LES ANNALES DES MINES – GERER ET COMPRENDRE
 

n°81 Septembre 2005


Sommaire détaillé

EDITORIAL


par Pascal LEFEBVRE

Secrétaire général du Comité de rédaction


 
REALITES MECONNUES
 

LA LOLF : SIMPLE OUTIL DE MANAGEMENT OU DOGME ECRASANT ?

par Arnaud LACAZE,
Doctorant au centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique

Comment rendre compte de l’attachement des services de Police  ou de Gendarmerie au respect des règles de Droit et à la défense de l’intérêt général au moyen d’une batterie d’indicateurs chiffrés ? Comment évaluer la performance des services de sécurité, alors que l’effet recherché est atteint lorsque certaines actions sont déjouées et que, in fine, rien ne se passe ? En débutant son analyse de la LOLF par une critique portant sur son adaptation au management de la force publique, l’auteur s’interroge ensuite sur la pertinence même de cette démarche de management par objectifs appliquée aux services de l’Etat et sur la légitimité d’un outil qui s’impose doucement comme une évidence et dans un large consensus. Cet outil n’a-t-il pas, en définitive, tous les atours d’une doctrine ou d’un puissant dogme face auquel le manager public a tout intérêt à garder un vif esprit critique ?



L'EPREUVE DES FAITS

GERER DES CHERCHEURS EN ENTREPRISE 

Carrières, affectation aux projets et pilotage des compétences

par François FORT
Paris IX Dauphine
et Daniel FIXARI
Ecole des mines de Paris

Comment se gèrent les carrières des chercheurs et comment se développe leur mobilité ? Un chercheur a-t-il plutôt intérêt à se penser dans sa communauté scientifique, en jouant la carte du nomadisme, ou à faire carrière dans sa structure en s’adaptant aux exigences de ses projets ? Où va l’entraîner sa recherche identitaire ? Quel contrat psychologique peut s’instaurer entre son organisation de rattachement et lui ? L’étude comparée réalisée par les auteurs au sein de trois grands groupes met en lumière la nature de leurs besoins spécifique en matière de constitution et de gestion des compétences rares ainsi que leur façon particulière d’articuler l’affectation des chercheurs aux projets, le pilotage global des structures de compétences et la gestion des carrières. Elle laisse ainsi entrevoir le caractère différencié des besoins du privé vis-à-vis des mobilités public/privé et pose la question des motivations en la matière du secteur public.


 
REALITES MECONNUES
 


LA VITRINE OU L’ARRIERE BOUTIQUE !

Le rôle des Contrats Territoriaux d’Exploitation en Guadeloupe
par Eduardo CHIA

INRA-SAD
et Michel DULCIRE
CIRAD-TERA

L’application de la LOA en Guadeloupe via les CTE achoppe sur un système d’action marqué par des institutions défendant encore, dans leur très grande majorité, un modèle productiviste tourné vers l’exportation. Il ressort des enquêtes exhaustives réalisées auprès des agriculteurs signataires, que les CTE ont servi à appuyer des situations existantes -, béquilles financières ou coups de pouce à une dynamique en cours - et jamais à faire émerger un nouveau projet nit de nouvelles pratiques de développement local. La gestion « à l’ancienne » des incitations de nouveau type présentées au monde rural a transformé le nouveau contrat social proposé en contrat bancal. Un détournement qui peut se révéler salutaire pour concilier le modèle productiviste et celui promu par la loi. L’analyse des raisons et des spécificités de ce manque de cohérence entre les objectifs de la LOA et les façons dont les CTE ont été déclinés dans l’île met en évidence des apprentissages organisationnels notables : ceux-ci augurent d’une prise en main plus satisfaisante des prochains contrats par la profession et les institutions d’accompagnement.


LA SOCIALISATION DES PROFESSIONNELS COMPTABLES
DANS LES ENTREPRISES QUEBECOISES


par Marie-Andrée CARON
Professeur, Département des Sciences Comptables,
chercheur-associée, ESG Montréal (QUĖBEC)

La comptabilité, ce savoir ancestral, a acquis un pouvoir important. Elle se veut rassurante pour permettre à des gestionnaires d'agir à distance dans un couplage espace – temps redéfini, alors que la société du risque, caractérisée par une époque trouble faite d’opportunités et de risques, fait d'elle une profession menaçante. Pour bien comprendre les enjeux entourant l'exercice de la profession comptable, à laquelle l'organisation consent un pouvoir grandissant, il est primordial de dépasser les aspects purement techniques de la comptabilité et de saisir le sens que le professionnel comptable donne à son action en organisation, au moment d'interagir avec des gestionnaires non comptables. L’auteure a réalisé plus d'une trentaine d'entretiens auprès de professionnels comptables québécois et elle propose ici une approche littéraire singulière pour en faire le récit.


AUTRES TEMPS, AUTRES LIEUX

ETRE UN « MAUDIT FRANÇAIS » EN GESTION AU QUEBEC

par Jean-Pierre DUPUIS
HEC

Aujourd’hui, alors que la plupart des anthropologues voit les cultures comme des ensembles dynamiques et ouverts, en interaction les uns avec les autres, le management interculturel peine encore à incorporer ces connaissances et à s’ouvrir à des approches de la culture plus interactionnistes. Comment, par exemple, expliquer le refus d’entrer en relations d’affaires que manifestent certains Québécois ou l’enfermement que subissent – ou choisissent - certains Français expatriés au Québec, difficultés symbolisées par l’expression « maudit Français » si souvent entendue ? Pour tenter d’y voir clair, l’auteur a enquêté sur le vécu de ce non-dit auprès des différents protagonistes et interroge l’histoire des relations entre la France et le Québec depuis la cession de la Nouvelle-France.



MOSAIQUE

 

LA REUSSITE, ENTRE MERITE ET NEGOCIATION ?

A propos du livre de Michel Villette & Catherine Vuillermot :
« Portrait de l' homme d'affaires en prédateur »
par François Valérian
Rédacteur en chef des Annales des Mines

LA GOUVERNANCE… AUTREMENT ?
A propos du livre de M. Aglietta et A. Rébérioux :
« Dérives du capitalisme financier »
par Blanche Segrestin
centre de gestion scientifique - Ecole des Mines de Paris

LA GESTION DU SOL EN ENTREPRISE

A propos du livre de Valérie Brunel  : « Les managers de l'âme -
Le développement en entreprise, nouvelle pratique du pouvoir ? »
par Sébastien Gand
centre de gestion scientifique - Ecole des Mines de Paris




DEBAT


COMPRENDRE L’INNOVATION :

Le chaînon manquant

par Hervé DUMEZ
centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique

Le 10 janvier 2005, la séance du séminaire CONDOR a été consacrée à la présentation par Richard Lester, professeur au M.I.T., du livre qu’il a écrit avec Michael Piore, également professeur au M.I.T., sur l’innovation . Le livre se propose de montrer que l’innovation combine deux processus antagoniques, irréconciliables, et qu’il faut pourtant mener de front en pratique : la démarche analytique (reposant sur les techniques de résolution de problème), bien maîtrisée par les entreprises, et une démarche moins bien comprise, moins bien maîtrisée : la démarche interprétative. L’intervention de Richard Lester a été discutée par Paul Duguid (Berkeley et Copenhagen Business School) et Antonio Strati (Université de Trente, Italie).




L'EPREUVE DES FAITS


FINANCER LA QUALITE DES SOINS HOSPITALIERS 

Jusqu'où aller ?

par le Dr. Etienne MINVIELLE
médecin chercheur au CNRS

Dans le contexte français, l’objectif du système d’assurance-maladie est de garantir un niveau homogène de la qualité dans tous les établissements de santé, non à en faire un facteur de discrimination comme dans le système concurrentiel nord-américain. On perçoit cependant les limites d’une telle affirmation : quelle charge la collectivité est-elle prête à accepter de payer pour cela  ? L’analyse des situations que le régulateur est amené à traiter et qui l’amènent à développer des arbitrages qualité-accessibilité-coût montre, qu’avec l’introduction d’un financement de la qualité, il serait, certes plus éclairé dans ses choix, mais aussi confronté à un degré de complexité plus élevé et à une pression sociale revendiquant toujours plus de qualité. Mais on peut aussi juger inéluctable cette évolution : engager une régulation de la qualité, c’est affirmer un impératif de santé publique, notamment en termes de réduction des risques ; faire preuve d’une plus grande transparence dans le souci d’améliorer la qualité, c’est répondre à une demande citoyenne, et sans doute aussi professionnelle, forte

 

AH LA QUALITE ! NOUS VOULONS DES BARBIERS ...DE QUALITE !

par Francis PAVE
centre de Sociologie des Organisations

Francis Pavé, qui a eu connaissance de cet article en tant que rapporteur a manifesté son scepticisme sur les idées défendues dans l'article. Le comité de rédaction ayant cependant opté pour la publication de l'article, il a tenu, comme il l'a déjà fait plusieurs fois, à donner la parole au rapporteur critique et un droit de réponse à l'auteur : le débat est un moyen fécond de faire vivre les idées.


Réponse à Francis PAVE

par le Dr. Etienne MINVIELLE
     médecin chercheur au CNRS



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