LES ANNALES DES MINES
RESPONSABILITE & ENVIRONNEMENT


n°42 - AVRIL 2006

 

L’eau en Afrique : fatalité géographique, enjeux politiques
 

EDITORIAL

par François Valérian
Rédacteur en chef des Annales des Mines

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AVANT PROPOS

LE PREMIER ENFANT DE LA NATURE

par Pierre-Henri Multon
groupe Bouygues contrats eau et énergie en Afrique

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La ressource

 
LE DEFI DE L’EAU EN AFRIQUE

par Jean-Louis Oliver
Ingénieur général des ponts et chaussées,
Secrétaire général de l'Académie de l'eau

La question de l’eau en Afrique c’est pour la communauté internationale l’occasion de construire un avenir commun, entre solidarité et diversité, en imaginant un partenariat d’un genre nouveau là où les anciennes approches, contractuelles et conditionnelles, ont largement échoué. Une sorte de « co-développement » Nord-Sud et Sud-Sud, fondé sur le respect mutuel, à partir d’une analyse réaliste des pratiques qui marchent sur le terrain. Et la condition nécessaire d’un monde plus équitable où l’Afrique aurait toute sa place.

 
La gestion de l’eau : entre modèles occidentaux et africains

 
LES DANGERS DE L’IRRIGATION

par Jean-Noël Salomon
Laboratoire de géographie physique appliquée et EA Terrena.
Institut de géographie, Université Michel Montaigne-Bordeaux 3


L’irrégularité des régimes pluviométriques africains rend le recours à l’irrigation indispensable. Mais elle n’est pas sans présenter plusieurs dangers, notamment la fragilisation de certains dépôts alluvionnaires littoraux, l’épuisement de nappes phréatiques fossiles, la salinisation des sols irrigués, sans oublier des effets indésirables sur la santé humaine. Par ailleurs, les projets d’irrigation de grande ampleur entraînent des déplacements de populations, des changements d’habitudes agricoles ancestrales, et des conflits majeurs entre pays.

 

UNE REUSSITE AFRICAINE :

L’ORGANISATION DE LA SOCIETE DE DISTRIBUTION D’EAU DE COTE-D’IVOIRE

par Marcel Zadi Kessy
Président du conseil d'administration de CIE et Sodeci

Après des débuts difficiles, la petite entreprise née en 1960 est devenue aujourd’hui une société de service public de l’eau qui compte en Afrique et ce malgré les obstacles liés au sous-développement et aux contraintes culturelles. Parce que ses dirigeants ont compris la nécessité de concilier les particularités de la tradition africaine et les lois universelles du management moderne. Récit d’une réussite exemplaire qui a su transformer les contraintes en atouts, un management à l’africaine.

 

LA PRIVATISATION DE L’EAU AU MALI (2000-2005)

par Francis Leborgne
ancien Directeur général de la société EDM SA

Comment gérer l’eau dans l’un des pays les plus pauvres du monde ? Le manque de formation, les risques de corruption, la cohabitation entre des ethnies différentes, compliquent fortement la gestion de l’eau au Mali. Eau du Mali, société privée, est parvenue depuis 2000 à rénover le système par la mobilisation des équipes et par la mise en place de relations fondées sur la confiance mutuelle. Un modèle qu’on peut songer à reproduire ailleurs.


UN POINT SUR LES PRIVATISATIONS DE L’EAU EN AFRIQUE

par Sophie Trémolet
Consultante

La doxa en vogue dans les années 1990 voyait la privatisation de l’eau comme « la solution » aux problèmes africains. A commencer par les bailleurs de fonds internationaux qui en faisaient la condition sine qua non de leur soutien. L’euphorie des premiers temps passée, quel bilan 10 ans plus tard ? Les raisons des succès ou des échecs et, une suggestion : le temps est venu d’une seconde génération de réformes qui tiennent compte des situations sur le terrain et donnent leur juste place à un secteur public rénové comme aux acteurs privés locaux.

 

De l’eau pour tous ? Questions d’équité

 
LA DESSERTE EN EAU DES COMMUNAUTES PAUVRES :
L’EXPERIENCE DE SUEZ-ENVIRONNEMENT
*

par Alain Mathys
Directeur du programme "Eau pour tous" de Suez-Environnement depuis 1999

L’amélioration de l’accès à l’eau n’est pas en Afrique une seule question de ressources financières. Il y faut d’abord une volonté politique forte de faire de l’accès des populations pauvres à l’eau potable une priorité et des réformes réalistes pour s’en donner les moyens. Il y faut aussi des moyens techniques, donc des partenariats avec des opérateurs public ou privé pour améliorer les performances du secteur. Il y faut bien sûr une implication et un dialogue permanent avec les populations des quartiers concernés. Illustration avec l’expérience de Suez environnement au Maroc et en Afrique du Sud.

* Le contenu de cet article n'engage que son auteur et en aucun cas le groupe de Suez.

 
LES FEMMES ET L’EAU, EN AFRIQUE

par Eirah Gorre-Dale
Représentante spéciale du Conseil de concertation pour l'approvisionnement
en eau et l'assainissement auprès de l'ONU à New-York

Nulle part ailleurs dans le monde les ravages entraînés par le manque d’eau et d’assainissement ne sont aussi criants qu’en Afrique et aussi la division sexuée des rôles dans la gestion des ressources naturelles. La communauté internationale en a pris conscience, des progrès ont été accomplis. Mais les Objectifs de développement du millénaire -réduire de moitié d’ici 2015 le pourcentage de population n’ayant pas accès à l’eau potable - ne pourront être atteints tant que la lutte contre les disparités entre hommes et femmes ne sera pas le fil rouge des programmes d’adduction d’eau et d’assainissement. Du Mozambique au Burkina Faso en passant par la Zambie, l’Ouganda ou l’Afrique du Sud, des exemples remarquables ont fait la preuve du rôle crucial des femmes. Il y a urgence à les généraliser à tout le continent.

 

LES TECHNOLOGIES AVANCEES ONT-ELLES UN ROLE SIGNIFICATIF
POUR FAIRE FACE AUX DEFIS DE L’URBANISATION DES PAYS AFRICAINS ?

par Alain L. Dangeard
Consultant

Comment, avec des moyens limités, en hommes, en technologies et en financements,  faire face aux défis d’une urbanisation débridée et à ses impacts sur l’environnement ? Comment échapper au cercle vicieux de la pauvreté ? L’Afrique n’a guère le choix : pour attirer un minimum d’investissements, il lui faudra mettre la maîtrise du risque environnemental au cœur de ses stratégies. Ce pourrait être sa principale contribution au stade actuel d’une mondialisation engagée dans une course périlleuse.

 

Financement et coopération

 
L’EAU EN AFRIQUE : LE FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS

par Inès Frailé
Expert infrastructure senior du Département finance, secteur privé et infrastructure
Moyen-Orient et Afrique du Nord de la Banque mondiale

Développer les services de l’eau en Afrique est un des Objectifs du millénaire. C’est aussi une condition du développement économique et social du continent qui implique d’y doubler le volume des investissements annuels dédiés à ce secteur. Comment mobiliser le financement nécessaire pour un enjeu d’une telle envergure, sachant que l’aide internationale ne pourra contribuer à financer qu’un pourcentage réduit de l’investissement nécessaire et en dépit des contraintes budgétaires? En mettant en place un programme de réformes ambitieux : pour attirer davantage d’investissements privés, pour promouvoir le financement par le marché financier local, pour augmenter les contributions des usagers, pour générer des gains d’efficacité et pour réorienter les subventions au bénéfice des pauvres.

 
L’EAU, UN DEFI POUR LES COLLECTIVITES FRANÇAISES
ENGAGEES EN COOPERATION DECENTRALISEE

par Charles Josselin
Président de Cités Unies France


L’eau n’est pas équitablement répartie dans le monde : sujet de préoccupation des grandes organisations internationales, mais aussi enjeu concret de coopération des collectivités territoriales françaises avec des villes et des villages d’Afrique. De l’affectation budgétaire à la réalisation concrète, une série d’actions entreprises par de nombreuses collectivités que fédère Cités Unies France.

 

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LA COOPERATION DECENTRALISEE AVEC L'AFRIQUE

Questions à André Santini
Président du Syndicat des Eaux d'Ile-de-France,
Ancien Ministre,
Député-Maire d'Issy-les- Moulineaux


« En 19 ans, depuis la création de notre programme d’aide, ce sont plus de 1 800 000 personnes qui ont bénéficié directement d’une amélioration de l’accès à l’eau par la réalisation d’ouvrages hydrauliques ».

 
 
Hors dossier

 

LA CATASTROPHE DE COURRIERES VUE DU CONSEIL GENERAL DES MINES
ET SES CONSEQUENCES IMMEDIATES SUR LA SECURITE MINIERE

par Philippe Saint Raymond
Ingénieur général des mines,
Président de la section juridique du Conseil général des mines

Il y a cent ans, le 10 mars 1906, un coup de poussière causa 1099 morts parmi les mineurs de charbon de Courrières. La polémique fut vive sur l’organisation des secours, et sur l’équipement des mineurs français par rapport à leurs collègues d’autres pays miniers. Le conseil général des mines entreprit alors une réflexion qui devait aboutir, quatre ans plus tard, au premier règlement français des mines de combustibles solides.

 



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