
ANNALES
DES MINES – GERER ET COMPRENDRE
n°78 Décembre
2004
Sommaire détaillé
par Pascal LEFEBVRE
Secrétaire
général
du Comité de rédaction
AGIR INTENTIONNELLEMENT CONTRE SES VALEURS
par Alain ANQUETIL
Centre de recherche en
Epistémologie Appliquée
Ecole Polytechnique
Lorsque
nous jugeons que nous devons accomplir
une action, nous pouvons dire, après l’avoir accomplie, qu’elle
était rationnelle. La faiblesse de la volonté, ou
akrasia,
décrit une action accomplie intentionnellement et
délibérément
à l’encontre de notre jugement, donc manifestement
irrationnelle.
L’akrasia a été invoquée pour rendre compte de cas
d’actions accomplies par des cadres confrontés à la
corruption
au sein de leur entreprise, accomplissant d’abord une action akratique,
c’est-à-dire contraire à ce qu’ils jugeaient
préférable
de faire, puis réalisant une action de direction opposée.
L’analyse de leur processus de décision a montré que leur
action akratique, quoique irrationnelle, leur permettait de retrouver
une
cohérence avec leur système de valeurs. En matière
de management, une telle situation est très
problématique,
d’autant qu’éviter l’akrasia semble moins dépendre de la
qualité de l’environnement professionnel que du caractère
de la personne.
L’HYBRIDITE DE LA THEORIE A LA
PRATIQUE
: GERER LA RECHERCHE
EN PARTENARIAT ENTRE L’ENTREPRISE
ET L’UNIVERSITE
par Chantale
MAILHOT et Anne MESNY
HEC Montréal
Le
financement de la recherche académique
par l’industrie ne risque-t-il pas de mettre en danger les normes qui
assurent
le bon fonctionnement de la science ? Posée de façon
aussi
abrupte la question peut choquer : n’assite-t-on pas, en effet et
partout
dans le monde, à une multiplication et une diversification des
partenariats
de recherche entre les entreprises et les universités ? Cette
coopération
n’est-elle pas suscitée, facilitée - voire imposée
- par des gouvernements soucieux de développer les
activités
de production, de traitement et de diffusion des connaissances dans ce
qu’il est désormais convenu d’appeler une «
économie
de la connaissance » ? Pourtant, au-delà des discours
célébrant
une nouvelle ère quant aux liens entre science et industrie,
l’hybridation
entre la logique de la science et la logique de l’industrie ne va pas
de
soi, en témoigne l’échec – tant du point de vue de
l’entreprise
impliquée que de celui des chercheurs universitaires – du
partenariat
étudié dans cet article.
DES BUREAUX REELS POUR UNE ENTREPRISE VIRTUELLE
par Véronique
MALLERET
Groupe HEC
A quoi
sert un bureau ? Question simple
mais à laquelle les nouvelles technologies de l’information
apportent
depuis quelques années des réponses inattendues, ouvrant
le champ à une dissociation possible entre le lieu de travail et
l’activité de travail elle-même. Le bureau, lieu
d’accomplissement
des tâches tertiaires, port d’attache du salarié de la fin
du XXème siècle, serait-il donc en train de
disparaître
? Pas si sûr !
L’analyse
de la démarche originale
et volontariste engagée par une entreprise de la "net
économie"
montre que c’est avec de la détermination et une vision claire
des
objectifs recherchés que les dirigeants de l’entreprise ont fait
de l’aménagement de leurs bureaux un formidable levier d’action,
en combinant perspective symbolique et perspective organisationnelle.
FANTASMES ET PHOBIES DANS LE DISCOURS EUROSCEPTIQUE ANGLAIS
par Romain LAUNAY
Ingénieur des Mines
En
annonçant le 20 avril dernier
son intention d’organiser un référendum sur le projet de
constitution européenne, Tony Blair a créé,
Outre-Manche,
un véritable séisme politique. Il faut dire qu’avec
seulement
seize pour cent de ses compatriotes se déclarant favorables au
texte,
le Premier ministre a pris un risque majeur. Interpellé sur les
motifs de sa décision, il a fait valoir le besoin d’un «
vrai
débat ouvert avec le peuple», destiné à
contrer
d’incessantes campagnes contre l’Europe, qui selon lui «
déforment
grossièrement » les termes du problème. A quoi
faisait-il
ainsi référence ? Qui sont les eurosceptiques anglais ?
PLANISPHERE DE LA PSYCHANALYSE
ORGANISATIONNELLE
A propos du livre de
Gilles
Arnaud : "Psychanalyse
et Organisations"
Paris, Editions Armand Colin, 2004
par Nora Ilona GRASSELLI
et Annabel-Mauve BONNEFOUS - groupe HEC
L’ENTREPRISE : UNE INSTRUMENTATION
SANS
SUJET ET SANS FIN… ?
A propos de
l'ouvrage collectif dirigé par
Albert
David, Armand Hatchuel et Romain Laufer :
Les nouvelles
fondations
des sciences de gestion : Eléments d’épistémologie
de la recherche en management.
Editions
Vuibert, Paris, 2001
par Olivier BASSO et
Eléonore MOUNOUD
DU PRAGMATISME DE L’INGENIEUR AU
CALCUL
ECONOMIQUE
A propos du livre de
Bernard Grall,
Manuscrit
révisé et commenté par François VATIN :
Economie de forces et
production d’utilités,
l’émergence du
calcul économique chez les ingénieurs des Ponts et
Chaussées
(1831-1891)
par Blanche Segrestin
CGS
LE BUREAU COMME METAPHORE DE LA VIE
A propos du DVD
édité par
la
BBC : The Office – complete series one & two.
par Hervé LAROCHE
ESCP-EAP
LE CONSOMMATEUR : CAPTIF OU CAPTIVE
?
A propos du livre
édité
sous la direction de Franck Cochoy :
La captation des
publics,
c’est pour mieux te séduire, mon client.
Presses Universitaires du Mirail 2004
par Elisabeth
TISSIER-DESBORDES,
ESCP-EAP
MOBILITE ET GESTION DES CARRIERES DANS
LA RECHERCHE
CHRONIQUE D’UN ECHEC ANNONCE ?
par Séverine
LOUVEL
CNRS - Université Pierre
Mendès France, Grenoble
La
mobilité dans les carrières
de la recherche au sein de la Fonction publique est-elle impensable ?
Le
pari perdu de la mobilité au sein de l’Iria, organisme public de
recherche, invite à considérer cet outil de gestion
autrement
qu’à travers le prisme économique de l’incitation
à
changer d’emploi ou celui, sociologique, de l’adéquation des
compétences.
Comme dans d’autres organismes, la mobilité à l’Iria
questionne
en effet un écheveau complexe de formes d’engagement et
d’attentes
de carrière dont l’action simultanée fait échouer
la gestion de l’emploi par la mobilité. Le projet scientifique
de
l’Iria conduit également à ne pas regarder les
marchés
du travail simplement sous l’angle des règles formelles qui les
organisent mais plutôt par le contenu et le sens que les acteurs
donnent à leur projet professionnel.
COMPRENDRE L'ALUMINIUM PRIMAIRE
par René
LESCLOUS
Ingénieur, Membre
Fondateur de l'Institut pour l'Histoire de l'Aluminuim
Les chimistes français Henri Sainte-Claire Deville et Paul Héroult inventent les procédés permettant la fabrication industrielle d'aluminium primaire à partir de 1859. En 2003, une OPA lancée par Alcan sur Pechiney, naguère fleuron de notre industrie nationale, met fin à la présence des industriels français dans ce secteur.
Comment en est-on arrivé
là ? C’est toute la saga d’une
industrie qui peine à décoller, dans un premier temps,
puis
va connaître une expansion sans pareille au cours du XXème
siècle, que l’auteur – lui-même acteur de cette saga –
nous
convie à découvrir dans cet article.