n°45 - Janvier 2007
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par
François Valérian
Rédacteur en chef des Annales des
Mines
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INTRODUCTION
Cinq ans après AZF, qu’a changé la loi sur les risques de juillet 2003 ?
par Laurent Michel
Directeur de la
Prévention des pollutions et des risques,
ministère de l'Ecologie et du Développement durable
Le
risque industriel
AZF : LES LEÇONS D’UNE
CATASTROPHE INDUSTRIELLE
par Nicolas Dechy,
Ingénieur, Unité
gestion de crise et retour d'expérience
et Didier Gaston, Olivier Salvi
Direction des risques
accidentels, Ineris
La catastrophe d’AZF
marquera durablement les esprits. Pour les Toulousains c’est un
traumatisme.
Mais elle a aussi, et même si la recherche des causes n’a pas
encore dissipé
toutes les zones d’ombre, avec la loi qui a suivi, permis d’avancer
vers un
développement durable de l’industrie et des zones urbaines. Elle
a même permis
à la France de précéder ses partenaires
européens sur la voie que, constatant
avec Enschede et Toulouse les limites de la directive Seveso,
préconise
désormais le Parlement européen. Passer face à « l’impossible risque zéro »
à une logique « d’éloignement du
risque ».
Description et bilan des conséquences de la catastrophe au
travers des rapports
de l’Ineris.
EVALUER LA PERFORMANCE D’UN
DISPOSITIF D’INDEMNISATION
DU
POINT DE VUE DES VICTIMES : LE CAS D’AZF
par Anni Borzeix,
Directeur de recherche au CNRS
et Laure Amar
Ingénieur
d'étude à l'Ecole polytechnique
PREG-CRG, Ecole polytechnique
L’impact de la
catastrophe excède bien souvent l’immédiateté
de l’événement. Cinq ans après l’explosion de
l’usine AZF, quelles en sont les
conséquences pour les populations riveraines ? Comment le
dispositif de
« prise en charge » des victimes mis en place par
la Chancellerie, un
mois après la catastrophe, afin de leur assurer une
indemnisation rapide, souple
et équitable, a-t-il fonctionné ? Comment, à
l’autre bout de la chaîne,
ses usagers l’ont-ils reçu ? Pourquoi l’information
reçue par les
sinistrés s’est-elle révélée à bien
des égards, insuffisante ou inopérante à
l’épreuve de la réalité ?
Eléments de réponse à travers un exercice de
réflexivité du
dispositif « sur lui-même ».
INDUSTRIE ET URBANISATION : UN OUTIL POUR TRAITER LES SITUATIONS INACCEPTABLES
L’exemple de Mazingarbe
par Lionel Joubaud
chef de la Division
environnement industriel,
sol, sous-sol, Drire Nord-Pas-de-
Calais
Concilier industrie
et urbanisation après AZF en traitant en particulier les
situations les plus
inacceptables héritées du passé, c’est ce que
prévoit la loi du 30 juillet
2003 relative à la prévention des risques technologiques
et naturels. Son outil
phare, le plan de prévention des risques technologiques, peut se
décliner en
trois temps, réduction des risques à la source,
maîtrise de l’urbanisation et
concertation, le tout devant permettre un développement
concerté de
l’industriel et de son environnement urbain. Premier bilan de cet outil
encore
jeune, les avancées mais aussi les questions en suspens, au
premier rang
desquelles celle du financement, à travers l’expérience
pionnière de
Mazingarbe.
RETOUR SUR EXPERIENCES INDUSTRIELLES
par Denis Dumont
ministère de l'Ecologie
et du Développement durable,
DPPR/SEI/Barpi
Depuis
les tout débuts de l’histoire industrielle, les
ingénieurs ont beaucoup œuvré
sur les aspects techniques des accidents pour en réduire et la
fréquence et les
conséquences. Mais exploiter les enseignements de l’histoire,
c‘est aussi
organiser le dialogue dans l’usine et communiquer avec la
société dans son
ensemble. Aussi, voilà deux décennies, ces
ingénieurs ont-ils mis l’accent sur
le difficile domaine de la gestion des organisations humaines. Il reste
aujourd’hui à prendre davantage conscience des déficits
de communication
vis-à-vis de la société civile pour lui permettre
d’acquérir une culture des
risques technologiques auxquels elle est exposée. Et lui donner
les moyens de
participer à leur gestion… Le recul des accidents en
dépend.
QUELQUES ENJEUX ACTUELS DU CONTROLE DE LA SURETE
DES REACTEURS NUCLEAIRES
par Pierre Charpentier, Olivier Gupta
Autorité de
sûreté nucléaire (ASN)
Three
Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1985 : l'histoire du
nucléaire civil
aussi a été jalonnée d’accidents, de remises en
causes et de progrès dans la
gestion des risques. Etudes probabilistes de sûreté dans
la démonstration de
sûreté des réacteurs, contrôle des facteurs
organisationnels et humains,
harmonisation européenne : trois exemples de mise en œuvre de la
politique
d'amélioration continue de la sûreté
nucléaire appliquée aux réacteurs sous le
contrôle de l’Autorité de sûreté
nucléaire. Et trois illustrations du bénéfice
.des collaborations internationales et des apports des autres secteurs
industriels. Là aussi, pour progresser il importe de rester
attentif à ce qui
se fait « ailleurs ».
UN AGENDA DE LA RECHERCHE STRATEGIQUE EN SECURITE INDUSTRIELLE
par Olivier Salvi,
Institut national de
l'environnement industriel et des risques (Ineris)
et Eric Charikane,
Association Ecrin
Didier Gaston,
Institut national de l'environnement industriel et
des risques (Ineris)
Georges Katalagarianakis
Commission européenne,
DG RTD Technologies industrielles
C’est
une exigence de nos sociétés, l'industrie doit mieux
faire en matière de
sécurité. Le secteur, au croisement de l’expertise
technique et de l’activité
économique, indissociable de la réflexion
stratégique sur l’innovation
industrielle en Europe, exigeait que soit mise à sa disposition
une capacité de
recherche appropriée. C’est chose faite avec la « plate-forme
technologique européenne en sécurité
industrielle » et sa déclinaison nationale. Les
enjeux : réduire le
nombre et l'impact des accidents et accompagner l'innovation
technologique. Les
premiers résultats sont encourageants mais, pour que la
sécurité industrielle
soit considérée comme un moteur d'innovation et un
facteur de productivité, il
faudra encore un changement culturel de taille. Le chemin sera long.
Mais
a-t-on vraiment d’autre choix qu’un développement industriel
durable ?
LA LOI RISQUES
2003 : CE QU’ELLE VA CHANGER.
LE POINT DE VUE DE L’EXPLOITANT
par Jean-Marc Jaubert
Total
LA CONCERTATION : UNE NOUVELLE DIMENSION A S’APPROPRIER
POUR LA GESTION D’UN TERRITOIRE A RISQUE
par Myriam Merad
Responsable de l'unité
Gestion des risques, Ineris
L’accident
de Toulouse, le 21 septembre 2001, a été le
révélateur des insuffisances
de la réglementation française en matière de
prévention des risques industriels
et, avec la loi du 30 juillet 2003, l’occasion d’une modernisation
des
pratiques.
La
concertation en France se fait souvent au fil des lois, décrets
et circulaires
qui conditionnent, voire définissent, les moments,
modalités et formes que
doivent revêtir ces temps d’échange et de coordination. A
travers la mise en
place des Clic l’Etat vient redessiner et reconnaître la place de
la
concertation dans la coordination des acteurs de la prévention
des risques
industriels : il redonne une place aux acteurs locaux, communes,
associations et citoyens, et leur donne les moyens financiers de leur
action.
Encore faudra-t-il que cette nouvelle structure veille bien à
prendre en compte
l’historique de la concertation dans des territoires fortement
marqués par leur
histoire industrielle.
VOUS AVEZ DIT : PARTICIPATION ET INFORMATION CITOYENNE ?
par Lothaire Zilliox
SPPPI Strasbourg
Avec la création
des Clic la loi du 30 juillet 2003,
apporte, en réponse à l’accident AZF du 21 septembre
2001, une contribution
ciblée en renforçant l'information et la concertation
dans tout bassin
industriel comportant au moins un établissement
« Seveso seuil haut ».
Forger un apprentissage collectif du risque technologique, inventer de
nouvelles formes de dialogue – dialogue permanent – entre le
public,
les industriels, les gouvernants, les scientifiques, les journalistes
c’était
aussi et déjà l’ambition des SPPPI. Le dialogue
pluraliste, permanent et ouvert
pratiqué au SPPPI, contribuera-t-il à
« raconter l'histoire » la
meilleure pour faire éclore une culture citoyenne du risque en
symbiose avec
les Clic nouvellement installés ?
Cinq ans après l'accident de Toulouse, la
« mémoire
d'AZF » nous l'impose.
AVANT ET APRES L’EXPLOSION D’AZF
Le point de vue de France Nature Environnement
par Christine Gilloire
Membre du CSIC,
Trésorière de FNE du pôle IPS,
environnement industriel
Faut-il des
catastrophes pour faire évoluer les lois ? C’est
après l’explosion d’AZF
que la loi de 1976 sur les ICPE a évolué vers une
réforme importante avec la
loi « risques technologiques » de juillet 2003
instaurant à la fois
une nouvelle méthode de prise en compte des risques industriels
et des
conditions de vie sécurisée pour les habitants, riverains
et salariés. Mais, aujourd’hui
encore, les intérêts économiques à court
terme prévalent toujours sur la
préservation de la santé et de l’environnement. Le moyen
de maintenir
l’équilibre entre ces enjeux : le respect des principes de
prévention et
pollueur-payeur. D’où l’exigence de FNE : transcrire au
plus vite en droit
français la directive européenne
« responsabilité environnementale »
qui contient ces principes fondamentaux. C’est une urgence absolue.
DES EFFETS LIMITES DANS LE TEMPS
par Steve Hercé
Avocat à la Cour,
Cabinet Boivin et associés
Que faut-il attendre
de la mise en demeure adressée aux exploitants d’installations
classées, quels
droits et devoirs pour l’exploitant, quelles limites pour
l’administration ? Un contentieux inépuisable a permis au
juge
administratif de dessiner, par touches successives, un statut
prétorien de
cette injonction. Si de nombreux éléments en sont,
à présent, bien arrêtés, des
zones d’ombre persistent, en particulier sur sa portée dans le
temps. Un point
que la juridiction administrative a tenu à préciser en
rappelant que la mise en
demeure était conçue comme une garantie substantielle
reconnue aux exploitants.
Et que l’on ne pouvait dès lors les en priver.
par
Michel Turpin
Ingénieur des Mines en
retraite, Ingénieur général
La loi
risques, adoptée en 2003 en réaction à l’explosion
de Toulouse, permettra
peut-être quelques progrès dans la sécurité
des activités industrielles. Mais
quels que soient les efforts déployés le risque est et
restera une conséquence
inéluctable de l’activité humaine. D’autant que,
au-delà du respect des
règlements, des bonnes pratiques ou des normes, maîtriser
les risques c’est
nager en permanence à contre-courant quand la voix de la
production est
toujours plus forte que celle de la sécurité. Des
systèmes de production qui se
complexifient, des entreprises en évolution permanente,
voilà à quoi il faut
s’adapter. L’inertie, la routine, l’autosatisfaction ou les tabous
forgés par
notre culture, voilà contre quoi il faut lutter. Grâce
à une attention
permanente, à la formation, à l’engagement de tout le
personnel. Et, aussi, en
acceptant de se comparer à ses pairs.
Hors
dossier
CHANGEMENT CLIMATIQUE : PERSPECTIVES SUR DES MENACES COMPLEXES
par Paul-Henri Bourrelier
Ingénieur
général des mines
En 1895 le grand savant
suédois Arrhénius annonçait une
estimation du réchauffement que la combustion du charbon
pourrait provoquer à
la longue. Quelques décennies plus tôt,
l’économiste anglais Gibon calculait
que les réserves anglaises de ce combustible seraient
épuisées en un siècle. Les
perspectives étaient justes, les chiffres erronés. Il y a
dix-huit ans, un
livre, Le mobile et la planète ou l’enjeu
des ressources naturelles identifiait le problème des
émissions de CO2
et de CH4 comme symétrique de celui de
l’épuisement du pétrole, avec
pour enjeu la bonne gestion de ressources planétaires finies et
la maîtrise
géopolitique des rentes qu’elles induisent. A l’aune de ce
repère, le chemin
depuis parcouru et les quatre points qui dominent le débat.
CONTRE L’EFFET DE SERRE, QUE L’AUTOMOBILISTE FINANCE DE LA CHALEUR !
Biocarburant
ou biochaleur ? Pour diminuer les émissions de gaz à
effet de serre, mieux
vaut parler de bioénergie et laisser aux acteurs
économiques le soin de trouver
la meilleure méthode : l’effort demandé au
consommateur de carburant sera
plus efficacement employé pour augmenter l’utilisation de
biomasse comme
chaleur que pour augmenter la production de biocarburant.
CHANGEMENT CLIMATIQUE : LES PROPOSITIONS DE L’UNION EUROPEENNE APRES 2012
par Patrick Nollet
Ingénieur conseil en
environnement
LE MARCHE DES DECHETS :
STRUCTURES ET ACTEURS.
Croissance, concentration et recompositions
par Gérard Bertolini
économiste, Directeur
de Recherche au CNRS, Université de Lyon
Le marché des
déchets est caractérisé par la
précarité de la concurrence.
Le processus de concentration y apparaît irrépressible. Un
phénomène qui n’est
pas nouveau, mais qui tend à s’accélérer et
à changer d’échelle. Les fusions
– absorptions d’entreprises conduisent à des groupes
multinationaux qui se
développent et se recomposent suivant des configurations
variées. Alors que les
groupes américains sont spécialisés, les leaders
européens, en particulier
français, sont diversifiés et l’essentiel de leur chiffre
d’affaires n’est pas
assuré par les déchets, mais par l’énergie et
l’eau. Quel sera le nouveau
paysage résultant des recompositions et quels impacts sur la
stabilité du secteur pourra avoir le rôle
croissant joué par la finance et les fonds
d’investissement ?
PROJETS MINIERS ET
CAPACITE FINANCIERE DES PETITIONNAIRES.
Conclusions d’un arrêt du Conseil
d’Etat
par Yann Aguila
Commissaire du Gouvernement
Un arrêt
récent (juillet 2006) du Conseil d’État a confirmé
les conditions dans
lesquelles l’administration devait exercer un contrôle strict des
capacités
financières des sociétés demandant l’attribution
d’un titre minier.
Au cas
particulier, une société pétitionnaire, qui avait
demandé un permis de
recherche pour or et substances connexes, a vu sa demande
rejetée, au motif
tiré de l’insuffisance de ses capacités
financières. Elle a alors introduit au
Conseil d’État une requête visant à annuler le
décret correspondant. Cette
requête a été rejetée par le Conseil
d’État, statuant au contentieux.
Les
conclusions de M. Yann Aguila, Commissaire du Gouvernement
auprès de
la section du contentieux, ont fondé cette décision et
confirment que
l’administration avait justement estimé que la
société pétitionnaire ne
présentait pas de capacités financières
suffisantes. M. Aguila a bien
voulu autoriser les Annales des Mines
à publier ses conclusions, ce dont nous le remercions vivement.
LES CATASTROPHES NATURELLES.
Vertus et limites d’une approche
territoriale dans
l’élaboration d’un consensus.
L’exemple des ruines de Séchilienne
Compte
rendu du Rendez-vous du Club des Annales des Mines à
l’école des Mines de
Paris, le 13 juin 2006
Conférence-débat
animée par Paul-Henri Bourrelier, membre de
l’Association française
pour la
prévention des catastrophes naturelles et ingénieur
général des Mines.
Avec la participation de Gilles Strappazon, maire de
Saint-Barthélemy-de-Séchilienne ;
Philippe Huet, ingénieur général du
génie rural des eaux et des forêts, membre de l’Inspection
générale de
l’Environnement ;
Yvette Veyret, professeure agrégée de
géographie ;
Thierry Trouvé, délégué aux risques
majeurs au ministère de l’Écologie et du
Développement durable ;
Philippe Dumas, membre de l’Inspection
générale des Finances.
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