n°91 Mars 2008
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par Pascal LEFEBVRE
Editorialiste
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L'OBLIGATION DE RENDRE DES COMPTES |
DE L’OBLIGATION DE RENDRE DES
COMPTES OU ACCOUNTABILITY
par
Hervé DUMEZ
CNRS-Ecole polytechnique
L’Institut
PRESAJE a confié
à un groupe de travail du programme de recherche AEGIS,
coordonné par
THE OBLIGATION TO ACCOUNT IN
ENGLISH LAW
By
Henry MARES
St Hilda's College, Oxford
L’accountability anglaise est difficile à
traduire en français, car elle est difficile à comprendre
en-dehors d’un
système jurisprudentiel de longue tradition. Elle ne se confond
pas avec la
responsabilité, ou la possibilité d’incriminer une
personne pour ses actions,
mais elle entretient avec ces autres concepts une relation qui varie
d’un
domaine à un autre. Pour pouvoir reprocher ses actions à
quelqu’un, qu’il
s’agisse d’un trustee, d’un espion,
d’un employé, d’un juge ou d’un ministre, il faut parfois
établir l’obligation
qu’avait cette personne d’en rendre compte. Les derniers
développements des
lois sur les entreprises, avec leur définition assez large des
informations
dues par les sociétés cotées, pourraient remettre
en question cet équilibre
entre compte-rendu et responsabilité, qui évoluait
lentement depuis la fin du
moyen-âge anglais. Il nous est apparu qu’une publication de cet
article dans sa
langue d’origine permettait de lui conserver toutes les nuances
nécessaires à
sa lecture approfondie.
LE RENDU DE COMPTES DANS
L’ENTREPRISE :
THEORIES ET PERCEPTIONS
par
Magali AYACHE
Doctorante ESCP-EAP et Université
Paris X
Quelle place les théories du
management attribuent-elles au phénomène du rendu de
comptes dans les
entreprises ? Quelle perception en ont les acteurs mêmes de
l’entreprise ? Les réponses apportées à ces
deux questions, grâce une
enquête menée auprès de « middle
managers », sont surprenantes. Le
phénomène est encore peu pensé en
tant que tel par les théories qui analysent le fonctionnement
des
organisations, et la perception qu’en ont les managers n’est pas celle
à
laquelle on s’attendrait. Perçue davantage comme un dispositif
de contrôle que
comme un outil de gestion, la notion de « rendre des
comptes » a une
telle connotation négative que le terme lui-même est
souvent remplacé par
d’autres (reporting, point,
discussion, etc.). Pourtant, les managers passent leur temps à
rendre des
comptes, mais à leur manière et selon un rythme qui leur
est propre.
LA
FABRIQUE DES COMPTES
DANS UNE ENTREPRISE DE BTP
par
Bertrand FAURE
MCF info-com, IUT de Tarbes,
Chercheur rattaché au LERASS
(EA 827, Université Toulouse
III)
LE
CLASSEMENT DES HOPITAUX : UNE NOUVELLE MANIERE
DE RENDRE DES COMPTES
par
Aurore
SCHILTE
Ancienne élève
de l'Ensae
et Etienne
MINVIELLE
Médecin, Directeur de
Recherches
Demander des comptes à ceux
qui détiennent le savoir, dans un domaine où la confiance
est essentielle :
voilà toute la difficulté de l’application de l’accountability au monde médical. Non pas que ce
milieu s’y refuse,
mais on est passé de l’opacité de l’autoévaluation
à la surexposition des
classements, ceux des médias étant les plus visibles. Qui
plus est, les comptes
doivent être rendus non seulement sur les dépenses, mais
aussi sur la qualité
des soins. Face à la multiplication des classements
d’hôpitaux (en France, en
Angleterre, aux Etats-Unis, au Canada), les auteurs déterminent
quatre formes
d’accountability, selon que les
comptes doivent être rendus aux citoyens, aux payeurs, aux
patients ou aux
professionnels. Mais le mouvement ne cesse pas. Les avantages, les
dérives et
les contournements des classements incitent à se tourner vers
une nouvelle
forme d’accountability qui serait un
compromis entre la maîtrise d’un contrôle interne et le
maintien d’une exigence
démocratique.
LE
CHERCHEUR ET
L’OBLIGATION DE RENDRE DES COMPTES
par Margit OSTERLOH,
Professeur, Université
de Zurich
Bruno S. FREY
Professeur, Université
de Zurich
et
Fabian HOMBERG
Diplomé Kfm,
Universté de Zurich
Le mouvement dit
du New Public Management, venu tout droit
des pays anglo-saxons, a introduit l’idée de gérer les
services publics comme
des entreprises, et donc d’utiliser des indicateurs de production comme
outils
de mesure de la performance. Le monde de la recherche n’échappe
pas à ce
traitement et doit rendre des comptes. L’article ne porte pas tant sur
la
question de fond de la liberté de la recherche universitaire par
rapport à
l’Etat que sur les dérives entraînées par ces
indicateurs numériques de
production auxquels les chercheurs sont aujourd’hui soumis. Non
seulement ces
méthodes sont inadaptées à la nature de
l’activité recherche, mais elles
risquent d’avoir un impact négatif sur la
créativité même de la recherche. Les
coûts de l’obligation du rendu de comptes (démotivation
des chercheurs,
renforcement de la « science normale », etc.)
risquent d’être plus
élevés que les bénéfices escomptés.
Aussi les auteurs proposent-ils, pour
améliorer la recherche publique, d’autres voies qui s’inspirent
de la recherche
en science de gestion.
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ORCHESTRER
LES ACTIFS POUR
RESTER CONCURRENTIEL
LA
TRAJECTOIRE STRATEGIQUE DE RAYTHEON
par
Colette DEPEYRE
Doctorante, PREG-CRG &
Universté Paris X
Quelle peut être la
stratégie d’une entreprise pour rester concurrentielle dans un
environnement en
pleine mutation ? Les acteurs du changement modifient-ils leurs
représentations et leurs pratiques au rythme de ces
ruptures ? A partir du
cas de Raytheon, industrie de défense américaine,
l’auteure montre comment une
entreprise essaie d’aborder le futur de manière durablement
innovante, comment
elle construit sa « capacité dynamique ».
Á chaque changement
important de l’environnement (fin de la Guerre Froide,
révolution technologique
actuelle), l’entreprise a cherché à orchestrer au mieux
ses actifs pour anticiper
l’avenir. Mais vendre et acheter des actifs, tout en
réorganisant ses propres
ressources, le tout sous l’œil vigilant des marchés financiers
qui ne manquent
pas d’interpréter les nominations des dirigeants, voilà
qui laisse deviner
l’incertitude qui pèse sur le succès d’une telle
orchestration.
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COMMENT CAPITALISER LES
CONNAISSANCES
GENEREES
PAR LES PROJETS DE R&D ?
par
Gilda SIMONI
Chargée de recherche,
IMRI - Université Paris Dauphine
La course aux nouveaux
produits est un enjeu majeur dans un système économique
capitaliste : il
faut sans cesse innover pour toujours faire consommer. Aussi
assiste-t-on à la
multiplication des projets en R&D, secteur-clé des
organisations. Mais
comment capitaliser les connaissances issues de chacun de ces projets,
afin que
toute cette énergie, toutes ces innovations, profitent aux
projets suivants,
sans perte de temps et avec le maximum d’efficacité ?
L’auteure,
s’appuyant sur une étude de cas au sein d’une multinationale de
haute
technologie, souligne combien les modalités et les contextes de
cette
capitalisation des connaissances sont déterminants. Par
ailleurs, la
coexistence de modèles distincts au sein d’une même
entreprise révèle
l’importance de ce que l’auteure désigne comme le triptyque
« leader-groupe-situation ». Du rôle
déterminant du mode d’exercice
du leadership par les managers…
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L’ENTREPRISE N’EXISTE PAS,
INVENTONS-LA !
par Blanche SEGRESTIN
CGS - ENSMP
Á propos du livre de Daniel
Bachet, Les fondements de l’entreprise –
Construire une alternance à la domination financière,
Les Editions de
l’Atelier, 2007
LE DESORDRE ET L’ORGANISATION
par Jean-Marc WELLER
LATTS, Ecole nationale des
Ponts et Chaussées
Á propos du livre de Eric
Abrahamson et David H. Freedman,
A
Perfect Mess. The Hidden Benefits
of Disorder,
New York-Boston-London : Little, Brown and Company, 2006
(Un peu de désordre = beaucoup
de profit (s), Flammarion, 2008)