LES ANNALES DES MINES – GERER ET COMPRENDRE

n°73 Septembre 2003


Sommaire détaillé

EDITORIAL

par Pascal LEFEBVRE
Secrétaire général du Comité de rédaction


TEMOIGNAGE

DE L'ANALYSE DES RELATIONS PROFESSIONNELLES
À LA THÉORIE DE LA RÉGULATION SOCIALE

Entretien avec Jean-Daniel REYNAUD
Entretien mené par Éric PEZET,
Maître de conférences en sciences de gestion (Université d'Evry-Val d'Essonne-UEVE)
chercheur associé au Centre de gestion scientifique (Ecole des mines de Paris)
et Pierre LOUART,
Professeur de sciences de gestion, directeur de l'IAE de Lille

Aujourd'hui encore et comme dans les années 1950, il existe, en France, une doctrine selon laquelle les problèmes des relations professionnelles, formalisés par les accords de branche ou d'entreprise, seraient de purs problèmes de droit. Si utile qu'elle puisse être pour régler les contestations, cette doctrine correspond-elle à la réalité alors que ces problèmes sont aussi, dorénavant, des problèmes de régulation locale ? Née de l'étude des relations professionnelles et de la négociation, la théorie de la régulation sociale, élaborée par le sociologue Jean Daniel Reynaud dans les années 1980, se pose comme une théorie de la spécificité des règles et du fait qu'il faut toujours les lire en se demandant d'où elles viennent, où elles conduisent, par qui elles sont vécues, soutenues et transformées. Elle a permis à de nombreux acteurs politiques ou syndicaux de mieux cerner la relation de travail elle-même et ce nœud d'actions collectives qu'est l'entreprise et elle offre aux chercheurs un paradigme original pour décrypter un grand nombre de situations d'échange et de relations sociales.
 
 

REALITES MECONNUES

LA STRATÉGIE D'UNE ONG INTERNATIONALE D'ENVIRONNEMENT
ARTICULER BIOLOGIE ET MANAGEMENT, ACTION PUBLIQUE ET CONCURRENCE

par Tiphaine GAUDEFROY DE MOMBYNES
DEA"ECONOMIE DE L'ENVIRONNEMENT ET DES RESSOURCES NATURELLES"
Institut National Agronomique Paris-Grignon-IAPG
et Laurent MERMET
Professeur en gestion de l'Environnement - ENGREF

Les ONG ne sont ni des entreprises, ni des organismes publics : elles jouent des rôles spécifiques dans la poursuite des intérêts particuliers et collectifs, notamment dans le champ de l'environnement. Mais, pour cela, elles doivent résoudre des problèmes relevant de deux champs de recherche distincts. Le premier est celui de la gestion publique de l'environnement, la problématique étant ici principalement l'étude des stratégies d'intervention des ONG sur la scène sociale, politique et économique, afin d'atteindre les objectifs environnementaux qu'elles se sont fixés. Le second est celui de la gestion des organisations, l'enjeu étant ici d'analyser les problèmes de management spécifiques que rencontrent les ONG, aussi bien pour impulser et gérer leur développement que pour réussir dans le jeu concurrentiel de leur secteur d'activité.
 
 
 

L'EPREUVE DES FAITS

LE POUVOIR DE L'EXPERT REVISITÉ
LES TECHNICIENS DE FRANCE TELECOM ENTRE SERVICE PUBLIC
ET SATISFACTION DU CLIENT

par Franck COCHOY
Professeur de sociologie
et Ivan BOISSIÈRES
DOCTORANT-CERTOP-CNRS/Université Toulouse II

En parcourant les transformations de France Télécom au travers des mutations dans lesquelles ses agents de supervision sont engagés, les auteurs ont rencontré une situation singulière au regard de la sociologie des organisations : celle d'experts n'utilisant pas les opportunités stratégiques fournies par leur savoir, y compris dans un contexte qui les laisse globalement insatisfaits. Cette exception peut s'expliquer par l'attachement des techniciens au service public et aux machines. Mais si l'on réintroduit la technique et la culture dans les jeux d'acteurs, la question du pouvoir de l'expert dans une entreprises en réseau se pose en des termes différents. On y découvre des processus coopératifs horizontaux renforcés par les nouvelles technologies de l'information et de la communication et, surtout, des techniciens aux prises avec... d'autres techniciens, pourtant égaux en termes d'expertise et partageant des valeurs communes.
 
 
 

AUTRES TEMPS, AUTRES LIEUX

ESSOR ET DÉCLIN DE LA PARTICIPATION FINANCIÈRE AU XIXème SIÈCLE
LEÇON HISTORIQUE D'UN SYSTEME DE REMUNERATION CONTROVERSE

par Christophe ESTAY
Professeur - Ecole de management - Bordeaux

Le XXe siècle marque une rupture dans l'approche de la participation financière en France. Alors que la plupart des pays laisse aux entreprises l'initiative de mettre en place des régimes de rémunération alternatifs, la France instaure une participation obligatoire aux fruits de l'expansion à partir des années soixante : l'objectif est de trouver « une troisième voie entre capitalisme et socialisme ». Mais dès le XIXème siècle, le développement de la participation financière s'expliquait déjà principalement par le désir des dirigeants d'entreprises de voir s'améliorer les conditions de vie des salariés et par l'espoir de voir se réduire les conflits sociaux en rapprochant les intérêts des travailleurs de ceux des patrons.
 
 
 

NOUS AVONS LU

LORSQUE LES ÉTATS S'UNISSENT
DE LA GENERATION DES PERES A CELLE DES FRERES FONDATEURS.

par Hervé DUMEZ
Centre de recherche en gestion - Ecole Polytechnique

Le présent est indéductible, disait Valéry. A quoi peut donc servir l'Histoire ? A multiplier les idées, seulement cela, et c'est déjà beaucoup. Les contemporains du processus de construction européenne que nous sommes ont tendance à voir surtout la petitesse des hommes, la mesquinerie des compromis, les marchandages de boutiquiers, les querelles de préséance entre petits et grands pays. Un retour sur la construction des États-Unis amène à relativiser cette vision. Derrière la façade visible et peu enthousiasmante se joue une grande partie. Recherchons néanmoins Adams, Jefferson et Washington, désespérément.
 
 
 

REALITES MECONNUES

LA PROFESSIONNALISATION DANS LES ORGANISATIONS ASSOCIATIVES
LE CAS DES DIRIGEANTS BENEVOLES
DE LA FEDERATION FRANÇAISE D'EQUITATION

par Denis BERNARDEAU MOREAU
Doctorant, Université Paris V

Dans une période marquée par la dilution générale des repères, le milieu associatif, parce qu'il a pour fonction de créer du lien social, pourrait répondre au besoin exprimé par les individus de se réapproprier leurs identités individuelles et collectives. Mais le monde associatif est, lui aussi, secoué de crises profondes. L'évolution de l'association vers une forme professionnelle se rapprochant du modèle de l'entreprise remet en cause le modèle, jusque-là dominant, du bénévole amateur revendiquant son attachement aux valeurs altruistes d'abnégation. Ce sont ces évolutions qui sont au coeur de la réflexion de l'auteur qui s'est penché sur l'étude de la fédération d'équitation pour analyser les conditions de l'émergence de cette nouvelle culture bénévole, plus professionnelle mais aussi plus individualiste.
 
 
 

AUTRES TEMPS, AUTRES LIEUX

DU DÉPEÇAGE À L'ASSEMBLAGE, L'INVENTION DU TRAVAIL
À LA CHAÎNE À CHICAGO ET À DETROIT

par Jean-Louis PEAUCELLE
Professeur de gestion, Laboratoire GREGEOI-FACIREM,IAE
Université de la Réunion

Hauts salaires et haute productivité, par un grand effort des personnes, par une mécanisation, par une gestion rigoureuse des flux : ce sont les ingrédients du progrès industriel et économique du XXe siècle. La chaîne d'assemblage est la solution technique au problème de la production de masse. Elle a été expérimentée dans les industries alimentaires américaines - et, tout particulièrement, dans les célèbres abattoirs de Chicago - dès le milieu du XIXe siècle, pour le dépeçage et pour l'empaquetage. Ces industries sont néanmoins souvent oubliées dans l'histoire des progrès techniques pour laquelle la chaîne de montage est née à Detroit, en 1913, chez Ford. Pourtant, elles ont eu à résoudre, les premières, des problèmes apparemment spécifiques mais auxquels les autres industries ont, par la suite, été confrontées, empruntant alors les solutions déjà expérimentées ailleurs.
 
 
 
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